On ne cesse de rouspéter sur la cherté de la vie et pour cause : les prix de plusieurs produits alimentaires demeurent peu ou non abordables par la majorité des consommateurs tunisiens. Et ce, malgré les mesures prises souvent par l’Etat en matière de lutte contre le monopole, la spéculation et les circuits de distribution.
Seule la ménagère qui va chaque jour au marché est capable de vous informer sur la cherté des produits dont certains sont inaccessibles pour un ménage aux revenus faibles ou moyens.
Cependant, il existe des commerçants informels qui exposent leurs marchandises à l’extérieur du marché local, en plein air, qui semblent être d’un grand secours aux ménagères en quête de produits alimentaires moins chers que dans le commerce légal. C’est un fait : l’engouement des ménages tunisiens pour les étals de plein air se fait de plus en plus sentir, notamment ceux qui s’installent tout autour des marchés municipaux ou ceux qui exposent leurs produits (légumes et fruits) dans les différents souks hebdomadaires, mais aussi auprès des marchands ambulants qui sillonnent les quartiers populaires dans leurs camionnettes chargées de fruits et de légumes. Ce sont surtout des clients démunis aux revenus modestes ou faibles qui s’approvisionnent auprès de ces étals, histoire de tenir les cordons de la bourse.
Une nette différence de prix
En fait, une virée à travers ces étals révèle une différence importante quant aux prix des fruits et des légumes par rapport à ceux pratiqués par les commerçants qui exercent dans le marché municipal. Souvent pour un même produit, on propose deux ou trois prix, certes approximatifs mais bénéfiques pour une ménagère qui souhaite remplir son couffin selon les moyens disponibles. Les exemples sont nombreux. Les pommes de terre se vendent à 1,200 d dans les supermarchés et chez les marchands de légumes, alors qu’on peut les trouver à seulement 1,600 d chez les marchands informels. Tous les autres produits affichent une fourchette de prix assez variée au point que la différence pourrait aller de 100 à 150 millimes. Rien que pour le persil, un bouquet coûte entre 600 et 700 millimes au marché alors qu’il est vendu à seulement 500 et 400 millimes dans les étals de plein air. Il en est de même des piments doux ou forts où la différence est souvent grande ; les oignons, les carottes et les navets se vendent en bottes à des prix beaucoup moins chers, alors qu’ils se vendent dans le marché au prix du kilo selon leurs poids dans la balance.
Des prix souvent inaccessibles
Idem pour les fruits. On préfère se ravitailler chez ces marchands de plein air qui proposent souvent des prix abordables pour ces clients en quête d’un produit bon marché. Ce sont surtout les agrumes (oranges, mandarines) qui sont à la portée de leurs bourses plus que d’autres fruits qu’ils trouvent assez chers (bananes, pommes, poires). Les prix de ces agrumes sont souvent moins coûteux quand ils sont achetés auprès des étals en dehors du marché ou chez des marchands ambulants.
Côté poisson, il semble que le marché du poisson n’est pas assez fréquenté par ces clients modestes, vu les prix excessifs affichés sur les différentes espèces de poissons. Mais, là encore, une ménagère peut se diriger vers ces marchands occasionnels qui exposent leurs marchandises à même le sol à des prix plus bas. Ainsi, la ménagère peut rentrer avec un couffin assez plein, du moins de produits alimentaires essentiels et ce, grâce à l’argent épargné en évitant de faire ses emplettes auprès des commerçants règlementaires qui exercent à l’intérieur du marché où les prix sont souvent inaccessibles pour un porte-monnaie souvent très peu garni.
Objectif : remplir son panier au moindre coût
Il est vrai que la présence de ces commerçants informels nuit beaucoup aux commerçants légaux qui pratiquent leur métier en bonne et due forme. Certains pensent qu’ils présentent un danger pour le consommateur et que leurs marchandises, vendues à bas prix, ne sont pas de bonne qualité par rapport à celles exposées dans les marchés municipaux. En réalité, ces commerçants informels pensent que leurs produits ne sont pas d’une qualité moindre, sauf qu’ils les vendent à un prix moins élevé puisqu’ils ne paient ni loyer ni taxes municipales. Et dire que certains commerçants légaux s’approvisionnent parfois de ces marchés parallèles ! Le consommateur, quant à lui, pense que les prix exposés dans les magasins sont excessivement gonflés par rapport à ceux affichés sur les marchés parallèles, ayant toujours le souci de remplir son panier au moindre coût et en fonction de sa bourse, ce qui explique peut-être cet engouement pour les étals de plein air.
Hechmi KHALLADI
