Avec tout ce qui se passe, et pas uniquement dans les grandes villes, les actes d’agression et de violence continuent à occuper une bonne part des préoccupations quotidiennes du citoyen et des forces de l’ordre. Il ne s’agit pas d’un nouveau fléau mais le fait qu’il prenne de l’ampleur de cette façon appelle à agir de manière plus sévère et plus ferme pour décourager les agresseurs.
Rien que pour ces derniers jours, plusieurs actes graves de braquage ont eu lieu dans le Grand Tunis, faisant des victimes et causant même le décès d’une femme, mère de deux enfants. A Kairouan, un criminel qui vient de bénéficier d’une grâce pour quitter la prison, quelques jours auparavant, a froidement braqué et tué un chauffeur de taxi.
Et il n’y a pas que les braquages qui «montent en puissance» puisque d’autres genres d’agressions ne manquent pas d’étonner de par leur cadence et leur agressivité.
Certes, on entend parler d’arrestations du moment que les forces de l’ordre font leur boulot, mais la suite laisse à désirer pour ne pas dire qu’elle prend une autre direction avec des dossiers «clos» sans connaître de suite.
Pourtant, de tels actes de braquage, de vandalisme et de violence extrême peuvent servir pour inciter à prendre les choses en main et montrer à ceux qui pensent échapper à la loi et qui n’hésitent pas à commettre d’horribles crimes que l’ère de l’impunité est révolue, ce qui, malheureusement, n’est pas le cas.
Pour citer d’autres exemples, il faut également rappeler les attaques contre des bus et des métros qui se succèdent. Les chiffres sont là pour le prouver.
Les transports publics ciblés
On apprend, de la part de la directrice de la communication et des relations extérieures de la Société des Transports de Tunis (Transtu), que 674 actes de vandalisme ont été enregistrés depuis le début de l’année 2025, jusqu’au jeudi 17 juillet, visant les rames de métro et le train de la ligne Tunis-Goulette-Marsa (TGM).
Pour plus de détails, ces agressions comprennent des jets de pierres, la destruction de rétroviseurs, le vol de câbles en cuivre, ainsi que d’autres actes de dégradation ayant ciblé les véhicules et les équipements. Et il ne faut pas omettre que ces attaques visent également les usagers de ces moyens de transport public qui subissent des dommages corporels en plus de l’état de frayeur qu’ils ont eu à vivre.
La directrice de la communication et des relations extérieures de la Transtu a rappelé qu’en 2024, 1 100 actes de vandalisme avaient été recensés sur le réseau ferroviaire, dont 41 agressions contre des passagers, 44 contre des agents, et le reste visant les infrastructures.
Et la liste est encore plus longue concernant le réseau des bus avec 320 incidents signalés en 2024, causant des dommages à 76 bus, 110 agents et 35 usagers. Durant le premier semestre 2025, 181 actes de vandalisme ont été enregistrés, affectant 73 bus, 64 agents et 19 passagers.
A quoi servent les caméras de surveillance ?
Ce qui est encore plus important dans les propos de la responsable de la TRANSTU, c’est que toutes les rames de métro sont équipées de caméras de surveillance, et que les enregistrements vidéo sont transmis aux postes de police pour permettre l’identification et la poursuite des auteurs, en coordination avec le service de sécurité de la compagnie de transport et la direction de la protection des transports publics relevant du ministère de l’Intérieur.
Ceci veut dire que, logiquement, tous les agresseurs peuvent être facilement reconnaissables, s’agissant d’images qui ne trompent pas. Car, après tout, à quoi servent ces caméras si elles ne dévoilent pas ces hors-la-loi et si ces derniers demeurent intouchables après avoir commis leurs actes ?
Mais ce qui intrigue le plus, c’est de voir le peu de criminels qui finissent dans les filets des forces de l’ordre, bénéficier de verdicts plus que cléments par rapport aux actes commis. C’est au niveau de l’application de la loi que ça grince car de tels individus ne méritent pas une telle indulgence et les lois ne méritent pas de figurer uniquement sur le papier sans en faire usage lorsque la situation l’exige, surtout dans de telles situations où les citoyens et les biens publics sont en net danger.
La loi est là, mais…
Pour revenir à ces actes de vandalisme rapportés par la TRANSTU, il faut rappeler que les personnes arrêtées et traduites en justice doivent être sanctionnées conformément à l’article 304 du Code pénal, qui prévoit jusqu’à trois ans de prison et 1 000 dinars d’amende. La peine peut aller jusqu’à cinq ans de prison et 3 000 dinars d’amende si les dommages sont jugés graves, en plus de l’obligation d’indemniser les pertes dues à l’interruption du service.
Je vous laisse le soin de vérifier si jamais un agresseur de cette catégorie a écopé une telle sanction ou même sa moitié. Il s’agit, nous dit-on souvent, de mineurs pour la plupart des cas et il est insensé de les mettre tous en prison !
Il en est de même des crimes liés aux braquages et au trafic de drogue. La loi est claire et elle prévoit de lourdes peines, mais son application bat de l’aile.
Ce qui nous amène à évoquer une application très clémente de la loi en vigueur alors qu’il faut impérativement changer quelques juridictions et ne pas hésiter à frapper fort et à l’annoncer pour dissuader les autres criminels en herbe. Ce qui n’est malheureusement pas le cas alors que l’hémorragie continue avec des jeunes qui s’adonnent avec joie à leur «sport favori», et avec des individus et des groupes qui usent de moyens très suspects pour encourager de tels dérapages dans le but d’entretenir un sentiment d’insécurité pour des raisons que tout un chacun connaît.
Vivement une meilleure manière de s’opposer à ces criminels avec l’espoir de voir l’année 2026, qui a débuté hier, connaître plus de sécurité et moins de dérapages.
Kamel ZAIEM
