Le Bureau régional de la Méditerranée orientale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a, tout récemment, publié la seconde édition de son «Guide pour la mise en œuvre de l’approche fondée sur le nexus humanitaire-développement-paix en faveur de la santé». Feedback pour notre pays.
Pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), malgré un consensus croissant sur la valeur de l’approche fondée sur le nexus humanitaire-développement-paix (nexus HDP) ou «Nouvelle méthode de travail», des orientations pratiques sur la manière de l’appliquer efficacement dans le secteur de la santé font défaut depuis longtemps.
Il est expliqué que cette approche vise à tirer parti des avantages comparatifs de différents acteurs pour améliorer l’efficacité et la pérennité, réduire les doubles emplois et les lacunes dans la prestation de services, s’attaquer aux causes profondes des urgences et soutenir les transitions de l’intervention humanitaire à la stabilisation, au relèvement et au développement.
C’est pour combler cette lacune que l’OMS a conçu un guide pour être un outil pratique destiné à soutenir la mise en œuvre de l’approche fondée sur le nexus HDP dans les contextes liés à la santé. A rappeler que la première édition, publiée en 2020, avait pour objectif d’aider les acteurs de la santé à mettre en œuvre l’approche de manière coordonnée et multisectorielle. Depuis, des progrès ont été réalisés dans la compréhension et l’application de cette approche.
La deuxième édition qui a récemment été éditée, s’appuie sur les bases du guide original et intègre l’évolution récente du domaine ainsi que l’apprentissage pratique afin de maintenir la pertinence et l’efficacité de l’approche.
Dans l’encadré réservé à notre pays, sous le titre «Le dialogue sociétal pour la réforme du système de santé en Tunisie après la révolution du jasmin», l’on peut lire que, dans le cadre du Partenariat pour la couverture sanitaire universelle, l’OMS a facilité le dialogue sociétal en faveur de la réforme du système de santé, un processus de consultation ambitieux et inclusif visant à impliquer les citoyens et la société civile dans la refonte du système.
Importance du Livre blanc
Cette initiative visait non seulement à améliorer la prestation des soins de santé mais aussi à rebâtir la confiance entre les citoyens et notre gouvernement, de façon à contribuer à la paix et à la stabilité au lendemain de la révolution.
Il est mentionné que la première phase du dialogue sociétal, qui s’est achevée en 2014, a donné lieu à de vastes consultations à l’échelle du pays. Des organisations de la société civile et des citoyens ont participé à des milliers de réunions organisées dans divers gouvernorats pour recenser les problèmes rencontrés dans le secteur de la santé et évaluer les positions du public à l’égard de réformes potentielles. Une attention particulière a été accordée aux populations vulnérables et marginalisées, notamment les patients à faible revenu vivant en zone urbaine, les mères célibataires et les familles vivant dans des zones industrielles polluées.
D’autre part, il est rappelé qu’un Livre blanc pour le secteur de la santé a vu le jour et a jeté les bases de l’alignement du système de santé sur les besoins des citoyens, en se concentrant sur l’amélioration de l’accès à des soins de santé de qualité et abordables.
La deuxième phase du dialogue sociétal, qui a débuté en juillet 2017, visait à concrétiser les recommandations du Livre blanc en élaborant la première politique nationale participative de santé de notre pays pour 2030. La société civile et les jurys citoyens ont, encore, été activement impliqués, reflétant un engagement continu envers la gouvernance participative et le processus décisionnaire inclusif.
Le guide indique que la progression structurée de recommandations axées sur les citoyens vers une politique de santé nationale formalisée a mis en évidence une approche efficace de la mise en œuvre des réformes ancrées dans le consensus public.
L’OMS a joué un rôle au cours des deux phases du dialogue sociétal et ce, en facilitant les consultations, en offrant une assistance technique et en favorisant un processus décisionnaire inclusif, pour faire en sorte que les efforts de réforme soient complets et conformes aux meilleures pratiques internationales.
Pour l’OMS, en favorisant la gouvernance participative, en rétablissant la confiance et en assurant l’élaboration de politiques inclusives, l’initiative a non seulementamélioré les résultats sanitaires, mais a également contribué à la cohésion et à la stabilité sociales dans un contexte post-révolutionnaire.
Zouhour HARBAOUI
