Le chanteur Sofiene Zaidi accompagné par le club Sikka de Malouf et de chant tunisien a galvanisé, son public dans un concert de musique époustouflant à l’espace Khayem GardenElles sont avocates, médecins, ou encore mères au foyer….mais elles partagent toutes la même passion, celle du chant. Depuis cinq ans, elles sont chapeautées par l’éminent maestro Sofiene Zaidi , qui leur a appris à chanter avec « leur corps et âmes ». Débordantes d’énergie et de bonheur, elles ont livré une prestation pleine, où elles ont généreusement mis en valeur le malouf et le patrimoine musical tunisien, devant un public réceptif et accueillant, qui a savouré tous les moments du concert dans une ambiance de grands soirs.. Chaque chanson de ces femmes semblait résonner avec une intensité particulière, touchant les cœurs des auditeurs et les transportant dans un passé lointain mais toujours vivant dans leurs esprits. Durant tout le long du récital, les spectateurs ont accompagné la chorale avec des applaudissements répétés, battant la mesure avec les mains en reprenant les refrains dans la joie et l’euphorie. Dans un enchaînement judicieux de variations modales et rythmiques, les sonorités aiguës du violon et du clavier et de la densité des notes émises par le Oud et la cadence rythmique maintenue par la darbouka , ont dessiné les traits de l’identité sonore du genre. Au programme des mouachahates, du malouf et un hommage à Saliha et à Jamoussi
Sofiene a affirmé son talent, à la fois comme chef accompagnateur et comme architecte de grandes fresques sonores. Son écoute est grande, indubitablement, à en juger de l’extrême attention qu’il a portée au chant de ces femmes passionnées de musique qui se sont données à fond pour réussir et se font plaisir. Une ambiance chaleureuse règne entre eux et une certaine complicité les unit. Elles sont dynamiques, volontaires, solidaires. On en ressort souvent conquis, les soucis oubliés et la bonne humeur retrouvée. Et c’est bien là un des objectifs prioritaires de ce concert , car cette joie communicative comme l’affirme Olfa Mazlout, la Présidente du club, s’étend au public comme aux choristes.
Et si les yeux brillent, c’est uniquement par l’ivresse des bons moments passés, avec leurs surprises et leurs notes de gaieté. Ces belles voix étaient contentes de passer un bon moment ensemble à chanter, histoire de libérer leur énergie et de montrer leurs talents . Le public a durant tout le long du concert, accompagné la chanteuse Sara Nouini avec des youyous nourris et des applaudissements répétés, dansant et battant la mesure avec les mains en reprenant les refrains dans la délectation et dans des atmosphères euphoriques.La communion était totale. Les belles voix féminines changeaient souvent de répertoire, se jouaient des rythmes, refusaient la monotonie. Elles s’amusaient sur scène en chantant des œuvres bien connues. Entre tradition et modernité, entre poésie et musique, cette soirée restera dans les cœurs comme une fenêtre ouverte sur un monde où le malouf ne meurt jamais, où il résonne sans fin, comme un doux souvenir du temps passé.
Kamel Bouaouina
