Les élections de la Fédération Tunisienne de Handball (FTHB) ayant vécu, place maintenant au travail pour espérer réaliser les objectifs de la campagne électorale et, par là, répondre aux attentes des clubs. Le message s’adresse évidemment à «la liste de la continuité et de la réussite», qui a survolé le scrutin du 6 juin, réussissant une victoire écrasante jugée unanimement «amplement méritée». En bénéficiant d’une si large confiance (près de 72% des suffrages), cette liste devra obligatoirement prouver qu’elle méritait son triomphe, et cela passe inéluctablement par la réalité du terrain où la priorité des priorités est accordée aux résultats concrets et à rien d’autre. Plus jamais donc de mots et de promesses sans lendemain.
Du pain sur la planche
Le temps de savourer la victoire et voilà Karim Helali et son équipe assis sur une montagne de défis à relever, dont le plus important demeure, bien sûr, la récupération, désormais obsessionnelle, du trophée africain qu’on n’a plus gagné depuis huit ans, toutes catégories confondues. Cette longue traversée du désert qui frise la fatalité, devra s’arrêter, et le plus tôt sera le mieux. Or, à titre de comparaison, l’Égypte a également mis huit ans pour bâtir son grand empire qui règne aujourd’hui majestueusement et sans partage sur le handball africain. Mais, la différence entre eux et nous est que, au pays des Pyramides, c’est uniquement l’Etat qui s’est profondément impliqué, en faisant de la petite sphère son principal cheval de bataille dans le domaine sportif.
Viennent ensuite les autres défis non moins audacieux qui s’articulent essentiellement autour des axes suivants :
-l’infrastructure où l’on constate une baisse galopante du nombre de salles disponibles, d’où le report fréquent de matchs,
– l’arbitrage : certes, le nombre de referees est passé de 96 en 2022 à 336 en 2026. Mais, ce joli bond demeure insuffisant par rapport au nombre sans cesse croissant de clubs, de licenciés et donc de rencontres à programmer tous les week-ends,
– les finances : là aussi, les chiffres, bien qu’ayant récemment viré au vert, sont impérieusement à améliorer pour espérer pouvoir financer les obligations internationales, africaines, arabes et méditerranéennes de plus en plus régulières des différentes sélections. Pour ce faire, d’autres sources de revenus sont à dénicher auprès des sponsors,
– les sélections des jeunes (filles et garçons) : celles-ci qui constituent un investissement sûr dans l’avenir, devront continuer de bénéficier d’un intérêt et d’un suivi constants, avec notamment plus d’ouverture sur l’Europe, passage obligé vers la progression et la maturité,
– la formation : étant donné que les clubs jouent un rôle prépondérant dans ce domaine, en dépit de la crise financière chronique dans laquelle ils se débattent, le nouveau bureau fédéral est appelé à intervenir en leur faveur, via des aides en équipements sportifs et des facilités de paiement pour les achats de licences et les droits d’inscription,
– l’encadrement technique : outre la nécessité de renforcer le rôle du directeur technique national adjoint, chargé de la formation et de la coordination entre les équipes nationales, Sami Saïdi, il est temps d’opérer une purge à la tête de certaines sélections dont les entraîneurs n’ont vraiment plus rien à donner.
Mohsen ZRIBI
