L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture vient de publier, dans le cadre du projet Biorest, le «Guide technique des bonnes pratiques en élevage camelin biologique», réalisé par des chercheurs de l’Institut des zones arides de Médenine. Un guide qui donne des conseils à ceux qui souhaitent se lancer dans cet élevage.
En présentation du «Guide technique des bonnes pratiques en élevage camelin biologique», écrit par des chercheurs de l’Institut des zones arides de Médenine, la FAO note que la quasi-totalité de notre cheptel camélidé qui, en 2024, comptait environ 52 mille femelles productrices détenues par 2.300 éleveurs, est élevée dans le cadre d’un système extensif pratiquant la transhumance sur environ 4 millions d’hectares de pâturages arides et désertiques situés dans le Centre et surtout dans le Sud du pays où il se nourrit, entre autres, d’espèces pastorales salées et/ou épineuses négligées par la plupart des autres animaux d’élevage.
Il est, également, indiqué que pendant les années de pénurie, les éleveurs ont recours à des compléments alimentaires à base de sous-produits locaux, à savoir le grignon d’olive et les dattes déclassées, ainsi que le son de blé et l’orge concassée. Dans ces conditions, la production de lait de chamelle est le produit principal, les peaux et les poils restant des produits secondaires.
En outre, au cours des vingt dernières années environ, de petits centres d’élevage de chamelles laitières ont vu le jour dans les oasis et les zones irriguées afin de répondre à la demande croissante de lait de chamelle, qui est vendu en vrac ou, plus rarement, conditionné après pasteurisation.
Ces petits centres font soit de l’élevage de chameaux élevés en pâturage, composés de femelles gestantes et d’autres femelles allaitantes, en plus des mâles reproducteurs et des jeunes chameaux qui n’ont pas encore atteint la puberté, soit ils sont des unités d’engraissement des chamelons, ils font les élevages de chamelles laitières destinées à la production de lait.
Il est rappelé que, chez nous, les dromadaires sont de race Maghrébi, une race autochtone reconnue pour sa remarquable capacité d’adaptation aux conditions arides et désertiques.
Pas à pas
Le guide mentionne que, à l’instar de toute activité agricole conduite selon le mode biologique, l’élevage camelin biologique doit s’appuyer sur la protection de l’environnement, la garantie du bien-être animal et la production d’aliments sains, tout en assurant l’absence de polluants dans l’environnement pastoral, ainsi que dans les compléments alimentaires fournis au troupeau.
Il est rappelé que les dromadaires contribuent à l’amendement naturel des sols : leurs fèces, en se décomposant, libèrent des nutriments indispensables au développement des plantes pastorales.
Ainsi, pour les auteurs, la création d’un élevage camelin Bio, chez nous, demande formation du propriétaire de projet (formation agricole dont le contenu doit être approuvé par le Centre technique d’agriculture biologique) choix des parcours et/ou terres, plan d’affaires et période de conversion de deux à trois ans.
Afin, entre autres, de maîtriser les besoins nutritionnels, de maintenir un bon état sanitaire et un niveau productif adéquat des dromadaires, il est préconisé une bonne gestion de l’élevage bio reposant sur la planification de toutes les activités tout au long du cycle productif.
En ce qui concerne la traçabilité, il est mentionné qu’elle est basée sur les identifications de l’exploitation, des animaux, des intrants, des produits et la détention des registres.
Le guide donne différents conseils à ceux qui veulent se lancer dans l’élevage camelin Bio, au niveau de la conduite de l’élevage et de la conservation et la commercialisation du lait de chamelle en mode biologique, tout en rappelant les textes législatifs relatifs à la création des unités d’élevage bio.
Zouhour HARBAOUI
