Avec l’arrivée du mois de Ramadan, beaucoup de Tunisiens tiennent à en profiter pour effectuer les rites de la Omra. Toutefois, vu la hausse évidente de la demande, les prix sont presque toujours revus à la hausse, en plus des manœuvres déployées par certains arnaqueurs qui profitent de l’occasion pour faire du mal aux plus naïfs de ceux qui les contactent…
Combien de Tunisiens seront au rendez-vous pour la Omra au cours du mois de Ramadan 2026 ? Il n’existe pas encore de chiffre officiel définitif pour le nombre de Tunisiens concernés par ces rites car la saison est actuellement en cours. Ce qui est plus que sûr toutefois, c’est que le nombre habituel va être dépassé. D’habitude, le nombre de Tunisiens participant à la Omra de Ramadan dépasse traditionnellement les 50.000 à 60.000 personnes lors des années de forte affluence et un nouveau record risque de tomber.
Jusqu’à 7.500 dinars, si ce n’est plus
Lors d’une déclaration médiatique faite il y a près d’un mois, Sami Ben Saïdane, le vice-président de la Fédération tunisienne des agences de voyages FTAV, a affirmé que la demande pour la Omra connaît une augmentation notable durant les saisons traditionnellement connues, telles que le mois de Ramadan et la fête du «Mouled».
Il a précisé que la période actuelle coïncide avec le mois de Rajab, suivi de Chaâbane, avant l’arrivée de Ramadan qui constitue le pic de la demande, reflétant ainsi l’intérêt des citoyens pour l’accomplissement des rites religieux.
Concernant les coûts de la Omra ramadanesque, il a souligné que les prix varient selon la saison et la période, indiquant que les tarifs sont légèrement plus élevés durant ces périodes de forte affluence, avant de se stabiliser par la suite. Les prix commencent ensuite à augmenter progressivement à l’approche du mois de Ramadan, en particulier durant sa seconde moitié et au cours des dix derniers jours.
Ben Saïdane a également abordé les coûts d’hébergement à La Mecque, précisant que le prix d’une chambre dans un hôtel économique convenable varie entre 350 et 450 riyals saoudiens par nuit, soit l’équivalent d’environ 420 dinars tunisiens, ajoutant que le coût par personne dépend du type de chambre choisi.
Et d’ajouter que le coût total de la Omra durant la seconde moitié de Ramadan peut atteindre environ 7.500 dinars tunisiens pour une chambre quadruple, et peut baisser à près de 6.500 dinars en cas de réservation anticipée ou de choix d’un hôtel éloigné de la Mecque, comme il peut être supérieur si on opte pour d’autres options de confort.
Concernant les billets d’avion, Sami Ben Saïdane a confirmé qu’ils constituent l’un des principaux facteurs de la hausse du coût de la Omra, puisque les prix varient entre 2 800 et 3 000 dinars, selon le vol, durant la seconde moitié du mois de Ramadan
Attention aux arnaqueurs !
Le vice-président de la FTAV a insisté sur la nécessité de traiter avec des agences de voyages officiellement agréées, soulignant l’importance de l’existence d’un contrat légal entre le pèlerin et l’agence afin d’éviter les risques financiers et juridiques liés au recours à des parties non officielles ou à des annonces frauduleuses diffusées sur les réseaux sociaux.
A ce propos, Ben Saïdane a précisé que, malheureusement, plus de 90% des pèlerins tunisiens n’ont pas recours aux agences de voyages agréées et a appelé les citoyens à vérifier l’identité des organisateurs pour éviter les fraudes. Il a également proposé la création d’une représentation tunisienne à La Mecque et à Médine, regroupant des membres des ministères du Tourisme et des Affaires religieuses, afin d’assurer un meilleur suivi et de prévenir les abus.
Rappelons dans ce même contexte et à l’approche du Ramadan, que le ministère du Tourisme a mis en place des mesures pour protéger les pèlerins et lutter contre les circuits parallèles. L’objectif est d’éviter les abus et les risques constatés lors des précédentes saisons.
Les tragédies du Hajj 2024, ayant causé la mort de plus de 1.300 personnes, dont 60 Tunisiens, ont mis en évidence les dangers des voyages non encadrés. Les circuits parallèles, bien que moins coûteux, s’appuient souvent sur des visas touristiques exposant les fidèles à des conditions précaires.
Le vice-président de la FTAV a précisé que cette obligation contractuelle n’est pas nouvelle. Elle a été introduite dès la libéralisation du marché de la Omra en Tunisie en 2013. Pourtant, son application reste très limitée : dans la pratique, plus de 90% des cas enfreignent cette règle, les pèlerins passant souvent par des intermédiaires dont ils ignorent l’identité ou la fiabilité. Cette situation engendre de graves problèmes d’organisation et de logistique durant la Omra, surtout au mois de ramadan.
De même, l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT) a exhorté les Tunisiens souhaitant accomplir la Omra à s’adresser exclusivement aux agences de voyages accréditées, disposant des autorisations nécessaires pour organiser ce pèlerinage, conformément à la réglementation en vigueur.
Selon la même source, environ 140.000 Tunisiens devraient accomplir la Omra cette saison, un chiffre qui aurait pu atteindre 200.000 sans l’impact du nouveau cadre juridique sur les chèques car beaucoup de citoyens optaient pour le remboursement de ces frais par facilités en usant des chèques, ce qui n’est plus le cas à présent.
Kamel ZAIEM
