Menée (0-2) dans cette joute finale qui consacre le belligérant moissonnant le premier trois victoires dans sa gibecière, la Jeunesse Sportive Kairouanaise irait à vau-l’eau au cas où elle connaîtrait son Waterloo. Quant à son antagoniste, l’Union Sportive Monastirienne, pouvant faire fond sur ses deux succès initiaux, source de sérénité et d’équanimité, elle s’évertuera à mettre la touche finale à son ouvrage, sachant pertinemment qu’en cas de déboire, la pression changera de camp, son aspiration au couronnement étant de nature à se complexifier, voire s’ébrécher.
Au pied du mur subséquemment à leurs deux revers, les Kairouanais n’ont qu’une seule alternative, vaincre pour toujours exister ou échouer et péricliter. A vrai dire, les Aghlabides auraient pu se présenter pour le compte de cette troisième manche, la première dans leurs murs, dans des dispositions mentales et psychologiques autrementquiètes, n’ayant ployé à deux reprises que sur le fil du rasoir, soit (78-75) et (71-69), ne devant s’en prendre avant tout qu’à eux-mêmes pour avoir piètrement vendangé l’opportunité de happer sous le nez des Bleus, au Mzali même, au moins une victoire, notamment lors du game 2.
Nous n’allons pas pour l’heure mettre notre grain de sel dans les considérations arbitrales, controverse sur laquelle on épiloguera en temps opportun. Cela dit, la Chabiba peut légitimement se targuer de son aptitude à tanner le cuir à n’importe quel adversaire, comme elle l’a si éloquemment illustré face au Club Africain en demi-finale, au vu de la chatoyante brochette d’individualités qu’elle recèle en son sein. Et pour peu que les Dhif, Mnafedh, Chihi, Ben Makhlouf, ainsi que les deux étrangers de service, le Nigérian Francis Azolibé et surtout l’Américain, le stratosphérique Jordan Jackson, soient au meilleur de leur forme, l’assouvissement de leurs desiderata ne peut que suivre d’instinct.
Jour de couronnement ?
C’est ce à quoi s’attelleront fermement les Ribatiens. Il est vrai que les Bleus ont brillamment mené à termeleur opération «coup de poing» à domicile à la faveur du sang faute qu’ils ont accompli dans leurs murs. Une juteuse affaire qui leur autorise une relative laxité car même en cas de scénario catastrophe, soit deux défaites au Aziz Miled, la fameuse belle aura pour théâtre leur salle fétiche Mohamed Mzali, là où ils refusent, quasiment à tous les coups, tout compromis. Des extrapolations qui peuvent se révéler au final de véritables lubies, des pensées farfelues aux allures de «létaux» mécomptes.
Ce dont les Usémistes doivent être conscients, sachant pertinemment qu’une déconvenue en appelle une autre et tout le reste jusqu’à la… Bérézina. Raison pour laquelle les Franklin, Osiris, Lahiani et autres Ben Yahia mettront un point d’honneur à fixer le destin de cette finale irréversiblement ce soir même, à faire de ce jour, jour de sacre, de solennelle intronisation qui prendrait davantage d’éclat et de scintillement s’il prenait corps dans les entrailles mêmes du brasier du «Aziz Miled». Le miroitement d’un 10etitre de champion vaut sans conteste tous les sacrifices du monde, mérite les investissements de tout acabit, notamment physique, mental, psychique et dispositionnel. Un vœu pour abréger, qu’on espère nullement pieux, que le basket, avec toutes les vertus dont il se réclame, en sorte grandi.
Wahid SMAOUI
Programme
Salle Aziz Miled de Kairouan
17h00 : JSK-USM
