«Le taux de remplissage des barrages du Cap Bon a atteint près de 97%, ce qui constitue un indicateur positif de l’amélioration de la situation hydrique globale», a annoncé le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, chargé des eaux, Hamadi Habaieb.
S’exprimant lors des travaux du Conseil régional de l’eau à Nabeul, le responsable a précisé que le système hydrique national est entré dans une phase se caractérisant par une amélioration progressive, après l’une des périodes les plus difficiles qu’a connues le pays au cours des six dernières années.
À cet égard, il a souligné que «les récentes précipitations ont contribué à renforcer les réserves en eau et à relever le niveau de plusieurs barrages stratégiques à des seuils rassurants».
Dans le prolongement de ces indicateurs encourageants, le secrétaire d’État a expliqué que cette amélioration devrait permettre d’alléger la pression sur le système de transfert des eaux du Nord, qui assure l’approvisionnement de plusieurs régions, notamment le Grand Tunis, le Sahel, Sfax et le gouvernorat de Nabeul. Il a, par ailleurs, insisté sur le fait que l’approvisionnement en eau potable demeure une priorité absolue, réaffirmant l’engagement du ministère à garantir un taux de desserte de 100%, en particulier à l’approche de la saison estivale, marquée par une hausse significative de la demande.
Toutefois, et malgré ces signaux positifs, il a mis en avant la nécessité d’adopter une approche intégrée dans la gestion des ressources en eau. Celle-ci repose notamment sur la bonne gouvernance, la rationalisation de la consommation, l’accélération de la mise en œuvre des projets programmés, ainsi que la valorisation des ressources non conventionnelles et le recours accru aux technologies modernes dans le domaine de l’irrigation.
Dans le même contexte, et afin de soutenir le secteur agricole, le secrétaire d’État a annoncé l’octroi d’une dotation exceptionnelle de 25 millions de mètres cubes d’eau des barrages au profit des périmètres irrigués publics du gouvernorat de Nabeul.
«Cette dotation fera l’objet d’un contrôle rigoureux afin de garantir son attribution aux bénéficiaires légitimes», a-t-il précisé.
Préservation de l’eau et modernisation des infrastructures hydrauliques : les priorités fixées par le président de la République
Ces mesures s’inscrivent, par ailleurs, dans le cadre des orientations fixées par le président de la République, Kaïs Saïed, qui avait souligné, lors de son entretien en mars 2026 avec le ministre de l’Agriculture, Ezzeddine Ben Cheikh, la nécessité de renforcer l’accompagnement des petits agriculteurs, notamment en matière d’intrants, d’encadrement technique et de capacités de stockage, à la suite des récentes pluies. Il a également indiqué que plusieurs indicateurs laissent entrevoir une récolte record cette année, après une longue période de sécheresse.
Dans cette même dynamique, le Chef de l’État a insisté sur l’importance de préserver les ressources en eau, d’assurer l’entretien régulier des barrages et de développer les lacs collinaires. Il a également appelé à une vigilance accrue, ainsi qu’à une meilleure communication avec les citoyens, notamment en cas de coupures temporaires d’eau, souvent liées à la dégradation des réseaux, particulièrement en période de forte chaleur.
Aménagement de 108 lacs collinaires : un investissement global estimé à près de 7 millions de dinars
Dans ce cadre, et en matière de lacs collinaires, le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche maritime a récemment annoncé la poursuite de la mise en œuvre d’un programme spécifique dédié à l’entretien et à l’aménagement de 108 lacs collinaires, pour un coût global estimé à près de 7 millions de dinars.
Selon un communiqué du ministère, ce programme vise à mobiliser, valoriser et protéger les ressources en eau, tout en soutenant le développement agricole. Il s’inscrit dans une stratégie globale d’entretien des lacs collinaires destinée à renforcer la sécurité des ouvrages hydrauliques et à garantir leur pérennité.
Ces infrastructures revêtent, à ce titre, une importance stratégique majeure, contribuant à la mobilisation des ressources hydriques, à la recharge des nappes phréatiques, à la protection contre les inondations, ainsi qu’au soutien des activités agricoles. Elles participent également à la préservation de la biodiversité et au maintien des équilibres écologiques.
Sur le plan régional, le gouvernorat de Béja a enregistré le lancement des travaux d’entretien de trois lacs collinaires. Celui de Bizerte, notamment au niveau de la délégation de Sejnane, a bénéficié d’interventions afin de renforcer la sécurité des ouvrages et d’améliorer leur efficacité.
À La Manouba, quatre lacs collinaires ont été entretenus, tandis qu’à Kairouan, les travaux d’entretien de onze lacs ont été lancés.
En outre, le ministère a indiqué qu’au cours de la saison 2024-2025, près de 110 lacs collinaires ont été entretenus, à travers des interventions réalisées en régie ou via des entreprises, selon des critères techniques, sociaux, économiques et environnementaux bien définis.
Nouha MAINSI
