«La deuxième phase du programme de modernisation des établissements scolaires repose sur la création de 80 nouvelles écoles primaires réparties sur l’ensemble du territoire national, pour un coût global estimé à 80 millions d’euros. Sa mise en œuvre s’effectuera en trois étapes, entre 2026 et 2029, selon un calendrier précis comprenant les études, le lancement des appels d’offres et le démarrage progressif des travaux», a annoncé le ministère de l’Éducation lors d’une séance d’audition tenue à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).
Lors de cette séance, consacrée au suivi de l’exécution du programme dans ses deux phases, organisée le mercredi 18 février 2026 par la Commission des finances et du budget à l’ARP, le représentant du ministère a apporté des précisions sur le calendrier d’exécution.
Il a indiqué que les études ont démarré en février 2024 et que le lancement du premier appel d’offres pour la construction d’une école primaire est prévu pour avril 2026. «Les travaux devraient débuter en août 2026, avec une réception provisoire de la première école attendue en juillet 2027», a-t-il affirmé.
Par ailleurs, il a souligné que cette deuxième phase comprend également l’acquisition de 73 bus scolaires destinés à renforcer le transport, notamment dans les zones rurales. Elle prévoit en outre la fourniture d’équipements pédagogiques et numériques modernes afin d’améliorer la qualité des apprentissages.
Taux d’avancement de 89% de la 1ère phase à fin 2025
S’agissant du bilan de la première phase, le représentant du ministère de l’Éducation a fait état d’indicateurs qu’il a qualifiés de positifs. Il a révélé que le taux d’engagement a atteint près de 104%, que le taux de décaissement avoisine 92% et que le taux d’avancement global des réalisations est estimé à 89% à fin décembre 2025.
«47 établissements éducatifs ont été créés à travers différentes régions du pays, pour un coût global d’environ 101,6 millions d’euros. À fin décembre 2025, 37 établissements ont été achevés définitivement, tandis que 10 autres demeurent en cours de réalisation. Ces projets ont permis la création d’environ 22.500 nouvelles places pédagogiques», a-t-il révélé.
Concernant la réhabilitation et la maintenance, il a affirmé que le programme a concerné 389 établissements éducatifs, pour un coût avoisinant 108,7 millions d’euros. «358 projets ont été finalisés, tandis que 31 sont encore en cours d’exécution. Les interventions ont porté sur la réhabilitation des salles de classe, la maintenance des laboratoires et des internats, l’aménagement des espaces sportifs, ainsi que la création de salles spécialisées, permettant l’ajout d’environ 9.500 places supplémentaires et l’amélioration des infrastructures existantes», a-t-il ajouté.
S’agissant de l’axe équipements et formation, le représentant du ministère a indiqué que le programme a permis l’acquisition d’équipements pédagogiques pour les laboratoires de sciences et d’informatique, l’équipement des cantines scolaires, ainsi que des moyens logistiques destinés au suivi des chantiers, en plus du matériel de prévention contre la Covid-19 au profit des élèves et du personnel éducatif.
Des retards structurels
Le programme de modernisation des établissements scolaires bénéficie du soutien financier de la Banque européenne d’investissement (BEI), avec l’appui de l’Union européenne (UE), et se déploie à travers deux phases complémentaires inscrites dans une vision progressive de réforme des infrastructures éducatives.
Dans un premier temps, la première phase, signée le 19 juin 2014, prévoit un financement de la BEI d’environ 83 millions d’euros pour un coût total estimé à 213 millions d’euros. Elle porte essentiellement sur la réhabilitation, l’aménagement et l’équipement d’établissements scolaires à travers le pays, avec pour ambition d’améliorer les conditions d’apprentissage et la qualité des infrastructures existantes.
Dans un second temps, la deuxième phase, signée le 10 juillet 2023, marque une nouvelle étape dans le processus de modernisation. Elle bénéficie d’un financement de 58 millions d’euros de la BEI, pour un coût global estimé à 80 millions d’euros. Cette phase prévoit notamment la construction d’écoles primaires publiques et de complexes scolaires, l’acquisition d’équipements pédagogiques innovants, ainsi que la mise à disposition de moyens modernes de transport scolaire, afin de renforcer l’équité territoriale et l’attractivité du milieu éducatif.
Cependant, sur le plan du calendrier, le représentant du ministère de l’Éducation a expliqué que la mise en œuvre du programme a été tributaire de la mise en place d’un cadre légal approprié, nécessitant la création d’une unité de gestion dédiée.
«L’absence initiale de cette structure a entraîné un retard de trois ans pour la première phase, auquel se sont ajoutées deux années de suspension liées à la pandémie de Covid-19, soit un décalage global de cinq ans pour des raisons objectives. La deuxième phase a également connu un retard de deux ans en raison des procédures administratives liées à l’instauration de cette unité», a-t-il expliqué.
Nouha MAINSI
