Pour l’année scolaire 2025-2026 en Tunisie, la semaine bloquée (épreuves de synthèse écrites) du deuxième trimestre dans les collèges et les lycées est fixée du 2 au 7 mars 2026. Cette période succède aux devoirs de contrôle devant être achevés avant le 14 février et aux devoirs de synthèse (semaine avant bloquée) du 23 au 28 février. Cette année, cette période d’examens coïncide avec le mois de Ramadan, ce qui pourrait déteindre sur le rythme du travail et de révision chez la plupart de nos élèves.
En effet, la semaine bloquée programmée en plein mois de Ramadan crée des défis moraux et physiques majeurs, souvent liés à la gestion de l’énergie des élèves jeûneurs et ce, malgré les ajustements effectués par le ministère dans le calendrier scolaire pendant le mois saint, portant la séance d’une heure à 45 minutes. Cependant, on constate que ce changement d’horaire scolaire engendre un certain relâchement chez la majorité des élèves au point que souvent, ils s’absentent des cours.
Changement de rythme
Pendant le Ramadan, les élèves font face à la fatigue et à la soif, notamment en période d’examen qui nécessite compréhension, flexibilité et concentration. Les élèves jeûneurs, au collège ou au lycée, peuvent ressentir de la fatigue, affectant leur énergie physique et leur concentration pendant les cours ou les séances des devoirs de contrôle ou de synthèse. L’on sait que les élèves qui jeûnent peuvent ne pas être totalement concentrés sur ce qu’ils sont en train de faire pendant les cours ou les examens, souvent par manque de sommeil puisqu’ils veillent jusqu’à une heure tardive pendant le Ramadan, en se réveillant le matin avec une baisse d’énergie.
«Je n’ai jamais vraiment besoin d’étudier ou d’étudier beaucoup pendant le Ramadan, nous a confié un élève de 6e année secondaire, mais comme mes examens auront lieu pendant le Ramadan, les choses vont changer cette année. Je dois m’adapter aux nouvelles circonstances». En effet, c’est une question d’adaptation pour mieux affronter la fatigue et le manque de concentration en cette période de jeûne. Certains élèves sont pourtant déterminés à observer le jeûne pendant ce mois et ne veulent pas manquer ce devoir à cause des examens. Toujours est-il qu’ils ont besoin de conseils pour mieux affronter cette période afin de pouvoir réviser leurs leçons et passer leurs examens dans des conditions normales, des conseils qui les aideraient à mieux s’adapter au nouveau rythme.
Le revers de la médaille
Ce phénomène d’absentéisme prend de l’ampleur depuis le début de Ramadan, surtout parmi les lycéens. D’ailleurs, nous avons pu lire sur la page officielle Facebook du lycée d’Hammam-Lif cette mise en garde adressée par l’administration à tous les parents d’élèves les appelant à «bien suivre les absences répétées de leurs enfants et à contrôler leur présence aux cours, sachant que la scolarité de l’élève suppose le respect de l’organisation scolaire et des programmes officiels selon un calendrier bien déterminé que l’élève doit achever à temps pour bien affronter les examens, sans quoi les élèves absentéistes peuvent avoir de mauvais résultats, notamment les candidats au bac…».
On remarque donc que les élèves, surtout dans les lycées, s’absentent trop, en particulier depuis le début du mois de Ramadan. Ces absences sont en grande partie injustifiées, ce qui pourrait avoir un mauvais impact sur leurs performances dans les examens comptant pour ce deuxième trimestre, surtout que les cours continuent à être dispensés pendant la période qui précède la semaine bloquée et sont inclus dans les devoirs de synthèse. Ces élèves absents comptent souvent sur les cours particuliers ou sur leurs camarades présents dans les cours qu’ils ont ratés. Mais rien ne vaut une leçon en classe donnée par le professeur. Même les élèves candidats au baccalauréat ont tendance à s’absenter pendant les cours en cette période de jeûne, ce qui pourrait avoir un impact négatif, non seulement sur leurs résultats trimestriels, mais aussi sur leur préparation à cet examen national qui exige de l’élève une assiduité scolaire sans négliger certains aspects du programme officiel, sachant que le contenu des épreuves du bac portera sur tout le programme, supposé être achevé avant l’examen. Un cours raté ou négligé pourrait avoir des conséquences graves sur les résultats d’un élève absentéiste.
Et dire que, parfois, la nonchalance et la tolérance de l’administration scolaire pendant ce mois saint font que ces absences ne sont pas rigoureusement contrôlées ou sanctionnées, ce qui pousse certains élèves à récidiver. Les directeurs des établissements secondaires sont donc invités à surveiller en permanence l’assiduité des élèves et à prendre les mesures appropriées pour réduire ces absences injustifiées, notamment chez les élèves des classes terminales pendant le troisième trimestre pour que les programmes officiels puissent être achevés à temps.
Hechmi KHALLADI
