Un arrêté conjoint du ministre des Affaires sociales et de la ministre des Finances, daté du 5 août 2026, portant modification de l’arrêté du 10 juillet 2024 relatif à l’augmentation de l’allocation monétaire accordée aux catégories pauvres, a été publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) le 7 août 2026.
En vertu de ce nouveau texte, l’allocation monétaire mensuelle accordée aux catégories pauvres, fixée à 260 dinars, est désormais relevée à 280 dinars.
Le texte précise toutefois que le montant de cette allocation ne peut dépasser celui des transferts monétaires mensuels directs accordés dans le cadre du programme «Amen Social», désormais fixé à 280 dinars.
«Cette nouvelle mesure prend effet à compter du 1er janvier 2026», conformément aux dispositions de l’arrêté.
À ce titre, il convient de rappeler que l’article premier de l’arrêté conjoint du 10 juillet 2024, portant augmentation de l’allocation monétaire accordée aux catégories pauvres, prévoyait déjà une revalorisation de cette allocation, qui était alors fixée à 180 dinars et qui avait été portée à 240 dinars.
En outre, une nouvelle revalorisation était intervenue en 2025. En effet, un arrêté conjoint du ministre des Affaires sociales et de la ministre des Finances, daté du 29 août 2025 et modifiant l’arrêté du 10 juillet 2024, avait porté le montant de l’allocation monétaire mensuelle de 240 à 260 dinars.
Cette nouvelle augmentation des allocations accordées aux catégories pauvres s’inscrit dans le cadre du renforcement du rôle social de l’État, une orientation régulièrement mise en avant par le président de la République, Kaïs Saïed, et érigée en l’un des principaux axes de la politique sociale et économique du pays.
Cette orientation a notamment guidé l’élaboration de la loi de Finances pour 2026 et figure également parmi les grandes lignes du projet de loi de Finances pour 2027, récemment présentées par la Présidence du gouvernement.
Dans ce cadre, les orientations retenues prévoient notamment de poursuivre le renforcement du rôle social de l’État, à travers une meilleure prise en charge des catégories à revenus limités et des catégories vulnérables, l’amélioration de leur pouvoir d’achat ainsi que le renforcement de la qualité des services publics.
380.000 bénéficiaires en 2025, contre 263.000 en 2021
S’agissant des bénéficiaires des allocations sociales, lors des discussions du projet de loi de Finances pour 2026 à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le ministre des Affaires sociales, Issam Lahmar, avait indiqué qu’en février 2025, le nombre total de bénéficiaires des allocations mensuelles avait atteint environ 380.000 personnes, soit près de 12% de la population, contre 263.000 personnes, représentant 8% de la population, en 2021.
«Une augmentation nette de 117.000 bénéficiaires, soit une progression d’environ 31% en quatre ans», avait-il précisé.
Dans ce contexte, le ministre avait rappelé que le programme «Amen Social» regroupe un ensemble de prestations destinées à soutenir les familles à faible revenu et à renforcer la cohésion sociale. «Le dispositif comprend notamment la gratuité des soins et l’accès aux soins à tarif réduit, dont bénéficient environ un million de familles», avait-il souligné.
Par ailleurs, le ministre avait indiqué que le dispositif comprend également un programme d’autonomisation économique destiné aux personnes inscrites au régime d’aide sociale. Celui-ci bénéficiait alors à 1.080 personnes, avec pour objectif de favoriser leur inclusion économique et leur autonomie financière.
En ce qui concerne le nombre de familles pauvres, selon les dernières données communiquées par le ministère des Affaires sociales en 2022, la Tunisie comptait environ 963.000 familles pauvres et à revenu limité.
Nouha MAINSI
