L’exposition de Hella Louzir, intitulée « Architectures de lumière », qui se tient actuellement à la Galerie « Imagin » de Carthage Dermech, s’étend sur deux mois (mai-juin) pour permettre au public passionné de peinture à visiter l’exposition et à savourer les différents tableaux exposés où s’affiche la conception architecturale de l’artiste à propos de l’univers, utilisant la lumière comme un élément essentiel pour valoriser, modeler et transformer les espaces bâtis. En effet, pour Hella, l’architecture de lumière est pour l’artiste une discipline qui transcende le simple éclairage pour devenir un langage architectural à part entière. Elle joue un rôle clé dans la perception, la fonctionnalité et l’émotion des espaces, en utilisant la lumière comme un matériau vivant et dynamique.
En entrant dans la Galerie, le visiteur découvre de prime abord des tableaux couvrant les cimaises où la couleur bleue est dominante ; mais il comprendra aussitôt que cette couleur, associée à la lumière, est essentielle pour assurer un éclairage adéquat, améliorer le confort visuel et répondre aux besoins fonctionnels des espaces et des lieux peints, sur terre, dans le ciel ou dans la mer. C’est que la lumière en architecture joue un rôle important dans la conception de l’œuvre et elle influence l’ambiance intérieure et extérieure, jouant sur les émotions et le ressenti de l’artiste.
Tous les travaux de Hella regorgent de lumière, naturelle ou artificielle, passant pour un véritable matériau qui sculpte l’espace. Sur toutes les toiles, on peut voir, des jeux d’ombre et de lumière, des contrastes, des transparences et des reflets qui participent à la création architecturale. Grâce à ce jeu de lumière, l’artiste donne à ses œuvres une impression de volume et de profondeur. De même, à travers les toiles exposées, la lumière, où qu’elle se trouve, en mer, sur terre ou dans le ciel, symbolise le divin, la pureté, la sérénité et la transparence de l’âme. La palette chromatique est dominée par la couleur bleue et toutes ses nuances : cette couleur qui symbolise spiritualité et élévation, souvent associée au calme et à la sérénité, inspirant ainsi la paix intérieure et la tranquillité..
Dans cette exposition, Hella nous invite à un voyage de lumière sur la terre, en mer et dans le ciel. Mais ces éléments ne sont pas seulement des éléments physiques, mais des symboles profonds qui évoquent une large gamme d’expériences personnelles et d’émotions humaines. L’artiste s’en sert comme de puissants outils pour raconter des histoires ou des souvenirs, exprimer des émotions et réfléchir sur des questions existentielles, concernant la vie de l’homme dans cet univers immense, mystérieux et jusqu’ici inconnu. L’artiste, nous a parlé sommairement de sa vie d’enfance et de jeunesse avec beaucoup d’émotion et des longues années qu’elle avait passées à la Médina, notamment aux côtés de sa grand-mère, et de son installation en France (en Bretagne). Ces lieux l’ont certainement influencée. Ces souvenirs sont indélébiles pour elle et lui ont servi plus tard à un support de création artistique, basée sur l’architecture de lumière. Ce passé l’a sans doute marquée, si bien qu’elle en garde des empreintes, d’ailleurs assez visibles dans les différents tableaux exposés.
L’espace nous manque pour passer en revue toutes les œuvres de cette exposition et en parler en détails, nous nous bornerons à en citer quelques-unes pour laisser le soin au visiteur de découvrir lui-même la nouvelle approche artistique et architecturale de Hella Louzir, qui nous livre des travaux singuliers, donnant libre cours à l’interprétation et à la méditation. Le visiteur pourra ainsi contempler « Eureka », « l’Alchimiste », « Connexion », « Esprit de l’eau », « Sérénité », »Kharjet El Bahr », « Myriam », « Sidi Bou Saïd El Béji », « Médina Thérèse » et d’autres encore non moins évocateurs.
Hechmi KHALLADI







