Encombrement des trottoirs, circulation bloquée, piétons contraints à partager la chaussée avec les véhicules sont quelques conséquences de ce stationnement anarchique, voire sauvage qui pullule sur (presque) tous les trottoirs de la capitale. Hélas, ce mal est observé aussi la nuit, devenant un véritable casse-tête pour les piétons qui empruntent les trottoirs et qui se voient contraints de se déplacer sur la chaussée au risque de se faire heurter par des véhicules. Le stationnement anarchique crée d’énormes désagréments aux citoyens et aux automobilistes, lesquels éprouvent mille et une difficultés à pouvoir se frayer un passage.
Sur les bas-côtés des avenues et des rues dans les quartiers, les stationnements anarchiques des véhicules sur la voie publique causent des désagréments. Les «inconscients» qui se garent n’importe comment provoquent beaucoup d’accidents lorsque les conducteurs forcent le passage. Une situation difficile à expliquer et qui a été dénoncée des centaines de fois par toutes les franges de la société. Pour éviter cette anarchie et s’attaquer à ce fléau urbain, la capitale amorce un bras de fer contre l’anarchie routière. L’initiative vise donc à mettre fin à l’occupation abusive de l’espace public, qui perturbe la circulation et exaspère les habitants. Ainsi, les véhicules en infraction aux règles de stationnement, notamment à l’avenue Habib Bourguiba et les rues adjacentes, seront placés à la fourrière municipale de 20H00 à 01H00. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de ses efforts visant à faciliter la circulation à Tunis durant la deuxième quinzaine du mois de Ramadan 2026.
Un moyen dépassé et causant des dégâts
La municipalité de Tunis invite les automobilistes à respecter les règles de stationnement, afin d’éviter la mise en fourrière de leurs véhicules.
Mais l’usage du «chenguel» n’est plus compatible avec les évolutions technologiques du parc automobile national selon plusieurs usagers de la route. La grande majorité des voitures en Tunisie est équipée de boîtes de vitesse automatiques. Un remorquage anarchique entraîne la rupture du verrou de sécurité et endommage le système hydraulique et les engrenages internes. Il s’agit de dommages coûteux, pas toujours immédiatement visibles, susceptibles d’entraîner des litiges et d’importantes indemnisations à subir par les municipalités. Cette mise en fourrière peut provoquer aussi des dommages aux pare-chocs, avant et arrière, du véhicule, ainsi que des rayures sur la carrosserie.
Dans certains cas, cela peut même provoquer le renversement de véhicules lors de levages rapides et imprudents, en violation des normes internationales des constructeurs qui interdisent de soulever un véhicule sur un seul essieu pendant une période prolongée. Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne d’orientation des consommateurs, plaide pour l’adoption de solutions numériques telles que des applications mobiles ou des alertes électroniques afin d’améliorer la transparence et l’équité. «Nous demandons la suspension du système de mise en fourrière et son remplacement par un système d’amendes par vignette, similaire à ceux utilisés dans des pays développés. Ce système consiste à apposer des vignettes sur les pare-brise des véhicules en infraction, à documenter numériquement l’infraction et à relier ces contraventions à un système d’information centralisé. Les contraventions seraient ensuite perçues lors du paiement des taxes».
Kamel BOUAOUINA
