Comme ce fut le cas lors du match inaugural de la présente série vouée au sacre final, les intentions aussi bien de l’Union Sportive Monastirienne que de la Jeunesse Sportive Kairouanaise n’ont pas changé d’un poil. A savoir l’impératif de ne pas vendanger l’avantage du parquet et de moissonner un deuxième succès de rang pour les Bleus, la nécessité d’empoigner sous le nez des maîtres de céans une indispensable victoire pour la Chabiba, condition sine qua non pour ambitionner un couronnement qui la fait tellement pâlir d’envie.
Après un game 1 dominé dans ses grandes lignes par les Usémistes mais qui aurait pu se conclure par un coup de théâtre, les deux équipes remettent, en rongeant leur frein, le couvert pour la cristallisation de leurs visées respectives. Dans leur antre du Mzali, les Ribatiens s’escrimeront à faire ce sans-faute qu’ils couvent tant du regard. Pour ce faire, ils s’évertueront à bonifier leurs points forts, à commencer par le prépondérant apport de leurs Américains de service, Troy Franklin, meneur et redoutable finisseur grâce à son adresse chirurgicale, et son compatriote Osiris Eldridge, son parfait émule dans ce même registre des tirs au-delà des 6,75 mètres, outre le colossal travail qu’il abat en défense. Toujours volet individualités, les Usémistes sont bien pourvus, à l’instar de Lahiani, un joueur complet, notamment dans l’équation intérieur/extérieur, Jaziri, concluant sur la périphérie, ainsi que Ben Yahia, Monsieur Block-Shot par excellence, incontestablement le meilleur pivot défensif tunisien. L’un des atouts majeurs de l’USM peut s’apparenter à ce véritable as dans la manche, qui n’est plus aussi ésotérique qu’il ne l’était il y a quelque temps, la teneur qualitative de son banc. Jugeons-en : Mhamli, Berrached, Addemi, Methnani, Ghayaza, de quoi composer un autre Cinq tout aussi performant pour se colleter pour tous les lauriers en jeu.
Un seul témoin fait-il la preuve ?
Ou plus communément, une hirondelle fait-elle à elle seule le printemps ? Allusion à brûle-pourpoint à ce phénoménal Jordan Jackson, un joueur aux inracontables qualités. Preste et véloce dans le jeu en transition, capable de perforer la défense adverse comme dans du beurre, se prévalant d’une détente explosive sous les cerceaux et sur la périphérie, d’une précision clinique dans l’exercice des tirs et, vertu singulière, preuve d’une force de caractère et d’un tempérament trempé, une impressionnante aptitude à prendre sur soi d’assumer ses responsabilités dans les moments critiques et décisifs d’un match. Dans certaines situations toutefois, comme quand il s’agit d’une opposition relevée, ça peut foirer, surtout lorsque ses compères trahissent une méforme d’un jour, comme cela s’est produit lors du game 1, allusion à la baisse de régime de certains joueurs-clés, Chihi, Mnafedh, Chabbouh et Ben Makhlouf à titre indicatif. C’est dire que pour faire sa fête à un antagoniste aussi bien taillé que le Cinq usémiste en son propre domicile, il faudra des Aghlabides à leur plein potentiel, outre la panacée tactico-stratégique à concocter par le coach kairouanais, Marouène Kechrid, pour faire davantage adhérer son maître d’œuvre, Jordan Jackson, au moule de l’équipe, la règle d’or en sport en général, notamment dans les disciplines collectives, étant de s’efforcer de mettre les qualités individuelles au service du collégial et du collaboratif. Alors, le sort en sera-t-il, pour une large part, jeté en cas d’un (2-0) au profit des Monastiriens ou assisterons-nous à un sensationnel coup d’audace kairouanais à la faveur d’une parité à (1-1) annonciatrice d’une belligérance épique au «Aziz Miled» pour le compte des games 3 et 4 ? Laissons sagement venir.
Wahid SMAOUI
Programme
Salle Mohamed Mzali de Monastir
17h00 : USM-JSK
