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Accueil » L’agriculture comme matrice silencieuse de la souveraineté : État, temps long et sécurité des fondements matériels
NATION vendredi, 2 janvier, 2026,10:259 Mins Read

L’agriculture comme matrice silencieuse de la souveraineté : État, temps long et sécurité des fondements matériels

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Par Mondher AFI

La rencontre du 29 décembre au Palais de Carthage entre le Président de la République, Kaïs Saïed, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, ainsi que les responsables de l’Office National de l’Huile (ONH) et de l’Office National des Fourrages (ONF), constitue un moment politiquement dense, dont la portée excède largement le cadre sectoriel. Elle révèle une conception structurée de l’État, fondée sur une hiérarchie claire des priorités nationales et sur une lecture sociologique des conditions matérielles de la souveraineté.

Dans cette vision, l’agriculture n’est ni un simple domaine productif ni un champ de politiques publiques parmi d’autres. Elle est pensée comme une infrastructure invisible de l’État, au sens où l’entend Pierre Bourdieu : un ensemble de dispositifs matériels, symboliques et institutionnels qui conditionnent la stabilité sociale, la légitimité politique et la capacité de domination légitime de la puissance publique.

L’évolution récente de l’agriculture tunisienne ne peut être comprise comme une simple succession de difficultés conjoncturelles ou de dysfonctionnements techniques. Elle s’inscrit dans un processus structurel plus profond de dépolitisation progressive d’un secteur historiquement central dans la construction de l’État et dans la garantie de la cohésion sociale. L’agriculture, longtemps pensée comme un pilier de la souveraineté nationale et de la sécurité collective, a été progressivement rabattue sur des logiques de gestion technocratique : indicateurs de productivité, arbitrages budgétaires fragmentés, réformes sectorielles déconnectées d’une vision d’ensemble.

Ce déplacement n’est en rien neutre. Il traduit une mutation du rôle de l’État, passé du statut d’acteur stratégique chargé d’assurer la subsistance matérielle de la société à celui de gestionnaire de pénuries, contraint par des équilibres financiers, des conditionnalités externes et une rationalité économique étroite. Dans ce cadre, la question agricole cesse d’être un enjeu politique au sens fort, c’est-à-dire un objet de choix collectifs structurants, pour devenir une variable d’ajustement soumise à des impératifs exogènes.

Les travaux de Karl Polanyi offrent ici une grille de lecture particulièrement éclairante. En montrant que la dissociation de l’économie des besoins sociaux fondamentaux produit inévitablement des déséquilibres systémiques, Polanyi met en évidence les risques d’un «désencastrement» des activités vitales. 

Dépolitisation de l’agriculture et fragilisation de l’État

Appliquée au cas tunisien, cette analyse permet de comprendre comment la dépendance alimentaire croissante, l’exposition accrue aux fluctuations des marchés internationaux et la vulnérabilité hydrique ne relèvent pas d’une fatalité naturelle, mais d’un choix implicite de retrait de l’État de ses fonctions protectrices essentielles.

La fragilisation du monde rural, la marginalisation des petits et moyens agriculteurs, ainsi que la dégradation des capacités productives nationales apparaissent alors comme les symptômes d’un même processus : la réduction de l’agriculture à une fonction économique abstraite, détachée de ses dimensions sociales, territoriales et symboliques. Ce faisant, c’est l’équilibre même entre société, territoire et pouvoir politique qui se trouve mis en tension.

La vision portée par le Président Kaïs Saïed s’inscrit explicitement en rupture avec cette trajectoire. Elle opère un retour du politique dans le champ agricole, en requalifiant l’agriculture non plus comme un secteur parmi d’autres, mais comme un enjeu de souveraineté nationale. Ce changement de paradigme est décisif : il rompt avec une approche purement gestionnaire pour réaffirmer le rôle de l’État comme garant des conditions matérielles de l’existence collective.

En replaçant l’agriculture au cœur de la réflexion sur la souveraineté, cette vision réintroduit une lecture globale et stratégique des politiques publiques. Elle suppose que la sécurité alimentaire, la maîtrise des ressources hydriques et la valorisation du travail agricole ne peuvent être abandonnées aux seules logiques du marché ou aux prescriptions techniques. Elles relèvent d’un choix politique fondamental engageant l’avenir du pays, sa stabilité sociale et son autonomie décisionnelle.

Ainsi comprise, l’agriculture redevient un espace de médiation entre l’État et la société, un lieu où se jouent simultanément des rapports économiques, sociaux et symboliques. Ce repositionnement marque le retour d’une conception exigeante de l’État, non comme simple interface administrative ou exécutant de normes externes, mais comme acteur stratégique capable de penser le long terme et de réarticuler économie, société et souveraineté dans un projet cohérent.

Souveraineté alimentaire et sécurité symbolique

La force de la vision présidentielle réside dans sa compréhension élargie de la sécurité nationale. Celle-ci ne se limite pas à la protection physique du territoire, mais inclut ce que l’on peut qualifier, avec Bourdieu, de sécurité symbolique : la capacité de l’État à produire un sentiment collectif de protection, de continuité et de confiance.

L’insécurité alimentaire, même lorsqu’elle n’est pas immédiatement visible, agit comme un facteur profond d’angoisse sociale. Elle fragilise le lien de confiance entre l’État et les citoyens, nourrit la défiance et affaiblit la légitimité des institutions. À l’inverse, la capacité à garantir l’accès durable à l’alimentation et à l’eau constitue l’un des fondements silencieux de l’autorité politique.

Dans cette perspective, la souveraineté alimentaire apparaît comme une condition préalable à toute souveraineté politique effective. Michel Foucault soulignait que l’État moderne exerce son pouvoir non seulement par la loi, mais par la gestion des conditions de la vie. 

