Audacieux, prospectif, révolutionnaire : les qualificatifs fusent de partout pour noter le projet de restructuration du handball tunisien annoncé récemment par Sami Saïdi, le nouveau conseiller de la DTN (direction technique nationale) relevant de la fédération et entraîneur national en chef qui chapeaute toutes les sélections des deux sexes. Il va sans dire que, dans un environnement sportif en constante effervescence et dominé par les caprices des éternels insatisfaits, rallier autant de suffrages témoigne incontestablement de la crédibilité de ce projet et de l’authenticité des promesses qu’il génère.
Rien n’est laissé au hasard
En effet, ce qui est remarquable est que Sami Saïdi, fort de sa longue et brillante carrière de joueur puis d’entraîneur, a tenu, lors de l’élaboration de son projet, à toucher à toutes les composantes du handball : clubs, sélections, infrastructure, ligues, conseillers techniques régionaux (CTR), médecine sportive, préparateurs physiques et mentaux, entraîneurs des clubs, suivi scientifique et arbitrage. Bref, tout le monde sera impliqué dans cette réforme d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de la petite sphère en Tunisie. Un «touche-à-tout», Sami l’est sans doute. Et il s’en défend. «Pour moi, nous a-t-il expliqué, un projet ambitieux ne l’est vraiment qu’à condition de donner lieu à une mobilisation générale qui n’exclut aucune partie prenante, une hirondelle ne faisant jamais le printemps». Des mots, notre interlocuteur est vite passé aux actes, à coups de visites ininterrompues dans les différentes régions du pays. «Rien ne vaut, soutient-il, le contact direct pour que la mayonnaise prenne et que l’enthousiasme manifesté jusqu’à présent par les participants à ce projet, ne s’émousse pas».
A l’unisson
L’autre point fort de cette réforme consiste en l’unification des méthodes d’entraînement tant au sein des clubs qu’au niveau des sélections nationales. Et cela, selon des paramètres techniques élaborés par une plate-forme ouverte à tous les coachs. «Cela, estime Sami, devra mettre fin au syndrome des séances d’entraînement bâclées, tout en assurant la promotion de la politique de formation sur des bases solides et surtout modernes».
In fine, nous disons ceci : tout ça est beau et réellement prometteur, s’agissant d’un investissement sûr dans l’avenir. Reste maintenant à savoir si «le projet Sami Saïdi» tiendra la route ou pas. Connaissant l’homme dont l’intégrité et la droiture ne sont plus à présenter, il suffirait d’un rien pour voir l’ex-titi de Boujaâfar rendre le tablier. La balle est donc dans le camp de la fédération qui devra, et c’est là un passage obligé, lui réunir les conditions de travail nécessaires afin qu’il mène son œuvre jusqu’au bout. Il y va de l’avenir de notre handball. A bon entendeur…
Mohsen ZRIBI
