Par Wahid SMAOUI
Le Mondial 2026 toque de plus en plus notablement à la porte. Et après une qualification plutôt mécanique de notre Onze national au vu de la fluette opposition livrée par des antagonistes plus malingres que malins et qui n’est pas sans nous rappeler la spirituelle saillie de Corneille ‘’A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire’’, nous chérissions l’espoir que le tableau final soit enjolivé, que nous nous extasions en lançant une salve de hourras et de vivats en nous époumonant : «C’est le pompon !» Allusion à la présence d’au moins un de nos arbitres à Kansas City ou à Guadalajara ou encore à Vancouver à titre indicatif. Que non ! Bernique ! Que nenni ! Et le football tunisien d’être vertement souffleté par une nouvelle avanie, un énième outrage : il y aura répartis sur les 16 stades qui abriteront la majestueuse nouba mondialiste, 11 aux Etats-Unis, 3 au Mexique et 2 au Canada, 52 arbitres centraux, 88 assistants et 30 arbitres VAR, soit 170 officiels de matchs parmi lesquels AUCUN Tunisien, pas le moindre soupçon d’un certain… Mehrez Melki, d’un tartempion de… Amir Loussif ou de M. untel de… Khalil Hassani ou encore d’un trucmuche de… Haythem Guirat, ni même la prestance de la gent féminine qu’incarnerait une… Dorsaf Ganouati. Tout ce beau linge, tout ce gotha de directeurs de jeu qui ont martyrisé les sportifs tunisiens, qui ont supplicié les puristes du football par leur iniquité, leur népotisme, leur scélératesse, bénéficiant d’un éhonté passe-droit, de faveurs indues, du parapluie de nébuleux barons du ballon rond.
Il ne faut pas être grand sorcier pour prophétiser ce tantième camouflet, quand toute une nation du football, menée à la baguette par des décideurs au pouvoir biaisé, censée être souveraine, présumée être souverainiste, se fait secourir par un étranger, fait accourir à son chevet un triste allogène pour se carrer confortablement sur le siège de notre arbitrage, pontifier à sa fantaisie, ou à celle de ses occultes parrains. Ne pas avoir l’honnêteté intellectuelle de confier les rênes de la DNA à un Tunisien, se cacher derrière un allochtone sous couvert de fallacieuse et de perfide neutralité, constituent la plus péremptoire des preuves du fricotage qui préside aux destinées de notre arbitrage. Et à chaque journée son funèbre cortège de magouilles, sur fond de clientélisme sans vergogne. Des vices qui ont cessé d’être cachés et qui sont ostensiblement étalés à la face du monde, au vu et au su justement de l’instance faîtière du football mondial, la FIFA, qui a exclu crûment et impétueusement l’arbitrage tunisien, au parfum qu’elle est des scandales qui l’érodent irréparablement, comme à titre d’exemple l’emprisonnement de l’ancien «taulier» de la FTF, des profondes crises structurelles et de confiance qui le sapent, de son criant décrochage techniquement parlant et de l’aveu d’impuissance à s’adapter aux nouvelles avancées de mise dans les stades du monde entier, notamment en matière de VAR, de la confiscation de notre football par des plateaux radio et TV transformés en Héliée athénienne, sorte de juridiction donnant à voir, en lieu et place d’édifiantes analyses techniques, des batailles judiciaires menées tambour battant par d’ardents défenseurs de clubs, dont une ribambelle de juristes, ceux notamment des plus cossus, à coups de communiqués… Ce dont la FIFA a régulièrement écho, décrétant tout naturellement sa sentence-couperet. Alors que l’Algérien Mustapha Ghorbel, le Marocain Redouane Jiyed, pour ne citer que des arbitres de pays voisins, et d’autres de nations qui, autrefois, ne nous arrivaient pas à la cheville, représenteront fièrement leurs pays, nos « hommes en noir », quand bien même ils porteraient des uniformes bigarrés, tremperont leur pain de larmes devant leurs postes TV. L’histoire d’une déshonorante déchéance, d’un ignominieux déclassement…
