Aujourd’hui, 4 février, le monde célèbre la «Journée mondiale contre le cancer». Depuis sa création au début des années 2000, cette journée est devenue chaque année un moment de mobilisation internationale contre le cancer où gouvernements, organisations, associations, patients, citoyens du monde entier sensibilisent le plus grand nombre aux principaux enjeux de la lutte contre cette maladie. Cette campagne réalisée par l’Union internationale contre le cancer (UICC) a pour but de sensibiliser l’ensemble de la population concernée directement ou indirectement sur cette pathologie.
En 2025, les principaux cancers en Tunisie, marqués par une hausse continue, restent le cancer du poumon (principalement chez l’homme, avec 3.000 nouveaux cas/an) et le cancer du côlon (4.000 nouveaux cas, 2e chez la femme, 4e chez l’homme). Le cancer du sein demeure prédominant chez la femme. Cependant, selon un document publié l’année dernière par la Direction des soins de santé de base au ministère de la Santé, on a enregistré au total 300 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus. Cette maladie est donc très courante chez les femmes tunisiennes. Le ministère de la Santé accorde une grande importance à la prévention et au dépistage précoce comme meilleurs moyens de lutte contre cette pathologie. Surtout que le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus répandu chez les femmes en Tunisie, après le cancer du sein, et provoque la mort de 150 femmes chaque année.
Privilégier le dépistage précoce
Selon les spécialistes, l’incidence du cancer du col de l’utérus se situe en Tunisie autour de 4,8 pour 100.000 femmes. Le diagnostic du cancer du col de l’utérus se fait encore à des stades relativement tardifs dans 70% des cas. Il se fait à un stade localement évolué avec une survie à 5 ans, ne dépassant pas les 35%.
Cancer du col de l’utérus : la prévention au moyen du dépistage
L’Office National de la Famille et de la Population (ONFP) et la Direction des Soins de Santé de Base (DSSB) ont mis en place un programme de dépistage du cancer du col de l’utérus. Un diagnostic précoce est important pour traiter la maladie à ses débuts, lorsque les chances de guérison sont les plus élevées. Les médecins spécialistes recommandent aux femmes d’effectuer un contrôle à partir de l’âge de 35 ans. Malheureusement, ce conseil n’est pas toujours observé par la plupart des femmes.
La lutte contre ce cancer en Tunisie consiste à mieux sensibiliser les femmes à cette maladie et aux bienfaits du dépistage précoce. Ce cancer n’est pas une condamnation à mort. S’il est détecté et traité rapidement, on peut en guérir. Tel est le message que les médecins tunisiens transmettent à leurs patientes. Certes, la médecine tunisienne a accompli des avancées significatives dans le traitement du cancer du col de l’utérus, mais l’infrastructure sanitaire et les services rendus aux malades restent souvent en deçà des objectifs assignés, surtout dans les hôpitaux publics. En attendant l’acquisition de nouveaux médicaments et de nouvelles technologies utilisées dans les pays riches, les femmes n’ont qu’un seul moyen pour éviter d’être atteintes du cancer du col de l‘utérus : la prévention au moyen du dépistage.
Et les autres cas de cancer ?
En Tunisie, on estime également que 15,9% des nouveaux cas enregistrés concernent des cancers du sein, 15,1% des cancers du poumon, 9,6% des cancers colo-rectaux, 7,2% des cancers de la vessie et 6,1% des cancers de la prostate. Il convient de noter que les cancers du poumon et de la vessie sont les plus diagnostiqués chez les hommes et les cancers du sein et colo-rectaux sont les plus diagnostiqués chez les femmes. En effet, la Tunisie a connu une augmentation des cas de cancer ces dernières années. Le nombre de nouveaux cas de cancer a atteint 22.690 en 2024 contre 22.201 en 2023. Ces nouveaux cas sont répartis sur 11.970 hommes et 10.720 femmes.
Cependant, selon nos spécialistes, le diagnostic tardif demeure un obstacle dans le traitement de la maladie. En effet, une grande partie des cancers, notamment celui du poumon, est détectée à des stades avancés, réduisant les chances de survie. De même, le tabagisme, l’alimentation et le manque d’activité physique sont les principaux facteurs de risque identifiés. D’où l’importance du dépistage précoce sur lequel les autorités sanitaires insistent pour améliorer les chances de guérison.
Hechmi KHALLADI
