Le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées a annoncé avoir engagé un processus de régularisation du service de garde d’enfants à domicile, à travers l’achèvement, au cours de l’année 2026, de l’élaboration d’un cahier des charges spécifique encadrant ce secteur.
Le ministère a précisé, dans un communiqué, que ce cadre réglementaire a pour vocation d’organiser cette activité, d’en définir les modalités de prestation et de contrôle et ce, afin de garantir la sécurité des enfants et de préserver leur intérêt supérieur.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du secteur de la petite enfance. Elle a été annoncée à l’occasion de la présentation et de l’examen du projet de loi de Finances pour l’année 2026.
À ce titre, la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, Asma Jabri, a indiqué que le ministère entamera, dès 2026, une révision des cahiers des charges relatifs à la création des établissements privés de la petite enfance, parallèlement à l’élaboration d’un cahier des charges spécifique régissant la garde d’enfants à domicile.
Un taux de couverture encore insuffisant
Une telle mesure vise principalement à renforcer et à élargir le taux de couverture des services de la petite enfance, un indicateur qui demeure encore largement insuffisant. En effet, le ministère a indiqué dans son communiqué que le nombre d’enfants de moins de trois ans est estimé à environ 600 000, tandis que le taux de couverture des services destinés à cette tranche d’âge, de deux mois à trois ans, ne dépasse pas 1,34%, selon la dernière mise à jour de l’Institut national de la statistique (INS).
Par ailleurs, le nombre d’enfants accueillis dans les jardins d’enfants ne dépasse pas 7 500, un chiffre particulièrement faible, d’autant plus que plusieurs gouvernorats ne disposent d’aucune structure d’accueil de ce type, a révélé le ministère. Dans le même registre, la ministre a indiqué que le taux de scolarisation des enfants âgés de 3 à 4 ans au sein des institutions de la petite enfance s’élève à 47%.
Encadrement de la petite enfance : 133 décisions de fermeture d’espaces anarchiques en 2025
Parallèlement aux efforts de structuration du secteur, le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées poursuit sa lutte contre les espaces anarchiques accueillant des enfants. En raison de leur caractère informel et de l’exercice de leurs activités en dehors des cadres légaux, ces structures sont soumises à des décisions de fermeture prises par les gouverneurs des régions concernées.
À cet égard, le communiqué précise qu’une commission a été instaurée dans chaque gouvernorat pour assurer le suivi et le contrôle de ces espaces, conformément à la décision conjointe de la ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées et du ministre de l’Intérieur, datée du 25 septembre 2023. «Depuis le début de l’année 2025 et jusqu’à la fin du mois d’octobre dernier, 133 décisions de fermeture ont été prises», souligne le communiqué.
En outre, le ministère a souligné que le corps d’inspection et d’encadrement pédagogique joue un rôle central dans l’accompagnement des établissements privés de la petite enfance. Par le biais de visites de suivi et de contrôle, il veille à régulariser la situation de ces structures et à renforcer leur encadrement.
En complément de sa mission principale de formation des cadres en contact direct avec les enfants, le ministère a mis en place une formation spécifique et intensive destinée aux cadres non spécialisés du secteur privé. «Environ 4 500 cadres en ont bénéficié au cours de l’année éducative 2024-2025, tandis que le corps d’inspection sera renforcé par de nouveaux recrutements dans la période à venir», précise le communiqué.
Programme «Notre jardin d’enfants dans notre quartier» : 30 000 enfants soutenus en 2025-2026
Parmi les projets phares du ministère figure le relèvement du taux de couverture des services de la petite enfance à travers la mise en œuvre du programme «Notre jardin d’enfants dans notre quartier». Ce programme vise à soutenir les enfants issus des familles démunies ou privées de soutien familial, en prenant en charge leur inscription dans les jardins d’enfants publics et privés.
Concrètement, le programme assure le paiement du droit mensuel de l’enfant inscrit tout au long d’une année éducative complète, lui permettant de bénéficier d’un encadrement en jardin d’enfants pour une durée pouvant varier entre une et trois années. À cet effet, une subvention mensuelle de 70 dinars par enfant est accordée aux jardins d’enfants adhérant au programme, pour une période de neuf mois.
Doté d’une enveloppe de 126 millions de dinars, le programme a permis, en 2025, de faire bénéficier 24 457 enfants, tandis qu’environ 30 000 enfants devraient en bénéficier au cours de l’année scolaire 2025-2026. «Ce programme vise à rapprocher les services éducatifs des familles et à offrir un cadre d’éveil et de développement aux jeunes enfants», a précisé la ministre Asma Jabri.
Au-delà de son volet social, le programme contribue à l’augmentation du taux d’inscription dans les établissements de l’éducation préscolaire à travers l’ensemble des délégations du territoire national, dans le cadre de la garantie du droit de chaque enfant à accéder aux jardins d’enfants.
Par ailleurs, le ministère œuvre à encourager les investisseurs, ainsi que les diplômés de l’enseignement supérieur à créer des jardins d’enfants, notamment dans les zones semi-urbaines et rurales, ainsi que dans les zones à forte densité démographique, afin de réduire les disparités régionales et de renforcer l’offre de services dans les zones insuffisamment couvertes.
Nouha MAINSI
