Bien qu’il soit amer de le rappeler, pour un bon patriote, l’on sait que le handball tunisien a été durement secoué, récemment, par deux puissantes déflagrations qui ont eu, par moments, l’effet d’un séisme : la fameuse affaire Boughanmi et le cuisant échec de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) du Rwanda. Ces deux sujets brûlants sur lesquels on a longuement épilogué ici même, sont, aussi étonnant que cela puisse paraître, en train de marquer, plus profondément que prévu, les milieux handballistiques du pays, et cela, en faisant le lit d’ une opposition, désormais de plus en plus active et «agressive», frôlant parfois la ligne rouge de l’animosité.
Bien que de dimension réduite et agissant en rangs dispersés, cette opposition ait eu, estiment des observateurs neutres, le tort d’axer sa campagne presqu’exclusivement sur la personne du président de la Fédération Tunisienne de Handball (FTHB), sur fond de règlements de compte alimentés par les élections de 2022. Et, alors que leur petit parti ne faisait pas le poids et ne dérangeait pas outre mesure, les «anti-Karim Helali» ont, soudain, reçu un coup de fouet inespéré, avec le ralliement à leurs rangs des supporters de l’Espérance Sportive de Tunis. Ceux-ci, prenant d’un mauvais œil le verdict de la fameuse affaire Boughanmi, se sont, dès lors, lancés, via Facebook, dans une tonitruante campagne d’hostilité à l’encontre de la fédération et de son président qu’ils accusent de «partialité et de favoritisme au service du frère ennemi» (comprenez le Club Africain), exigeant leur départ.
Partira, Partira pas
En face, on semble n’en avoir cure, en faisant montre de retenue. En effet, tant le ministère de la Jeunesse et des Sports que la fédération continuent d’user de l’arme de la dédramatisation, le premier en prenant l’initiative d’organiser une journée d’études sous le thème «Réalités et perspectives du handball tunisien», la seconde en procédant à une profonde évaluation de la situation actuelle, annonçant au passage, lors de la dernière réunion du bureau fédéral, qu’elle se penche déjà sur les préparatifs de l’Assemblée générale élective.
En attendant de fixer la date de ce scrutin, et quand on sait que le mandat de l’actuelle équipe fédérale expire au mois de mai prochain, une question est déjà posée, un peu partout, celle de savoir si Karim Helali, cible première de l’opposition, partira ou pas. Aux dernières nouvelles fuitant du QG de la fédération, le suspense demeure total, même si Karim Helali a promis, dans une déclaration fracassante donnée il y a un mois, qu’il ne céderait sa place qu’à celui qui présentera le profil et la capacité susceptibles d’aider à la promotion du handball et à la sauvegarde de ses acquis.
Wait and see.
Mohsen ZRIBI
