Par Wahid SMAOUI
De quoi donner le change ? Coup d’épée dans l’eau car quoi qu’il en soit, on n’a plus rien à perdre au change étant bien rentré dans le moule de padischahs fédéraux improbes, véreux et aux âmes vénales. La grande originalité des Tunisiens, aux relents plutôt qu’aux effluves d’excentricité, c’est cette faculté de tourner comme une girouette, faisant accroire à autrui une véritable révolution aux effets prodigieux, alors qu’on ne fait que pédaler dans la semoule. Un nouveau bureau fédéral ? Un tissu de balivernes. Une procession d’entraîneurs, un clou chassant l’autre ? Un chapelet de sornettes. Un projet sportif gravé dans la pierre ? Une minable gasconnade. Qui plus est sous forme de ballons d’essai destinés à prendre la température ambiante et surtout à refréner l’impétuosité de certains clubs, notamment les relégués, l’ASS et la JSK qui, encouragés par le discrédit et le décri qui ont frappé la FTF et ses suppôts suite à leur ignominieuse campagne mondialiste, ont mené contre eux une véritable cabale, les accusant de prévarication et criant haro sur le caractère irrégulier, illicite et frauduleux de la compétition.
A ce propos, qu’en est-il du recours formulé par le Stade Tunisien auprès du Tribunal arbitral du sport dans son litige avec l’Olympique de Béja ? Une démarche qui, en cas de succès, aurait envoyé les Cigognes paître en Ligue 2 contre le repêchage d’une Chabiba fortement prétéritée tout au long du défunt exercice. L’instance faîtière de Lausanne a tout simplement rejeté la doléance stadiste non pas pour un quelconque vice de procédure, le dossier rouge et vert étant proprement ficelé, mais pour, figurez-vous, non-paiement des frais d’arbitrage dans les délais impartis, le 2e virement de 6.000 CHF ayant été effectué le 17 juillet au lieu du 8 juillet. Alors, simple mais tout autant répréhensible laxisme du bureau directeur stadiste ou permissivité délibérée sous de sibyllines injonctions ? Pour revenir aux fameuses hâbleries fédérales, il y a lieu d’évoquer cet œuf de Colomb, ce trait de génie, cette trouvaille lumineuse qu’on a prêtés au libre arbitre de nos vénérables mandarins, consistant à concocter une Ligue 1 à 20 clubs répartis en deux poules de 10 avec comme canevas tout le saint-frusquin de play-off, play-out, super play-off, super play-out et tout le tintouin connexe. Jouant sur le facteur temps, usant à loisir la montre, l’auguste BF aurait ri sous sa moustache, croyant avoir fait avaler des couleuvres à notre phalange de clubs insurgés et partant, au bon peuple.
Mais si notre belle compagnie in extenso a fini par jeter bas les armes, ce n’est pas par nigauderie, crédulité ou jobarderie, mais par désenchantement, fatalisme et abattement. La médiocratie ayant mis en lambeaux la méritocratie, le cœur n’y est plus, la passion est partie, l’ardeur vient à terriblement manquer. Illusoire «retour à la sérénité» et fallacieux «rétablissement de l’ordre» aidant, nos pontifes fédéraux mettent présentement la dernière main au tirage au sort du calendrier de la nouvelle saison 2026-2027 qui aura lieu le mercredi 29 juillet 2026 à 11h00 à la salle des conférences de la Direction Nationale de l’Arbitrage. Et s’il est vrai que l’espace dédié à la DNA se trouve au sein même du siège de la FTF, et qu’il se prévaut de la logistique requise pour accueillir les événements de tout acabit, rien que l’évocation du mot «arbitrage» a de quoi soulever le cœur. Un signe avant-coureur des sempiternelles et nauséeuses fadaises à venir…
