Aïe, aïe, quelle fin de saison en perspective ! Une fin qui s’annonce chaude, chaude, chaude, carrément sous haute tension et aux retombées incertaines et, sans doute, inquiétantes. Pourquoi ? Tout simplement, parce que tous les clubs sans exception deviennent, par tradition, sensibles, voire susceptibles au fur et à mesure de l’approche de la clôture des compétitions, donc des verdicts concernant le sacre, le maintien et l’accession. En effet, outre la vieille mais indémodablement toujours jeune rengaine des arbitres auxquels on s’empresse de déclarer la guerre à la première erreur d’appréciation commise, de bonne ou de mauvaise foi, tout le monde épie tout le monde, chacun le doigt sur la gâchette, prêt à mettre le feu aux poudres, par réserves, pétitions et évocations interposées. Quitte à aller frapper aux portes du CNAS, une fois échouée la bataille juridique en première instance, puis en appel.
Suspense kafkaïen
Rien que pour le mois en cours, pas moins de trois affaires ont atterri dans les bureaux de la fédération. La première, c’est l’Espérance Sportive de Tunis qui en est l’héroïne, en réclamant un arbitrage étranger pour ses prochains matchs contre le Club Africain, ce que lui a refusé la fédération, celle-ci exigeant que le demandeur doive, au préalable, régler ses arriérés de dettes envers ladite instance fédérale. Inévitablement, on est vite passé d’un simple malentendu facilement surmontable à un terrible bras de fer illustré par une guerre de communiqués entre les deux parties. La commission juridique du club de Bab Souika qui a pris les choses en main, semble, aux dernières nouvelles, déterminée à aller jusqu’au bout de ses intentions, tout en ouvrant une brèche dans la gestion financière de la fédération, à propos notamment du «sort» des indemnités de formation et des recettes émanant des frais d’arbitrage versés par les clubs.
Pour sa part, le Club Africain n’a pu résister à la tentation de prendre part à ce ballet, et cela en publiant, avant-hier, un communiqué dans lequel il a averti qu’il n’acceptera que des arbitres européens pour ses derbys. 24 heures auparavant, le club d’El Baâth Sportif de Béni Khiar a également vu rouge, en annonçant, via sa majesté communiqué, la démission de son comité directeur, en signe de protestation contre le rejet, par la Ligue nationale, de son évocation de fraude émise à l’encontre du joueur Mohamed Amine Ben Zid pour sa participation à la rencontre face au Club de Handball de Jemmal. Ce dernier, sans doute contaminé par le nouveau «syndrome des communiqués», a publié, avant-hier, le sien pour crier son innocence, tout en menaçant de poursuites judiciaires tout auteur d’une accusation gratuite et illégale à son encontre.
Mais, attendez, vous n’êtes pas encore près de quitter ce champ miné, puisque le comité directeur du Club Sportif Féminin de Moknine a, à son tour, annoncé, avant-hier soir, par un communiqué (encore un) laconique, qu’il a officiellement décidé de boycotter le championnat Elite. Raison invoquée : le remplacement, sine die, de la formule de la compétition du Play-off, dûment entérinée avant le début de saison, par une autre sans l’aval du club.
Mais, parbleu, où va-t-on ? Les ardeurs seront-elles maîtrisées ? Y aura-t-il, au moins, un «cessez-le-feu» pour qu’enfin la sagesse prévale ?
Mohsen ZRIBI
