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Accueil » Se marier en Tunisie : quand l’amour passe à la caisse
SOCIETE jeudi, 5 mars, 2026,19:107 Mins Read

Se marier en Tunisie : quand l’amour passe à la caisse

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Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Il fut un temps où le mariage, en Tunisie, était une promesse sociale autant qu’un engagement intime : une porte qui s’ouvre, une famille qui s’agrandit, un quartier qui se rassemble. Aujourd’hui, il ressemble de plus en plus à un devis. Avant même la compatibilité des caractères, avant les projets, avant les rêves, une question s’impose, lourde, presque indécente : «On peut se le permettre ?»

Et cette simple phrase dit beaucoup. Elle dit que l’amour ne suffit plus, que la tradition a un prix, et que le prix, lui, n’a cessé de grimper jusqu’à transformer une célébration en épreuve.

Le plus troublant, ce n’est pas seulement la hausse des coûts, mais la manière dont elle s’est installée dans nos réflexes, comme si elle était naturelle. Salle, traiteur, photographe, orchestre, robes, bijoux, maquillage, déco, voiture, cadeaux, «petits détails» qui s’additionnent et deviennent une montagne. On a fini par considérer qu’un mariage «réussi» doit être visible, spectaculaire, mémorable pour les autres, même s’il laisse les principaux concernés exsangues. C’est là que l’argent redessine nos traditions : il ne change pas seulement ce qu’on fait, il change ce qu’on croit devoir faire.

Il y a une violence douce dans cette transformation. Elle ne s’exprime pas par des cris, mais par des calculs silencieux, par des concessions, par des tensions qui s’invitent au milieu des préparatifs. Combien de couples commencent leur vie commune avec une dette, un crédit informel, une aide familiale qui se paiera plus tard en pressions et en reproches ? Combien de jeunes reportent indéfiniment, non pas parce qu’ils doutent de leur amour, mais parce qu’ils doutent de leur capacité à financer une fête ? Le mariage, censé être un acte de stabilité, devient paradoxalement un facteur d’instabilité.

À ce tableau s’ajoute une fracture qui devient de plus en plus évidente : une jeunesse qualifiée dont une partie importante se trouve à l’étranger. Beaucoup de cadres tunisiens, ingénieurs, médecins, chercheurs, spécialistes des technologies, construisent leur avenir loin du pays. Non pas par manque d’attachement, mais parce que leur carrière, leurs conditions de travail, leurs perspectives, les y ont conduits. Résultat : le «marché matrimonial» lui-même se transforme. Les profils les plus stables financièrement sont souvent absents, pris par des rythmes professionnels lourds, des parcours migratoires exigeants, des contraintes administratives et une vie où le temps manque autant que l’argent, malgré des revenus supérieurs.

Pendant ce temps, ceux qui restent au pays ne forment pas un bloc homogène : une partie se retrouve au chômage, une autre survit avec des salaires sous-payés, parfois en décalage humiliant avec le niveau d’études. Entre l’exode des compétences et la précarisation de ceux qui demeurent, le mariage devient aussi un reflet de notre crise du travail. Comment bâtir une vie commune quand l’emploi n’est ni stable, ni correctement rémunéré, ni même disponible ? Comment parler de projet de couple lorsqu’on se débat déjà avec un loyer, des transports, des dépenses de base ? Le mariage se retrouve coincé entre deux réalités : d’un côté, des carrières qui s’épanouissent ailleurs et éloignent les trajectoires personnelles ; de l’autre, un quotidien local qui épuise et retarde les décisions.

