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Accueil » Âgés de 30 à 40 ans : ils vivent encore sous le toit parental 
SOCIETE dimanche, 18 janvier, 2026,19:105 Mins Read

Âgés de 30 à 40 ans : ils vivent encore sous le toit parental 

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De nos jours, le départ du domicile parental se fait de plus en plus tard pour les jeunes Tunisiens, que ce soit pour les garçons ou pour les filles. Par le passé, il suffisait de finir ses études et d’obtenir un diplôme universitaire ou un brevet de technicien dans une spécialité donnée pour que ces jeunes diplômés soient casés. Aujourd’hui, ni la fin des études ni l’obtention d’un diplôme ne sont des motifs suffisants pour aller voler de ses propres ailes, loin du foyer parental et former un nouveau ménage indépendant.

 

Ces nouveaux diplômés, devenus nombreux, doivent encore habiter chez leurs parents pendant plusieurs années, parfois jusqu’à l’âge de 35 ou 40 ans, tant qu’ils n’ont pas obtenu de travail. Il y a actuellement chez nous des familles qui comptent 3 ou 4 diplômés en chômage, vivant sous le toit parental, subissant toutes les conséquences morales et les difficultés économiques qui s’ensuivent.

La présence de ces jeunes chômeurs pendant une durée indéterminée chez leurs parents peut sans doute créer des charges supplémentaires au ménage, d’autant plus que dans la plupart des cas, le père et/ou la mère est déjà à la retraite ; ces charges pèsent énormément sur le budget familial par manque de ressources. Souvent, l’enfant est obligé d’exercer un travail temporaire, généralement en dehors de sa spécialité, pour aider aux dépenses domestiques. Mais cela n’est que provisoire, car ces jeunes diplômés sont condamnés à rester parfois des années à la charge de leurs parents tant qu’ils ne sont pas recrutés dans un emploi fixe.

 

Le chômage, cause majeure

En effet, le nombre de demandeurs de travail ne cesse d’augmenter ces dernières années, notamment parmi les jeunes diplômés. Le taux de chômage en Tunisie pour 2025 a oscillé entre 15,7% au premier trimestre et 15,3% au deuxième trimestre (avec une baisse masculine mais une hausse féminine), avant de remonter légèrement à 15,4% au 3e trimestre (hausse féminine à 22,4% et baisse masculine à 12,1%), selon les chiffres de l’Institut National de la Statistique (INS). Les données montrent une tendance fluctuante, avec un chômage plus élevé chez les femmes et les diplômés, et une augmentation globale au troisième trimestre.

Il est vrai que le marché de l’emploi est saturé et que, à cause de la crise économique qui frappe le pays depuis quelques années, l’Etat ne peut pas satisfaire ce grand nombre de demandeurs d’emploi, ce qui fera d’eux un lourd fardeau aussi bien pour leurs familles respectives que pour la société en général. Les dernières décisions gouvernementales qui consistent à recruter de jeunes diplômés en Tunisie, en vertu d’une loi récente (2025) qui vise le recrutement exceptionnel de diplômés chômeurs de longue durée dans le secteur public, avec un suivi par le ministère de l’Emploi, en encourageant les entreprises du secteur privé qui peuvent bénéficier d’exonérations de charges patronales pendant 7 ans pour l’embauche de jeunes diplômés. Tout cela est trop beau, mais c’est la réalisation qui compte.

Faute d’embauche en vue, certains jeunes diplômés du supérieur optent pour la poursuite de leurs études universitaires en s’inscrivant au Master (3e cycle), reportant ainsi à une date ultérieure leur entrée sur le marché du travail, ce qui peut, en quelque sorte, diminuer le taux de chômage parmi les nouveaux diplômés supérieurs. Mais ces jeunes qui ont préféré poursuivre leurs études vont continuer à vivre au domicile parental, à dépendre encore quelques années de plus de leurs parents et à affecter par conséquent le budget familial.

 

Témoignages

Hager, diplômée en SVT depuis quatre ans, vivant encore chez ses parents, est obligée de travailler comme baby-sitter dans une crèche pour gagner son argent de poche : «Ce n’est que provisoirement. J’ai participé à des concours, mais j’ai été refusée à chaque fois. D’ailleurs, ces concours sont devenus rares ou inexistants. En attendant, j’accepte ce métier pour ne pas être à la charge de ma famille qui est modeste». En effet, la plupart des jeunes, tout en cherchant du boulot et en participant aux différents concours, espèrent être un jour recrutés. En attendant, certains d’entre eux se contentent de faire n’importe quoi, quitte à travailler dans des cafés, des restaurants ou des magasins, pour subvenir à leurs besoins les plus pressants. 

Lotfi, un diplômé universitaire, vient d’accepter un travail provisoire dans une grande surface : «Je n’ai pas le choix, c’est mieux que de vivre aux dépens de ma famille qui est d’ailleurs très nécessiteuse. Ça ne veut pas dire que j’ai lâché prise, je fouille chaque jour dans les annonces et dans les bureaux d’emploi à la recherche d’un boulot qui corresponde à mon diplôme. Et voilà que j’attends depuis trois ans !» 

Dans nos traditions, il est en effet très rare qu’une famille abandonne ses enfants, même devenus jeunes ou adultes. La protection parentale peut s’étendre jusqu’au mariage des enfants et peut-être au-delà du mariage, du moment que certains parents préfèrent voir leurs fils mariés habiter le même logement qu’eux. C’est pour cela que beaucoup de jeunes (hommes ou femmes) gardent encore aujourd’hui le foyer parental même à l’âge de 30 ans ou plus. On voit donc les parents, même en âge avancé, suer sang et eau pour satisfaire les besoins de leurs enfants en chômage, dans l’espoir de jours meilleurs. Ils n’osent jamais les chasser du domicile parental, les liens familiaux étant plus forts. De ce fait, on trouve de plus en plus de familles tunisiennes où il y a au moins un ou deux jeunes diplômés encore sans travail.

Hechmi KHALLADI 

 

famille jeunes

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