L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient d’éditer sur son site une publication intitulée «Aligning national drought plans with global and national policy frameworks» («Harmoniser les plans nationaux de lutte contre la sécheresse avec les cadres politiques mondiaux et nationaux»), se voulant fournir des orientations pratiques sur la manière d’harmoniser les plans nationaux de lutte contre la sécheresse (PNLS). Cette publication propose 12 études de cas nationales, dont celle de notre pays.
Dans sa publication «Aligning national drought plans with global and national policy frameworks» («Harmoniser les plans nationaux de lutte contre la sécheresse avec les cadres politiques mondiaux et nationaux»), la FAO considère l’harmonisation des politiques comme une condition essentielle pour passer d’une réponse réactive à la sécheresse à une gestion proactive et fondée sur les risques, conformément aux priorités nationales de développement et aux engagements internationaux.
Ce rapport présente, entre autres, douze études de cas nationales dans des contextes géographiques et institutionnels divers, ce qui permet de tirer des enseignements sur les points forts communs, les faiblesses persistantes et les bonnes pratiques émergentes.
Selon le document, bien que les capacités de suivi et techniques soient, généralement, bien développées, les conclusions révèlent des progrès plus lents en matière de gouvernance, d’inclusion sociale, d’égalité des sexes, de groupes vulnérables et de mesures progressives de lutte contre la sécheresse, ainsi qu’une intégration limitée dans des secteurs tels que la santé, l’énergie et l’éducation.
L’agriculture, axe prioritaire
Le rapport rappelle que notre pays a amorcé une transition d’une gestion réactive à une gestion proactive de la sécheresse à la fin des années 1980. Auparavant, la sécheresse était perçue comme un aléa naturel rare et ponctuel, justifiant ainsi des interventions d’urgence comme méthode appropriée de gestion des épisodes de sécheresse.
En ce qui concerne notre plan national de lutte contre la sécheresse ou, plus exactement, Plan National Sécheresse (dont la version définitive a été établie en novembre 2020), la publication indique qu’il présente de bons résultats en matière d’évaluation des risques, de prise en compte du genre et des groupes vulnérables, ainsi que de communication.
En effet, selon la publication de la FAO, notre PNS définit les politiques pertinentes dans les contextes international et infranational et propose des projections quantifiées et scientifiques des impacts potentiels et de la vulnérabilité aux épisodes de sécheresse. Il met l’accent sur l’agriculture comme axe prioritaire, mais examine également le lien entre la vulnérabilité de l’agriculture et les secteurs en amont et en aval.
Il souligne clairement l’importance de la prise en compte du genre, en insistant sur l’égalité des femmes et la participation des groupes vulnérables à la planification. Il aborde, également, la situation de vulnérabilité disproportionnée des femmes et l’impact de la sécheresse sur l’égalité des genres.
Au niveau de la communication et des actions de riposte en cas de sécheresse, notre PNS contient des informations sur les actions de riposte en cas de sécheresse et des orientations en matière de communication et de coordination. En l’absence de protocole de communication, il s’appuie sur un mécanisme aux responsabilités clairement définies. La formalisation d’un tel mécanisme renforcerait la capacité à déclarer et à communiquer l’état de sécheresse, ainsi qu’à mobiliser les ressources nécessaires.
Renforcer tous les éléments des actions requises
Le PNS comprend, donc, un plan d’action détaillé, précisant les objectifs des actions, les actions alternatives, le calendrier, les autorités responsables et les initiatives existantes pertinentes.
Selon le rapport, l’analyse des documents juridiques et politiques a permis d’identifier, pour notre pays, 8 conventions et accords internationaux, 6 engagements régionaux et infrarégionaux, et 12 documents de politique nationale, incluant des lois, des politiques, des programmes et des stratégie.
Toutefois, selon la publication, notre PNS révèle des lacunes au niveau du suivi, de l’évaluation d’impact et des indices de sécheresse, dans un contexte où celle-ci a des répercussions transversales, mais particulièrement sévères dans le secteur agricole.
D’autre part, il est indiqué que notre pays ne dispose pas d’agence ou d’unité indépendante dédiée à la gestion de la sécheresse et que, parmi les autres lacunes institutionnelles, figurent la faible coordination entre les acteurs -les rôles et les responsabilités de chaque agence restent flous en raison de l’implication de nombreuses directions et de leurs intérêts parfois divergents, et l’absence d’indicateurs de sécheresse fiables et validés.
Le rapport de la FAO préconise un renforcement comprenant tous les éléments des actions requises à différentes étapes, le suivi et l’évaluation des impacts sur les ressources en eau nationales, les considérations relatives aux normes sectorielles, la méthodologie d’évaluation de l’impact de la sécheresse, les indices de sécheresse, le suivi de la sécheresse, les prévisions, la collecte de données, les protocoles de communication, la priorisation de l’approvisionnement en eau pour tous à un prix abordable, la législation et l’aménagement du territoire.
Zouhour HARBAOUI
