Comme nous l’avions annoncé en exclusivité il y a deux semaines sur ces mêmes colonnes, la Fédération Tunisienne de Handball (FTHB) a, dans un communiqué officiel publié avant-hier, confirmé la nomination de Soumaya Abid à la tête de la direction nationale d’arbitrage (DNA). Une première dans l’histoire de ce sport en Tunisie, dans la mesure où, de tout temps, cette structure a été la chasse gardée des hommes qui s’y relayaient, via un monopole continu qui déplaisait énormément à la gent féminine. Rappelons, pour la petite histoire, que la DNA (ex-commission centrale de l’arbitrage) a été dirigée, depuis les années 70 et jusqu’ici, par Hédi Malek, Abderrazek Naccache, Yassine Boudhina, Rached Laâjimi, Noureddine Hsouna, Ghazi Chehida, Adel Othman, Lassaâd Hlaïem et Néjib Cherif.
Que fera la dame de fer ?
A la lecture de la composition de la nouvelle équipe de la DNA, on relève les constatations suivantes : départ de Abdallah Ben Yahmed, retour de Tarek Chebil, maintien de cinq des dix présidents de commissions et création de trois nouveaux postes (préparateur physique, arbitrage de beach handball et responsable administratif). Nul doute, oserions-nous écrire, que cette ossature new-look porte l’empreinte de la nouvelle patronne de la DNA qui, apprend-on, aurait posé des conditions avant d’accepter sa nomination. Et il n’y a pas lieu de s’en étonner, Soumaya Abid étant connue dans les milieux handballistiques du pays pour sa forte personnalité, la défense acharnée de ses positions et la protection orgueilleuse de ses convictions. Ex-handballeuse, la Mokninoise, la progéniture de l’ancien arbitre Moncef Abid, a tôt fait d’opter pour le sifflet (tel père, telle fille) pour s’embarquer alors dans une longue carrière couronnée du grade d’arbitre international, avant de défoncer plus tard les portes de l’IHF (fédération internationale de handball) et de la CAHB (confédération africaine de handball) pour devenir déléguée des rencontres et formatrice de referees, d’où sa désignation régulière dans les championnats continentaux, régionaux et mondiaux. Soit un CV XXL qui lui permettra sûrement d’apporter le plus escompté au corps malade de notre arbitrage. Main de fer dans un gant de velours, Soumaya Abid, surnommée «la dame de fer», est bien partie pour relever ce défi inédit et prouver, par là, que par les temps qui courent, les œuvres d’assainissement, d’humanisation et de reconstruction dans tous les domaines ne sont plus seulement l’apanage des hommes. Bonne chance.
Mohsen ZRIBI