De là naît une conséquence que beaucoup observent, parfois avec gêne, parfois avec colère, souvent avec résignation : faute de Tunisiens «qui se présentent», faute d’hommes disponibles, installés, prêts et simplement présents, un certain nombre de jeunes femmes finissent par se tourner ailleurs. On voit davantage d’unions avec des étrangers — le plus souvent des Européens et des Turcs — non pas comme un caprice exotique, mais comme une issue, une possibilité concrète dans un paysage bloqué. Ce mouvement dérange parce qu’il touche à l’imaginaire collectif, mais il mérite d’être regardé sans hypocrisie : quand une société rend l’union difficile, quand elle retarde l’autonomie et raréfie les trajectoires stables, les choix affectifs se déplacent, eux aussi. Et ce déplacement, qu’on le déplore ou qu’on l’accepte, dit une chose simple : nos conditions économiques et sociales ne façonnent pas seulement nos dépenses, elles façonnent nos destinées.

La question ne concerne pas uniquement les jeunes. Elle touche aussi les parents, souvent pris entre deux feux : l’envie de faire «comme il faut» pour leurs enfants, et la réalité d’un budget qui ne suit plus. Beaucoup de pères et de mères vivent cela comme une obligation morale. Ils ne veulent pas «humilier» leur fille ou leur fils, ne veulent pas que le voisinage parle, ne veulent pas que les photos paraissent modestes. Cette peur du jugement social est un carburant puissant. Elle pousse à dépenser au-delà du raisonnable, à emprunter, à se priver, parfois à vendre, à se débrouiller. La tradition, dans ce cas, n’est plus un héritage apaisant, elle devient une pression collective déguisée en devoir.

Et il faut le dire clairement : nos traditions ne sont pas figées, elles ont toujours évolué. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est la direction de cette évolution. Elle ne va pas vers plus de sens, mais vers plus de mise en scène. Les réseaux sociaux ont amplifié ce phénomène comme un mégaphone permanent. Le mariage est devenu un événement médiatique à l’échelle de la famille : on filme, on partage, on compare. On ne célèbre plus seulement un couple, on produit un contenu. Dans cette logique, l’apparence prend le pas sur l’essentiel, et la simplicité devient suspecte. On ne se demande plus «qu’est-ce qui nous ressemble ?», mais «qu’est-ce qui impressionnera ?»

Les conséquences se voient déjà. On observe davantage de mariages réduits au strict minimum, de cérémonies reportées, de couples qui optent pour une officialisation discrète, parfois même pour un départ afin d’échapper aux attentes. On voit aussi des compromis inédits : un petit mariage civil suivi d’une fête plus tard «quand ça ira mieux», promesse souvent repoussée jusqu’à s’éteindre. 

 

On entend, dans les discussions ordinaires, une expression qui aurait choqué autrefois : «On va se marier simple». Comme si le simple devait être justifié, comme si la modestie était une anomalie.

Mais le vrai malaise n’est pas seulement matériel, il est culturel. Quand l’argent prend le contrôle de la tradition, il hiérarchise les gens. Il crée des mariages «haut de gamme» et des mariages «low cost», comme si l’un valait plus que l’autre. Il transforme un rite d’égalité, deux personnes qui s’unissent, en vitrine des écarts sociaux. Dans un pays où beaucoup peinent déjà à se loger, à se soigner, à assurer le quotidien, faire du mariage une compétition de dépenses revient à demander l’impossible à une partie de la société. Et cela finit par produire des injustices intimes : des couples qui s’aiment mais se séparent faute de moyens, des familles qui s’endurcissent, des relations qui s’empoisonnent autour de «qui va payer quoi».

Peut-être est-il temps de réhabiliter une idée simple, presque révolutionnaire dans le climat actuel : un mariage n’est pas une performance. Ce n’est pas une exposition, ni un concours, ni une occasion de prouver quoi que ce soit. C’est un pacte, un départ, parfois une seconde chance. Nos traditions peuvent retrouver leur dignité si nous acceptons de les libérer de la tyrannie de l’apparence. Si nous apprenons à célébrer sans ruiner, à inviter sans impressionner, à partager sans s’endetter. Ce ne sera pas facile, car le regard social est tenace, et l’habitude est confortable même quand elle nous écrase. Mais à force de transformer le mariage en luxe, nous risquons de le vider de ce qui faisait sa force : la communauté, la joie simple, et cette idée essentielle que l’amour, chez nous, pouvait encore être un bien commun.

 

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