Encore une fois, le Mali se retrouve sur le chemin du Onze national. C’est que, souvent, le tirage au sort ou la configuration des différentes compétions internationales en ont voulu ainsi. A telle enseigne que l’équipe malienne est, désormais, perçue comme étant un adversaire incontournable de l’équipe tunisienne devenant, par la force des choses, l’épouvantail tout indiqué des Tunisiens.
En effet, nos confrontations avec le «Aigles» maliens ont toujours été très serrées, au point que lors des cinq derniers matches ayant opposé l’équipe de Tunisie à son homologue du Mali, au cours des six dernières années (de 2019 à 2025), cinq buts seulement ont été inscrits. Les cinq face-à-face disputés durant cette période ont donné lieu, chronologiquement, à deux nuls (1-1 et 0-0), une victoire par (1-0) pour la Tunisie aux éliminatoires de la Coupe du Monde 2022, suivie d’une victoire malienne (0-1) en CAN et le dernier match s’est soldé par une deuxième victoire de la Tunisie toujours par le même score (1-0) mais cette fois-ci en amical au stade Hamadi Agrebi de Radès.
Aucune victoire tunisienne en CAN
Ce qui mérite toutefois d’être souligné, c’est que jamais la Tunisie n’est parvenue à battre le Mali en phase finale de CAN. Et la question que se pose le public tunisien est de savoir si le onze national va pouvoir mettre fin à cette suprématie malienne en compétition continentale.
Au vu de ce qu’a laissé entrevoir la Tunisie contre le Nigéria, excepté son énergique réaction au cours du dernier quart d’heure, et face à la Tanzanie, le match contre une solide équipe malienne, qui a donné du fil à retordre au Maroc, s’annonce difficile. Mais il n’y a pas lieu de verser pour autant dans le pessimisme, car à chaque match sa propre vérité et, si elle joue sur sa valeur réelle et qu’elle négocie le match avec un mental de fer et en possession de ses meilleures moyens à tous les niveaux du jeu, la Tunisie est capable de renverser son coriace adversaire malien.
Qui décrochera la timbale ?
Aujourd’hui, la Tunisie sera animée par l’ambition de rectifier le tir et de rompre avec l’irrégularité de ses prestations lors du premier tour.
Dans un choc des Aigles à haute tension, où chaque erreur peut coûter cher, les deux sélections abordent ce rendez-vous crucial sous une forte pression, après un parcours en demi-teinte lors de la phase de poules.
Les «Aigles de Carthage» se sont contentés d’une seule victoire, acquise face à l’Ouganda (3-1) lors du match d’ouverture, contre une défaite face au Nigéria (2-3) et un nul décevant face à la Tanzanie (1-1). Des résultats en deçà des attentes, d’autant plus qu’un large consensus estime que l’équipe dispose de joueurs de grande qualité capables de produire un meilleur rendement.
De leur côté, les «Aigles» maliens n’ont remporté aucun match lors du premier tour, se contentant de trois matches nuls consécutifs, dont le plus marquant face au Maroc, pays hôte (1-1), un résultat qui lui a toutefois insufflé davantage de confiance.
Les deux autres nuls, contre la Zambie (1-1) et les Comores (0-0), ont été moins convaincants et ont mis en évidence certaines lacunes dans la capacité à conclure, malgré la présence de plusieurs joueurs évoluant dans des clubs européens de renom.
Une défense perméable
Si les hommes de Sami Trabelsi ont montré une certaine efficacité offensive en inscrivant 6 buts, un total qui constitue le meilleur bilan depuis l’édition 2017 et sur lequel il est possible de bâtir, la défense est apparue comme un point faible. Le gardien Aymen Dahmen a encaissé 5 buts lors de la phase de poules, ce qui impose des ajustements, notamment en matière de placement, de couverture défensive et d’intensification du pressing collectif afin de retrouver la solidité défensive traditionnellement associée à la sélection tunisienne.
La concentration mentale et la discipline tactique à tous les niveaux sont désormais impératives à ce stade, étant donné que les matches à élimination directe ne tolèrent aucun relâchement, sous peine d’une sortie prématurée de la compétition. La moindre erreur défensive ou le gaspillage d’occasions offensives peut anéantir les ambitions du Onze national, ce qui exige une gestion lucide et maîtrisée du déroulement de la rencontre.
Quelle que soit l’option tactique retenue, l’efficacité dépendra essentiellement de la qualité de l’animation sur le terrain et de la capacité à exploiter les mécanismes de jeu de manière équilibrée, afin d’optimiser les chances de succès et de décrocher une qualification pour les quarts de finale pour la première fois depuis l’édition 2019.
Saâd et Achouri incertains
A ce propos, Sami Trabelsi devait attendre la dernière séance d’entraînement pour se fixer sur la composition de son onze titulaire. Mais il est d’ores et déjà pratiquement acquis que Aymen Dahmen sera reconduit dans la cage, malgré sa responsabilité sur certains buts encaissés lors de la phase de poules, notamment celui de l’égalisation tanzanienne, à moins d’un retournement de situation de dernière minute.
En outre, le sélectionneur national pourrait être contraint de se passer des services d’Elias Saâd et d’Elias Achouri. Le premier s’est foulé la cheville contre la Tanzanie, alors que le second souffre de douleurs musculaires, les deux joueurs n’ayant pas pu s’entraîner avec le groupe lors de la séance de jeudi dernier.
Quant à Hannibal Mejbri, il a été dispensé de l’entraînement de jeudi et s’est contenté de séances de massage à l’hôtel. Mais rien de grave pour le milieu de terrain de Burnley qui se ressentait juste de la débauche d’efforts fournis au cours des trois matches du premier tour qu’il a disputés pratiquement intégralement.
Trio sud-africain
Le coup d’envoi du match sera donné à 20h00 au complexe sportif Mohamed V de Casablanca et sera dirigé par le Sud-Africain Tom Abonjel, un arbitre jeune (34 ans) réputé pour son intégrité et sa droiture. Il sera assisté par son compatriote Siwela Zakhele et par le Lésothien Phatsoane Souru. Alors que le Zimbabwéen Chimene Brighton sera chargé de l’assistance vidéo (VAR).
Signalons que la sélection nationale a préféré rester le plus longtemps possible à Rabat, la capitale administrative du Maroc, étant une ville calme où le groupe tunisien a bénéficié d’excellentes conditions de séjour et d’entraînement. Ainsi, la délégation tunisienne n’a mis le cap sur la métropole marocaine Casablanca que la veille de son duel avec le Mali, soit hier. Le déplacement par bus de Rabat à Casablanca, dont la durée est d’une heure environ, n’a pas été fatigant pour les joueurs et leurs responsables. Les protégés de Sami Trabelsi ont effectué un dernier entraînement, hier, ayant débuté à 17h00, entraînement mis à profit par le staff technique pour peaufiner ses plans et arrêter la composition de sa formation rentrante.
Ameur KERKENNI
