L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture vient de publier son deuxième numéro du bulletin d’information de la FAO en Tunisie, et ce, pour le deuxième semestre 2025. Ce bulletin se veut mettre en lumière les initiatives stratégiques visant à renforcer la résilience des systèmes agricoles, améliorer la sécurité alimentaire et promouvoir une gouvernance durable des ressources naturelles. Feedback succinct.
La deuxième édition du bulletin d’information de la FAO chez nous présente, entre autres, les principales actions menées à l’échelle nationale et régionale, notamment la valorisation et la restauration des sols, l’autonomisation des femmes rurales, la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, la prévention des pandémies et la transformation des systèmes alimentaires urbains.
Le bulletin rappelle, entre autres, le projet conjoint «Accélérer les progrès vers l’autonomisation économique des femmes en milieu rural», au bénéfice de 23 cadres vétérinaires, agronomes et techniciens du ministère de l’Agriculture, et ce, afin d’assurer un meilleur suivi et accompagnement des bénéficiaires dans les filières du poulet fermier et de l’apiculture.
Il est, également, rappelé qu’en octobre, la première foire organisée, ayant rassemblé dix organisations professionnelles agricoles et trente exposantes, dans le cadre du projet s’est tenue sous le slogan «Donnons-leur l’espace et la parole pour exprimer leurs dynamiques d’autonomie», et qu’en décembre, cinq jours de formation ont été consacrés aux animateurs des champs-écoles paysans, en vue de l’animation de cinq écoles dans les gouvernorats de Jendouba et Kairouan.
En faveur des femmes en milieu rural, et plus précisément celles engagées dans l’agriculture biologique, une plateforme a été lancée, fin décembre, à Tabarka. Il s’agit de «FEMBIOTEC».
Cet outil numérique, conçu selon une approche participative et adaptée aux contextes locaux, se veut faciliter l’accès à l’information technique, à la formation, aux opportunités de mise en marché et aux réseaux professionnels.
Toujours dans le bio, le bulletin fait référence au projet «Appui au développement d’une agriculture biologique durable et résiliente dans un contexte de changement climatique en Tunisie», mis en œuvre par la FAO et financé par la coopération suisse. Cent-vingt opérateurs des régions du Centre-Est et du Centre-Ouest ont reçu une formation afin de renforcer leurs capacités en production animale biologique.
La FAO mise sur la lutte biologique pour une agriculture durable et résiliente, notamment avec le projet «Appui au développement d’une agriculture biologique durable et résiliente dans un contexte de changement climatique en Tunisie», en collaboration avec le projet «Assistance d’urgence pour la gestion de la cochenille du cactus en Tunisie». Selon le bulletin, cette initiative a mobilisé des startups, des centres techniques et des institutions de recherche, confirmant que la lutte biologique est un levier d’innovation agroécologique et un pilier pour une agriculture plus résiliente, autonome et durable.
Intégrer le genre et les jeunes dans les politiques
Du côté de la transformation durable du pastoralisme, le bulletin indique que quarante cadres publics des régions de Sidi Bouzid et de Bizerte, ainsi que du ministère de l’Agriculture à Tunis, ont été formés à l’intégration du genre dans les politiques, la planification et les projets d’élevage, avec une application concrète des outils d’analyse genre et l’élaboration de plans d’action sensibles à l’égalité des genres.
Il mentionne que le projet «Renforcer les connaissances sur la biodiversité et le genre pour une transformation durable du secteur de l’élevage» a, aussi, renforcé les compétences de 30 enquêteurs spécialisés grâce à la méthodologie TAPE (Tool for Agroecology Performance Evaluation) et aux indicateurs genre/biodiversité, et qu’une vaste campagne d’enquête menée entre juillet et août, auprès de 660 ménages agricoles et pastoraux, dont une forte proportion de femmes, a permis de constituer une base de données solide et désagrégée.
Au niveau de l’investissement responsable et de l’entrepreneuriat agricole jeune, il est rappelé que la FAO a organisé un atelier régional réunissant notre pays, ainsi que l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal. À travers le programme Agri-accélérateur, les 95 participants ont échangé sur les meilleures pratiques, défini des recommandations communes et élaboré une feuille de route visant à harmoniser les actions autour des agri-accélérateurs.
La FAO a, également, organisé la cérémonie de clôture et de remise des prix du concours «Agritech AI Challenge», financé dans le cadre de son initiative «Game Changing», un concours pour la promotion des solutions innovantes intégrant l’intelligence artificielle et ce, afin de renforcer la résilience de l’agriculture chez nous, en Algérie, en Libye, au Maroc et en Mauritanie. Les cinq lauréats récompensés l’ont été pour des initiatives innovantes dans des domaines comme l’agriculture de précision, l’aquaculture, la gestion intelligente des parcelles et les systèmes d’alerte face aux aléas climatiques.
Empêcher le chichi du gâchis
Pour réduire le gaspillage et renforcer la gouvernance, la FAO et les municipalités de Tunis et de La Goulette ont élaboré des cadres de gouvernance et de chartes municipales. Des actions de sensibilisation ont été menées avec l’Institut national de la consommation auprès des enfants, des jeunes et des femmes, et un modèle de circuits courts de distribution durable a été testé avec l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche à travers la mise en place de points de vente directs producteurs-consommateurs.
D’autre part, il est indiqué qu’un hackathon intitulé «Zéro gâchis», organisé par la FAO, a mis en lumière les meilleures idées d’investissement dans la prévention, la réduction et la gestion des pertes et gaspillage alimentaires.
En outre, il a été organisé à Tunis l’atelier de clôture du projet Red-GAMU, consacré à la réduction du gaspillage alimentaire en milieu urbain. Cet événement a rassemblé près de 60 participants représentant les collectivités locales, les institutions nationales, la société civile, le monde académique, ainsi que les partenaires techniques et a présenté les résultats et les avancées du projet, notamment en matière de gouvernance, de gestion des connaissances, de renforcement des partenariats, ainsi que dans les domaines de la formation et de la sensibilisation.
Il est indiqué que pour cette année, la FAO devrait poursuivre ses efforts pour accélérer la transition vers des systèmes agroalimentaires durables, en mettant l’accent sur l’adaptation au changement climatique, le renforcement des capacités institutionnelles, l’intégration des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, la promotion de l’emploi des jeunes et de l’égalité de genre, ainsi que la sécurité sanitaire et la prévention des risques.
D’ailleurs, un nouveau projet a été lancé. Il s’agit de «Amélioration de la gouvernance territoriale pour un accès équitable et une utilisation durable de l’eau afin de promouvoir une culture de la paix dans les régions de Gafsa et Kairouan (APAISE-PBF)» pour une gestion durable et équitable de l’eau à Gafsa et à Kairouan.
Financé par le Fonds des Nations unies pour la consolidation de la paix à hauteur de 2,6 millions de dollars sur 24 mois, il est mis en œuvre par la FAO, le PNUD et l’UNICEF en coordination avec la Direction générale de l’aménagement et de la conservation des terres agricoles et les acteurs nationaux et locaux de Gafsa et Kairouan.
Zouhour HARBAOUI
