Nos deux arbitres internationaux Rochdi Zoghlami et Makram Ben Dahou viennent de rentrer au bercail, en provenance de l’Hexagone où ils ont eu l’insigne honneur d’avoir été choisis par la Fédération internationale de handball (IHF) et la Fédération française de handball pour d’abord siffler au cours du tournoi international de Tiby à Paris et ensuite diriger, pendant une semaine, des matchs des championnats de France professionnels hommes et dames. Du jamais vu dans la longue histoire de l’arbitrage tunisien. C’est d’autant plus vrai qu’il est rare, voire très rare, de voir le célèbre et très respectueux championnat de France ouvrir ses salles à des referees étrangers, non pas par orgueil ou par xénophobie, mais tout simplement parce qu’au pays de Voltaire, le corps arbitral, du moins en handball, est considéré comme une puissance mondiale qui a atteint, depuis longtemps, son autosuffisance en la matière.
Une belle confirmation
Or, ce qui est encore plus réconfortant et flatteur, c’est que les deux arbitres Zoghlami et Ben Dahou ont été, là-bas, de dignes ambassadeurs de l’arbitrage tunisien, en sortant, à chacune de leurs huit apparitions, un sans-faute des plus remarquables. En témoignent les bonnes impressions des organisateurs et les éloges de médias français. Considéré unanimement comme la meilleure paire arbitrale du pays, ce duo confirme ainsi, de la plus belle des manières, l’étendue de son talent et la richesse de son répertoire. Atouts qui lui ont permis, jusqu’à présent et en trois ans, d’officier dans deux championnats du monde, trois championnats d’Afrique, quatre championnats arabes et trois championnats méditerranéens. Un joli record.
Psychose
Il n’en demeure pas moins vrai qu’il y a une ombre dans ce tableau si lumineux. En effet, la lancinante question est posée de savoir pourquoi ces deux arbitres se distinguent à l’étranger et font des mécontents chez nous. Une véritable psychose qui a, malheureusement, la peau dure, dans la mesure où elle perdure depuis quelques années déjà. Faut-il blâmer les clubs pour leurs exigences démesurées et parfois insensées envers les arbitres qu’ils prennent, à la première défaite, pour des corrompus et des démolisseurs ? Ou faut-il condamner la DNA (direction nationale d’arbitrage) qui ne fait pas assez pour protéger les hommes du sifflet ? Ou encore, faut-il en déduire que ce corps est en train de payer la sale facture de sa désunion et de ses luttes internes, via le clanisme ?
Mohsen ZRIBI