Anticipation, temporalité longue et rationalité étatique

Un autre élément fondamental de cette vision concerne le rapport au temps de l’action publique. Pendant de nombreuses années, les politiques agricoles ont été dominées par la gestion de l’urgence, la réaction immédiate et le traitement ponctuel des crises, sans véritable projection à moyen ou long terme. L’approche portée par le Président Kaïs Saïed s’inscrit en rupture avec cette logique. Elle privilégie l’anticipation, la prévention et l’inscription des choix agricoles dans une temporalité longue, considérée comme une condition indispensable de toute politique publique sérieuse et responsable.

Dans cette perspective, les difficultés liées au stress hydrique, aux dérèglements climatiques, à la dépendance aux importations ou encore à la fragilité des chaînes d’approvisionnement ne sont pas perçues comme des événements exceptionnels ou conjoncturels. Elles sont analysées comme des déséquilibres structurels, résultant de choix cumulés, de retards accumulés et d’un affaiblissement progressif de la planification stratégique. Cette lecture rejoint les analyses de Fernand Braudel, pour qui les transformations profondes des sociétés s’opèrent dans le temps long, souvent à distance de l’agitation immédiate, mais avec des effets durables sur les structures économiques et sociales.

En replaçant l’agriculture au cœur de la planification nationale, le Président Kaïs Saïed réaffirme une conception de l’État fondée sur la prévoyance, la cohérence et la continuité de l’action publique. Dans un contexte international marqué par l’instabilité, la raréfaction des ressources et la multiplication des crises, cette capacité à penser au-delà de l’urgence devient un élément central de la souveraineté nationale et de la résilience collective.

La place accordée aux petits agriculteurs révèle également une compréhension fine des rapports sociaux de production et des équilibres sociaux. Loin d’une approche compassionnelle ou purement rhétorique, il s’agit d’un constat structurel : ceux qui assurent concrètement la production alimentaire constituent une base essentielle de la stabilité économique et sociale du pays. Leur marginalisation progressive, sous l’effet de circuits dominés par les intermédiaires et par des pratiques spéculatives, a fragilisé non seulement leurs conditions de vie, mais aussi la capacité de la Tunisie à garantir durablement sa sécurité alimentaire.

En insistant sur la nécessité de lever les obstacles qui entravent leur activité, de la production à la commercialisation, le Président Kaïs Saïed adopte une posture clairement régulatrice. Il s’agit de rétablir des règles équitables, de protéger les producteurs contre les pratiques prédatrices et de restaurer un cadre économique plus lisible et plus juste. Comme le soulignait Max Weber, l’État se définit par sa capacité à instaurer un ordre rationnel et prévisible. En ce sens, la protection des petits agriculteurs participe pleinement au rétablissement de l’intérêt général et au renforcement du rôle stratégique de l’État dans un secteur vital pour la souveraineté nationale.

Les offices publics : instruments de domination légitime

Dans la vision portée par le Président Kaïs Saïed, l’Office National de l’Huile et l’Office National des Fourrages occupent une place centrale dans l’architecture de la souveraineté économique et alimentaire. Ces institutions ne sauraient être réduites à de simples opérateurs techniques chargés de la gestion courante des filières. Elles constituent des instruments essentiels de l’action publique, au sens où Max Weber définissait la domination légitime : des mécanismes par lesquels l’État exerce sa capacité de régulation, stabilise les marchés et protège l’intérêt général face aux logiques spéculatives.

L’insuffisance des capacités de stockage de l’huile, souvent traitée comme une question secondaire ou purement technique, révèle en réalité une faiblesse bien plus profonde. Elle traduit une perte de maîtrise des temporalités économiques, c’est-à-dire de la capacité de l’État à différer la mise sur le marché, à amortir les chocs et à intervenir au moment opportun. Or, cette maîtrise du temps est l’un des fondements silencieux de la souveraineté. En mettant en lumière cet enjeu, le Président rappelle que la puissance étatique ne se mesure pas seulement à la décision immédiate, mais aussi à la faculté d’anticiper, de stocker et de protéger les filières stratégiques contre les aléas internes et externes.

La même logique prévaut dans l’attention accordée aux ressources génétiques nationales, qu’il s’agisse des semences tunisiennes ou du renouvellement du cheptel. La dépendance génétique constitue aujourd’hui l’une des formes les plus discrètes, mais aussi les plus contraignantes, de la domination contemporaine. Préserver ces ressources, c’est préserver la capacité du pays à décider librement de son modèle agricole, à adapter ses productions à ses conditions écologiques et à résister aux pressions économiques extérieures. Comme l’a montré Amartya Sen, la liberté réelle ne réside pas dans l’existence abstraite de choix, mais dans les capacités effectives à les exercer. La souveraineté agricole relève précisément de cette liberté concrète.

À travers la rencontre du 29 décembre, se dessine ainsi une conception exigeante et cohérente de l’État, où l’agriculture apparaît comme un fait politique global, engageant à la fois l’économie, le social et le symbolique. Dans un monde marqué par l’incertitude et la compétition accrue pour les ressources, assurer autant que possible la subsistance du peuple par ses propres moyens n’est plus un slogan, mais une nécessité stratégique. Jean-Jacques Rousseau l’avait formulé avec une clarté toujours actuelle : le premier devoir de la politique est d’assurer la subsistance des citoyens. En réhabilitant l’agriculture comme pilier silencieux mais décisif de la souveraineté, le Président Kaïs Saïed inscrit son action dans cette exigence fondatrice, où la dignité nationale commence par la maîtrise de ce qui nourrit la nation.

agriculture Tunisie Kais Saied souveraineté

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