Les prévisions de croissance pour certains marchés en développement pourraient être révisées à la baisse de près de 0,4 point de pourcentage lors des prochaines perspectives économiques régionales en juin si les prix de l’énergie restaient élevés, a déclaré la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. Les cours du pétrole se sont envolés depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran, lequel a riposté en fermant de fait le détroit stratégique d’Ormuz.
Le mois dernier, la banque indiquait tabler sur une croissance de 3,6% cette année et de 3,7% en 2027 pour la quarantaine de pays qu’elle couvre. L’institution a précisé que l’impact économique dépendra de la durée de la guerre au Moyen-Orient et de l’ampleur des dommages causés aux infrastructures énergétiques.
«Un maintien durable du baril de pétrole au-dessus de 100 dollars et des chaînes d’approvisionnement perturbées pourraient faire grimper l’inflation mondiale de plus de 1,5 point de pourcentage», indique la banque.
Le Liban, la Jordanie, l’Irak, l’Egypte, l’Ukraine, la Mongolie, le Sénégal, la Tunisie, la Moldavie, le Kenya, la Turquie et la Macédoine du Nord sont les économies les plus touchées dans les régions de la BERD, si l’on tient compte d’une multitude de facteurs allant de l’énergie et l’alimentation à la capacité budgétaire d’amortir le choc.
L’Egypte, le Maroc et le Sénégal présentent également à la fois d’importants déficits commerciaux énergétiques et des économies à forte intensité pétrolière, a noté la banque.
«Pour chaque hausse de 10 dollars du prix du baril, la Russie bénéficie d’une « manne de revenus » issus des ventes de pétrole, de gaz et d’engrais équivalente à 1,5 point de pourcentage du PIB de 2025», prévoit la BERD.
Toujours selon la BERD, les cours du pétrole pourraient atteindre 180 dollars le baril si l’offre de brut en provenance du Golfe restait limitée.
