Chaque mois de juin depuis 2021, le festival labo théâtre transforme Korba et ses environs en un vaste terrain d’expérimentation où la culture ne se contente pas d’occuper des salles, mais s’infiltre partout, jusque dans les lieux les plus inattendus.Le coup d’envoi du Festival du théâtre laboratoire de Korba , qui s’étalera jusqu’au 19 juin, a été donné, lundi soir, au Centre Culturel Hassan Zegouli de Korba, en présence de comédiens, d’artistes, d’auteurs, ainsi que d’une foule nombreuse venue assister à cet évènement culturel.
Organisé en partenariat avec le Centre Culturel Hassan Zegouli de Korba et le Centre des Arts Dramatiques et du Spectacle de Nabeul, sous l’égide de la Délégation Régionale aux Affaires Culturelles de Nabeul, le festival qui a pour thème « Théâtre et Espaces Alternatifs propose une série d’ateliers et de représentations théâtrales et offre également aux jeunes des laboratoires de théâtre participants l’opportunité de se rencontrer et d’échanger. Décentraliser, explorer, faire dialoguer les disciplines et les publics, le festival agit comme un révélateur. Théâtre, musique, danse, performance, arts visuels, tout cohabite, se croise, se répond. Korba refuse les frontières, qu’elles soient disciplinaires ou géographiques. Le festival rassemble des publics qui ne se croisent pas forcément le reste de l’année.
Le festival, dédié aux laboratoires de théâtre au sein des institutions culturelles, s’est ouvert avec une représentation de « Rawdat Al-Ushaaq » (Le Jardin des Amoureux) de l’artiste Moez Achouri. Le festival de cette année s’adresse à 32 jeunes stagiaires issus de sept institutions de formation théâtrale : les Centres des arts dramatiques et du spectacle de Nabeul, Sfax, Zaghouan et Béja, ainsi que l’espace privé « Small Theatre Space » à Medenine, l’Espace Artu à Médenine et le Laboratoire de recherche à Korba. Au programme plusieurs ateliers de formation présentés au café Sidi Maaouia à Korba., répartis en quatre laboratoires : un atelier de mise en scène dans des espaces municipaux avec le comédien et metteur en scène Houssem Sahli ; un atelier de diction corporelle pour acteurs avec le professeur Moez Hamza ; un atelier de voix et de diction rythmique avec le chanteur d’opéra Montasser Bazaz et un atelier de scénographie numérique avec le professeur Abdelkrim Dhaifallah.
Pourquoi le nom de « Laboratoire théâtrale» ?
Parce que le Laboratoire est un lieu d’expérimentation.Un espace où l’acteur peut tenter, analyser, se tromper, recommencer, et ainsi révéler tout son potentiel.Un lieu où l’échec devient une étape nécessaire de la création.Le théâtre Laboratoire de propose différents « LAB », conçus pour accompagner chaque comédienne et comédien dans son parcours artistique. Sa pédagogie allie exigence et liberté, rigueur et créativité, pour permettre à chacun de trouver sa singularité
Monji Lamloumi, directeur artistique du Festival de Théâtre Laboratoire, a déclaré que le thème de la cinquième édition, « Le théâtre de laboratoire dans les espaces alternatifs », englobe diverses dimensions, notamment le rapport de l’acteur au rythme, à la scénographie et à l’aménagement de l’espace non théâtral. Il a expliqué que travailler avec le concept d’espace alternatif peut constituer une solution au problème auquel est confronté le secteur en Tunisie : la reconstruction ou la restauration des espaces culturels (centres culturels, théâtres de plein air).
Houssem Sahli, animateur de l’atelier de mise en scène du Festival de théâtre Laboratoire, a souligné que les laboratoires représentent une approche novatrice, servant de centres de recherche pour tous les aspects du métier d’acteur et de professionnel du théâtre en transition entre le statut d’amateur et de professionnel. Il a ajouté que le festival s’adresse à un public de jeunes issus de centres d’art dramatique et de spectacle vivant, ainsi que de certains centres privés. Il a insisté sur l’importance de ce festival pour l’exploration des enjeux théâtraux à travers un dialogue participatif et interactif, et a précisé que la sélection de cette édition privilégie le travail avec des espaces alternatifs, dépassant les limites des salles de théâtre classiques comme la loge, et allant à la rencontre du public dans son intimité.
Kamel Bouaouina
