Certains cimetières ont connu une grande anarchie dans leur gestion pour être restreints à accueillir des morts sans leur assurer le moindre respect. Il est même difficile de se frayer un chemin pour visiter la tombe d’un parent ou d’un proche. L’Aïd el Fitr marque la fin de la rupture du jeûne, il est synonyme de convivialité et de joie. Cette joie ne fait pas oublier aux familles la visite de leurs morts. Ces visites sont un rituel ancestral. Malheureusement, les proches et amis des défunts sont souvent désagréablement surpris par l’état déplorable de nos cimetières, notamment celui de Nabeul. Il nous a été donné de constater de visu le piteux état de cet espace qui se dégrade de jour en jour.
Le constat est terrible, des détritus sont éparpillés un peu partout, des eaux usées y coulent, des bouteilles vides et autres objets jonchent ces espaces sacrés. Ces lieux funéraires ont ainsi des allures de décharges à ciel ouvert, et sont souvent le théâtre de nombreuses incivilités. Les herbes hautes et les broussailles barrent le chemin. Des tombes sont à l’abandon, éventrées, les inscriptions sont illisibles, d’autres sont recouvertes de déchets plastiques. Pas de nettoyage périodique, d’où la présence de plantes sauvages, de bouteilles vides… sans parler de l’absence de gardien. Le phénomène a pris une ampleur telle que les cimetières sont devenus des lieux de pâturage pour les vaches et les moutons. Heureusement que certaines familles se sont mobilisées ces derniers jours pour débarrasser le cimetière des broussailles encombrantes, des déchets, détritus et objets polluants qui y traînent.
Il y a énormément à faire !
En visitant nos cimetières, une impression se dégage : ces espaces de paix éternelle ne sont guère gérés. Avec le nombre croissant de décès enregistrés ces dernières années, la situation s’est sensiblement dégradée.
Cependant, cela n’excuse nullement ce laisser-aller caractérisant ces lieux sacrés. La société civile, les associations, les citoyens et les municipalités doivent conjuguer leurs efforts pour rendre à nos cimetières leur lustre d’antan. Il est important que les collectivités en charge des cimetières s’adaptent à ces nouvelles règles et mettent en place les moyens pour que les cimetières, comme d’ailleurs d’autres espaces urbains, demeurent des lieux bien entretenus, à la végétation maîtrisée et affichant une propreté de bon aloi. Certes, cela demande des moyens supplémentaires, car l’homme doit passer plus souvent pour tailler, arracher ou biner, mais il est absolument nécessaire que les maires et les associations d’environnement abordent cette demande avec volonté et enthousiasme, et non par contrainte.
Quelle raison avouable pourrait faire que l’entretien du cimetière soit sans cesse différé au prétexte de choses plus urgentes dans la commune ? Il devient important et urgent que les maires assument cette responsabilité de considérer les cimetières comme si c’était le jardin de la mairie. Cela est important pour la dignité des défunts qui y reposent. Cela est important aussi pour l’édile lui-même, car les visiteurs des cimetières sont aussi des électeurs et négliger ce lieu est souvent perçu comme une atteinte profonde et personnelle. Les familles qui ont inhumé des êtres chers ne peuvent accepter qu’ils reposent au milieu d’une jungle. Dès lors, il devient inacceptable que la Ville ne fasse pas l’effort d’entretenir les abords et les accès de nos cimetières.
Kamel BOUAOUINA
