L’Union des diplômés chômeurs (UDC) a appelé, le gouvernement à publier dans les plus brefs délais les décrets réglementaires nécessaires à l’application de la loi n° 5 de l’année 2025 relative à des dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée dans le secteur public et la fonction publique.
«L’élaboration des textes réglementaires relatifs à la loi n° 5 de l’année 2025 relève des prérogatives du pouvoir exécutif, et l’application des lois obéit au principe des délais raisonnables bien définis par la jurisprudence administrative. De ce fait, le retard qu’accuse la publication des textes réglementaires constitue un blocage de l’application d’une loi prévoyant des droits qui ont été avalisés par le pouvoir législatif», a précisé l’Union, indiquant qu’elle se réserve le droit d’organiser des activités revendicatives pour protéger les droits des diplômés chômeurs concernés par la loi.
L’ Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté, le 16 décembre dernier, la loi relative à des dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée dans le secteur public et la fonction publique, par 92 voix pour, 4 abstentions et une voix contre.
Les députés ont également intégré un article dans la loi de Finances (l’article 57), qui stipule que des crédits sont alloués sur le budget de l’État pour 2026 en vue du recrutement de la première tranche de diplômés de l’enseignement supérieur chômeurs de longue durée dans le secteur public et la fonction publique, après publication des textes réglementaires appropriés.
Cette tranche devrait compter quelque 3.000 diplômés répondant aux critères fixés.
Présentée par le bloc «Pour que le peuple triomphe», la loi n° 5 de l’année 2025 stipule que les critères de priorité retenus dans le cadre de ce recrutement exceptionnel sont l’âge (plus de 40 ans), l’ancienneté du diplôme (plus de 10 ans), la situation familiale (un seul bénéficiaire par famille sans prendre en considération le critère de l’âge) et la situation sociale (priorité aux personnes appartenant aux couches sociales vulnérables et aux personnes handicapées).
Un diplômé sur quatre, touché par le chômage
Le texte prévoit la création d’une plateforme numérique pour enregistrer les candidatures et classer les dossiers selon les critères définis. Les données des personnes inscrites sur cette plateforme seront mises à jour une fois par an.
Les candidats doivent être inscrits dans les bureaux de l’emploi, ne pas avoir bénéficié de régularisation professionnelle antérieure, ne pas être affiliés à un régime de retraite prévoyance sociale sans interruption, ne pas avoir disposé d’un identifiant fiscal durant l’année précédant l’inscription sur la plateforme, et ne pas avoir contracté un prêt bancaire de plus de 40.000 dinars auprès des établissements financiers et bancaires accordant des crédits.
Les candidats retenus seront recrutés par tranches successives sur une période ne dépassant pas les trois ans, à compter de la promulgation de la loi pour combler les postes vacants dans le secteur public et la fonction publique, tout en veillant à assurer l’équilibre entre les différentes spécialités lors du recrutement.
Les diplômés en situation de chômage prolongé ont organisé l’année dernière plusieurs rassemblements de protestation devant le siège de l’ARP pour dénoncer l’injustice qu’ils subissent depuis de longues années, sous le regard complice des différents gouvernements qui se sont succédé depuis la révolution de janvier 2011.
Le nombre exact de ces diplômés chômeurs reste inconnu, les statistiques officielles ne classant pas les chômeurs selon la durée de leur chômage. Le recensement général de la population et de l’habitat 2024, qui a été rendu public en septembre dernier, a révélé que les diplômés de l’enseignement supérieur constituent 16,8% du nombre total des chômeurs. Les données de l’Institut national de la statistique (INS) montrent également que le chômage des diplômés atteint 24% au deuxième trimestre 2025, contre 23,5% au premier trimestre de la même année.
Walid KHEFIFI
