Le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour la Méditerranée orientale vient de publier une étude intitulée «Smartphone addiction and motor-cognitive performance among adolescents in Tunisia» («Dépendance aux smartphones et performances motrices et cognitives chez les adolescents tunisiens»). Dans cette étude, les auteurs, issus de différentes universités de chez nous, indiquent que la dépendance est devenue un problème de santé publique majeur.
Dans son volume 32 n° 2-2026 de l’Eastern Mediterranean Health Journal (EMHJ/Journal de santé de la Méditerranée orientale), le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé pour la Méditerranée orientale a édité un article de recherche étudiant les liens entre la dépendance aux smartphones et les performances motrices et cognitives chez nos adolescents.
Pour leur études, les auteurs, à savoir Mohamed Yaâkoubi, Ahmed Ghorbel, Anis Saddoud, Liwa Masmoudi, Omar Trabelsi, Faiçal Farhat et Adnene Gharbi ont examiné 270 élèves de trois collèges publics en milieu urbain et ce, entre décembre 2023 et mars 2024.
Pour les auteurs, l’usage intensif des smartphones chez les adolescents est devenu un enjeu majeur de santé publique, associé à des risques pour le développement moteur et cognitif.
Ils indiquent que l’addiction se manifeste, principalement, par une utilisation compulsive des symptômes de retrait et des perturbations du fonctionnement quotidien.
Il est mentionné que la surconsommation est liée à une réduction de l’activité physique, une augmentation de la sédentarité et des effets délétères sur la coordination, l’équilibre, la force musculaire, ainsi que sur les fonctions exécutives telles que l’attention, la mémoire de travail et la régulation émotionnelle.
Pour une compréhension globale des effets de l’usage numérique
Selon l’étude, des modifications neuroanatomiques (ayant rapport avec le système nerveux central), notamment une réduction de la matière grise dans le cervelet et une hypoactivation des régions sensorimotrices, sont associées à ces déficits.
D’autre part, l’usage excessif peut entraîner une baisse de la précision proprioceptive (lien spatial entre tous nos organes des sens), des troubles de l’équilibre dynamique et une altération de la motricité fine et de la vitesse de réaction, tout en affectant la flexibilité cognitive et le contrôle inhibiteur.
Pour faire face à ce problème de santé publique majeur, les auteurs recommandent, entre autres, des programmes scolaires intégrant la sensibilisation à la posture, la réduction du temps d’écran et la promotion d’activités physiques structurées, la mise en place d’outils numériques pour encourager des habitudes saines, combinée à des activités communautaires pour améliorer la santé neuromotrice et cognitive, une prise en compte des facteurs socioéconomiques, du sommeil et de la nutrition, et ce, pour une compréhension globale des effets de l’usage numérique.
Zouhour HARBAOUI
