La plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM) a publié, courant janvier 2026, son rapport annuel, présentant une vue d’ensemble de son impact et ses réalisations en 2025. Pour notre pays, le rapport met en avant le programme ARDII-Tounes, qui s’est imposé comme une plateforme transformatrice.
Créée en 2013, la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (PARM) est une initiative multipartite, gérée par le Fonds international de développement agricole (FIDA), afin de renforcer la sécurité alimentaire et la résilience. La PARM fournit une assistance technique aux gouvernements et aux parties prenantes afin d’identifier, d’évaluer et de hiérarchiser les risques agricoles au niveau des secteurs et des chaînes de valeur. Grâce à des processus participatifs, la PARM conçoit des ensembles intégrés d’outils et de solutions de gestion des risques agricoles (ARM) tout en investissant dans le renforcement des capacités et le partage des connaissances. Rappelons que, parmi les étapes importantes de la PARM, se trouve la présentation de quatre projets d’investissement au Burundi, au Ghana, à Madagascar et dans notre pays, ainsi que l’élaboration de trois programmes et modules ARM chez nous et en Ouganda. Le programme a mis en œuvre deux phases, Horizon 1 (2014-2019) et Horizon 2 (2019-2025), Horizon 3 devant être lancé au cours de cette année.
Un programme de 224 millions de dollars
Courant janvier, elle a publié son rapport annuel pour 2025, y indiquant ce qui a été fait pour notre pays. Ainsi, il est indiqué que l’année dernière, elle y a renforcé son engagement à travers le programme ARDII-Tounes (Agriculture résiliente, durable et inclusive pour l’investissement en Tunisie), développé en partenariat avec notre ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche (MARHP). D’une valeur estimée à 224 millions de dollars, ARDII-Tounes se veut renforcer la résilience agricole, la souveraineté alimentaire et l’adaptation au changement climatique dans les chaînes de valeur de l’huile d’olive et des céréales. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de notre prochain plan quinquennal national (2026-2030) et a été positionnée comme un vecteur phare pour favoriser une transformation agricole durable et inclusive. Selon le rapport, le leadership et l’appropriation forts de notre gouvernement ont été réaffirmés, reflétant l’engagement de notre pays à intégrer la gestion des risques agricoles et la résilience dans les priorités nationales en matière d’investissement. La PARM a facilité une collaboration étroite avec des partenaires techniques et financiers afin de mobiliser le soutien en faveur de l’ARDII-Tounes. Des institutions clés, notamment l’AFD, l’AICS, le CIHEAM Bari, la Banque mondiale, la Coopération néerlandaise, l’OSS et l’UPA Development International, ont manifesté un vif intérêt pour l’alignement de leurs programmes en cours et prévus sur l’ARDII-Tounes.
Initiative prioritaire
Ainsi, l’AFD a identifié des synergies avec ses initiatives PRIMEA et AdaptAction sur la résilience climatique, tandis que l’AICS a envisagé d’intégrer l’ARDII-Tounes dans son programme triennal 2025-2027, notamment par le biais de son Think Tank Lab et de ses composantes d’assurance agricole. Le CIHEAM Bari et la Coopération néerlandaise ont, également, signalé leur volonté de collaborer dans les domaines du renforcement des capacités, de la productivité des petits exploitants, et du développement des chaînes de valeur, soulignant ainsi la large convergence des donateurs autour des objectifs du programme. Pour maintenir cette dynamique, notre gouvernement s’est engagé à intégrer ARDII- Tounes dans son cadre de développement et à formaliser les demandes de financement auprès de ses principaux partenaires. La PARM et l’ICARDA continueront à aider le MARHP à affiner la feuille de route de mise en œuvre et à renforcer les capacités institutionnelles pour l’appropriation du programme. En favorisant un leadership national fort et un engagement coordonné des bailleurs de fonds, ARDII-Tounes s’est imposé comme une plateforme transformatrice visant à promouvoir une croissance agricole résiliente, inclusive et intelligente face au climat, contribuant ainsi directement à la sécurité alimentaire de notre pays et à ses objectifs d’adaptation à long terme. Le programme a été désigné comme une initiative prioritaire par le ministère de l’Économie et de la Planification. Le rapport parle de discussions en cours avec la Banque mondiale, qui s’est engagée à fournir un soutien financier pour les interventions liées à la chaîne de valeur de l’huile d’olive.
Zouhour HARBAOUI
