Après la courte défaite face à l’Autriche et la prestation mi-figue, mi-raisin, les Tunisiens espéraient voir leur équipe nationale réagir sur le plan moral et faire bonne figure face à la Belgique. Mais leurs espoirs se sont effondrés au terme d’une rencontre à oublier au plus vite.
La défaite concédée samedi dernier par la sélection tunisienne face à la Belgique a mis à nu les choix erronés de Sabri Lamouchi. Des choix déjà controversés depuis l’annonce de la liste des convoqués pour le Mondial. Face à l’Autriche, loin d’être un foudre de guerre, l’équipe de Tunisie a été très quelconque, mais samedi face à la Belgique, elle a été tout simplement catastrophique à tous les niveaux.
A côté du sujet
Le sélectionneur national est passé très largement à côté de la plaque. A quelques jours de son premier match face à la Suède, Sabri Lamouchi tâtonne encore et continue à évaluer ses joueurs, alors qu’il devait aligner son équipe type, celle qui va disputer le premier match du Mondial.
Sabri Lamouchi a complètement dérapé en alignant des joueurs à des postes qui ne sont pas les leurs, à l’instar de Adem Arous qui n’a jamais évolué en latéral droit ou Mohamed Haj Mahmoud et Ismaël Gharbi, sans parler de la désorganisation totale au milieu du terrain avec des joueurs de couloir chargés de la couverture plutôt que de s’occuper de la construction, de la relance et de la création du surnombre à la possession du ballon.
En alignant Adem Arous en latéral droit, tout en laissant sur le banc les véritables titulaires de ce poste, Yan Valery et Moutaz Neffati, le sélectionneur a joué avec le feu et a précipité la débâcle de son équipe. Ainsi, nous avons vu Khalil Ayari et Elias Achouri jouer devant les latéraux, au lieu d’aller de l’avant et de créer le surnombre en attaque, et Ismaël Gharbi et Hazem Mastouri jouer sur la même ligne que les défenseurs centraux.
Statistiques décevantes
Les statistiques de la rencontre face à la Belgique sont nettement défavorables à la Tunisie qui a été accréditée de 30% de possession du ballon et cela s’est répercuté sur ses performances. Dans ce même registre, les Tunisiens n’ont frappé au but que 6 fois avec un seul tir cadré contre 23 tirs pour les Belges dont 11 étaient cadrés. Toujours avec les chiffres, la Belgique a bénéficié de 14 corners sans en concéder le moindre et, là aussi, ce sont les choix de Sabri Lamouchi qui sont remis en question. Des choix qu’il a lui-même considérés hors sujet lors de la conférence de presse après la rencontre. Le sélectionneur a estimé qu’il n’y avait rien de positif et que beaucoup de choses devaient être revues avant le premier match au Mexique.
Des choix inappropriés
Mais la défaite et la manière ont visiblement affecté le moral des joueurs déjà pas au mieux de leur forme physique, très mal préparés sur le plan mental et sans armes devant un adversaire considéré à juste titre comme l’une des meilleures équipes d’Europe et composé de joueurs de très haut niveau. Sans vouloir revenir sur les choix de Sabri Lamouchi au moment d’arrêter la liste des partants au mondial déjà très contestés, nous estimons que sa lecture du jeu, son approche tactique, sa conception du jeu et ses différents choix ne correspondent nullement à une équipe qui dispute dans les prochains jours le mondial. Ses excuses faites à la fin de la rencontre ne suffisent nullement à réparer le mal qu’il a causé à l’équipe de Tunisie qui a généralement réussi ses sorties face aux équipes européennes.
Le mal est fait
Si Sabri Lamouchi assume une grande responsabilité dans cette défaite, les joueurs ont leur part de responsabilité, à commencer par Khalil Ayari qui a joué pour sa propre personne. Individualiste, fantaisiste, le jeune joueur du PSG n’a été d’aucune utilité pour l’équipe. Hazem Mastouri et son remplaçant Firas Chaouat ont été deux des maillons faibles de l’équipe et avec leur manière de jouer et les choix tactiques de Sabri Lamouchi, il ne faut certainement pas s’attendre à des miracles de leur part.
Le jeune âge et le manque d’expérience peuvent être considérés comme des circonstances atténuantes pour plusieurs joueurs jetés dans la gueule du loup par leur entraîneur et qui ont besoin de temps d’adaptation avec l’équipe de Tunisie et son environnement, le temps de trouver leurs repères. Leur convocation à ce mondial semble très précoce.
Aujourd’hui, le mal est fait et il n’est nullement question de faire marche arrière, le plus important est de trouver les mots nécessaires pour retaper le moral des joueurs, soigner leur mental et leur faire oublier cette déroute.
Reste à espérer que Sabri Lamouchi parviendra à redresser la barre, à adopter une approche tactique qui ressemble mieux au profil des joueurs dont il assume la responsabilité de la présence à ce mondial.
Hédi RASSAÂ
