La présence de voitures âgées sur les routes tunisiennes est une réalité : la moitié du parc automobile est composée de véhicules âgés de plus de 15 ans, selon un responsable de la Chambre syndicale des concessionnaires et fabricants d’automobiles en Tunisie. Malgré les mesures gouvernementales prises pour renouveler et moderniser le parc automobile, on voit encore de vieux véhicules circuler sur nos routes.
Ce phénomène est en grande partie accentué par la hausse des prix des véhicules neufs et des facteurs économiques, mais aussi par le manque d’un entretien permanent de la part des conducteurs. Il est à signaler que plusieurs accidents routiers sont causés par des véhicules en mauvais état. En effet, chaque jour, sur nos routes, on voit des voitures qui émettent de la fumée noire de leur échappement, surtout en ville, pendant les embouteillages quand on roule à faible vitesse, un désagrément qui peut gêner la visibilité des conducteurs qui circulent derrière, sans parler de la pollution de l’air que cette fumée peut causer, ce qui témoigne d’un entretien défaillant.
De même, un pare-chocs arrière ou avant mal fixé, souvent retenu par des fils de fer, peut représenter un danger critique pour la sécurité routière, au cas où il se détacherait de la voiture et tomberait sur la route, ce qui peut déranger la circulation ou causer un accident. Encore une défaillance majeure qu’on remarque dans certaines vieilles voitures et dans les véhicules à deux-roues, à savoir les pétarades de certains moteurs qui peuvent gêner les usagers de la circulation par une pollution sonore importante, causant parfois une mauvaise concentration chez les automobilistes.
Mais aussi, on peut voir des véhicules qui présentent des vibrations au niveau des roues, causées soit par une mauvaise fixation ou par l’usure des pneus, ce qui pourrait engendrer un problème d’équilibrage des pneus et constituer un réel danger. Il faut dire que dans certains pays du monde, ces vieilles voitures qui présentent des défauts au niveau du moteur ou de la carrosserie sont considérées comme gênantes pour les usagers de la route et, par conséquent, elles sont interdites de circulation.
Négligence et manque d’entretien
Il faut dire que certains propriétaires de ces anciens véhicules, surtout ceux des voitures utilitaires, des camions et des poids lourds, n’attachent pas trop d’importance à l’entretien. Certains n’y pensent qu’après coup ou attendent le dernier moment avant de procéder à la réparation d’une quelconque anomalie remarquée dans le moteur ou la carrosserie de leur véhicule. Peut-être qu’ils jugent trop élevés les coûts d’une réparation ou qu’ils ne disposent pas du temps nécessaire pour le faire.
L’on se demande si de tels véhicules passent leur visite technique périodique, qui est d’ailleurs obligatoire pour tous, y compris et surtout pour les véhicules anciens qui nécessitent une surveillance accrue. Le problème est que certains conducteurs chez nous, au courant des défauts de leur voiture, continuent à circuler sur la route sans gêne, alors qu’ils peuvent s’exposer à des risques majeurs qui incluent également la mise en danger des autres usagers.
Modernisation du transport routier
La persistance de ces véhicules, bien que de moins en moins favorisée par la législation, met en évidence le besoin de modernisation du transport routier. Mais on constate que le vieillissement du parc est souvent accentué par l’achat massif de voitures d’occasion vendues sur le marché parallèle et ce, face à la flambée des prix des véhicules neufs, ce qui peut freiner le renouvellement du parc.
Malgré le vieillissement du parc automobile, on assiste depuis quelques années à l’entrée des marques chinoises et coréennes sur le marché automobile en Tunisie, montrant une volonté et une tendance au renouvellement. Cependant, l’accès à une voiture neuve et récente (on assiste actuellement à l’introduction progressive des véhicules électriques ou hybrides) demeure difficile pour la majorité des Tunisiens et c’est pourquoi on voit encore des automobilistes rouler dans de vieux véhicules sur nos routes, quitte à être exposés à d’éventuels accidents.
Hechmi KHALLADI
