Le ministère de l’Éducation a annoncé l’inauguration officielle du «Centre deuxième chance» à Béja. Une nouvelle structure qui s’inscrit dans le cadre des efforts visant à lutter contre l’abandon scolaire et à offrir de nouvelles perspectives aux jeunes ayant quitté les bancs de l’école.
«Ce projet éducatif s’inscrit pleinement dans les orientations de l’État social, qui place l’être humain au cœur de ses priorités», a affirmé le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri. Il a ainsi mis en avant la dimension sociale et inclusive de cette initiative, destinée à favoriser la réintégration éducative et professionnelle des jeunes.
Dans un communiqué, le ministère a précisé que cette structure représente une avancée qualitative dans le système national d’éducation et de formation. «Le centre cible les jeunes âgés de 12 à 18 ans en situation d’abandon scolaire, avec une capacité d’accueil estimée à 500 bénéficiaires par an», a souligné le ministère.
Réalisé pour un coût global avoisinant les 2 milliards, le ministère a indiqué que le projet couvrira le gouvernorat de Béja ainsi que les régions avoisinantes. Il offrira un espace éducatif alternatif permettant aux jeunes concernés de reprendre leur parcours scolaire tout en développant des compétences de vie et des aptitudes professionnelles favorisant leur intégration dans la société.
Dans ce contexte, le ministre a affirmé que le «Centre deuxième chance» véhicule un message clair, celui d’un accès au savoir qui doit demeurer ouvert à tous, sans exclusion. Il a également réitéré la volonté du ministère de généraliser cette expérience à l’ensemble des régions du pays, dans le but de renforcer l’équité éducative et de garantir l’égalité des chances.
4 centres opérationnels et 9.000 jeunes ciblés d’ici à la fin 2026
En effet, le programme de la deuxième chance poursuit progressivement son déploiement à travers les différentes régions du pays. À ce jour, quatre centres ont été mis en place en Tunisie, respectivement à Tunis, Kairouan, Gabès et Béja.
Lancé en 2018, ce programme s’inscrit dans le cadre de l’accord de partenariat signé le 6 mars 2018 entre le ministère de l’Éducation, le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi, le ministère des Affaires sociales, ainsi que l’UNICEF Tunisie.
Dans ce contexte, l’UNICEF Tunisie précise que ce dispositif vise à accompagner les adolescents âgés de 12 à 18 ans ayant quitté prématurément le système scolaire. L’objectif est de leur offrir un suivi individualisé permettant soit un retour à l’école, soit une orientation vers la formation professionnelle, voire, pour les plus de 16 ans, une insertion progressive dans le marché du travail.
Par ailleurs, le programme a bénéficié d’un nouveau soutien international visant à renforcer son déploiement. Le 29 mai 2024, l’UNICEF Tunisie a annoncé la signature d’un accord de partenariat avec la Coopération italienne, officialisant leur engagement commun en faveur du Programme national de l’Éducation de la deuxième chance. Cette initiative est mise en œuvre en collaboration avec les ministères de l’Éducation, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que des Affaires sociales.
Ce partenariat, qui se poursuivra jusqu’en décembre 2026, ambitionne de soutenir les efforts des autorités tunisiennes dans la consolidation et l’extension du programme à l’échelle nationale. À terme, près de 9.000 adolescents devraient bénéficier d’un accompagnement favorisant leur réinsertion scolaire, formative ou professionnelle.
UNICEF Tunisie : 73% seulement des adolescents achèvent le cycle obligatoire
Dans cette continuité, l’UNICEF Tunisie souligne que cette démarche intervient dans un contexte marqué par une hausse préoccupante du décrochage scolaire en Tunisie, notamment à partir du cycle du collège. Selon les données de l’organisation, seuls 73% des adolescents achèvent aujourd’hui le cycle obligatoire de l’enseignement. «Cette situation est d’autant plus alarmante qu’elle s’accompagne d’un taux de chômage des jeunes atteignant 40,2%, ce qui met en évidence l’urgence d’agir en faveur de cette catégorie», a alerté l’organisation.
Par ailleurs, l’UNICEF indique, sur la base des résultats de l’évaluation internationale des apprentissages (PISA 2015), ainsi que de l’enquête par grappes à indicateurs multiples (MICS 2023), qu’entre 63.000 et 100.000 enfants, tous niveaux confondus, abandonnent l’école chaque année en Tunisie, dont environ 30.000 ne disposent d’aucune alternative éducative ou de formation. En outre, près de 4% des enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent.
Nouha MAINSI
