Dans un contexte marqué par la hausse des prix du secteur de l’immobilier, tant à l’achat qu’à la location, la question de l’accès à un logement décent figure parmi les principales priorités du projet de loi de finances pour l’année 2027.
Le document présenté par le gouvernement à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) relatif au projet de budget économique pour l’année 2027, présente l’accès à un logement décent comme l’une des composantes essentielles du rôle social de l’État, compte tenu de son importance dans la réalisation de la stabilité sociale.
«La politique du logement s’oriente vers l’accélération de la mise en œuvre des programmes immobiliers et sociaux lancés en 2026», précise le document.
Remplacement des habitations précaires
Le programme spécifique aux logements sociaux, dans sa composante consacrée au remplacement des habitations précaires, qui vise à éradiquer les logements rudimentaires et à les remplacer par de nouvelles constructions, prévoit la réalisation d’environ 10.190 logements.
Selon le document, des conventions ont été conclues à cet effet pour un coût global de 218 millions de dinars, dont 7.641 logements ont déjà été réalisés.
En outre, conformément au Plan de développement 2026-2030, la réalisation de 2.916 logements supplémentaires a été programmée dans 20 gouvernorats, dans le cadre de nouvelles conventions.
Pour l’année 2026, la construction de 1.003 nouveaux logements destinés à remplacer les habitations précaires a été programmée dans neuf gouvernorats.
«À ce jour, 625 bénéficiaires ont été approuvés pour bénéficier du remplacement de leurs logements», souligne le document.
Pour 2027, le gouvernement prévoit de poursuivre ce programme à travers la réalisation de 1.875 logements.
Logements et lots sociaux : lancement de la deuxième phase en 2027
S’agissant du programme de création d’environ 13.400 logements et lots sociaux, dont le coût global est estimé à 1.093 millions de dinars, le gouvernement affirme, dans le projet de budget économique pour l’année 2027, qu’il se poursuit selon une mise en œuvre en deux phases.
Ainsi, la première phase porte sur 8.373 logements et lots sociaux, pour un coût estimé à 588 millions de dinars.
«À fin août 2026, 5.119 logements avaient été remis à leurs bénéficiaires, tandis que 1.157 autres étaient prêts à être livrés», révèle le document.
Par ailleurs, les travaux de réalisation de 1.875 logements et lots sociaux, répartis dans huit gouvernorats, se poursuivent, avec un taux d’avancement avoisinant les 90%.
La deuxième phase prévoit, quant à elle, la construction de 4.600 logements sociaux répartis dans 18 gouvernorats. Dans ce cadre, un appel d’offres portant sur une première tranche de 2.261 logements a été lancé en 2026.
Pour l’année 2027, le gouvernement prévoit d’engager effectivement cette deuxième phase, notamment à travers la réalisation de ces 2.261 logements.
Mécanisme location-accession : 680 logements programmés
L’année 2026 a été marquée par le lancement du mécanisme de location-accession, destiné aux catégories à revenus modestes et moyens.
Dans ce cadre, le document précise que la réalisation d’environ 1.213 logements répartis dans 11 gouvernorats a été programmée, sur un objectif global de 5.000 logements prévus dans le cadre de ce mécanisme.
«Sept projets répartis dans quatre gouvernorats ont été lancés, portant sur la création de 371 unités de logement dont la livraison est prévue à partir de 2027».
À ce titre, le gouvernement entend en 2027, poursuivre le développement de ce mécanisme à travers l’achèvement des projets programmés en 2026 et le lancement de nouvelles opérations.
Selon le document, ces nouveaux projets porteront sur la réalisation de 680 logements répartis dans huit gouvernorats, dont la livraison est prévue en 2028.
«L’accès au logement devient de plus en plus difficile»
Le sujet du logement qui occupe une place centrale dans les politiques publiques de l’État constitue également une préoccupation du pouvoir législatif.
Dans ce contexte, le député Tarek Mehdi, vice-président de la Commission de la planification stratégique, du développement durable, du transport, de l’infrastructure et de l’aménagement urbain de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a expliqué qu’il faut actualiser les plans d’aménagement urbain afin de les adapter aux évolutions démographiques et aux besoins croissants en matière de logement.
Dans une déclaration accordée au journal «Le Temps», il a insisté sur l’importance d’anticiper l’expansion urbaine, estimant que la révision de ces plans doit intervenir en amont de l’extension des zones urbanisées, afin de mieux encadrer le développement urbain et de prévenir les déséquilibres en matière d’aménagement du territoire.
Abordant les mesures relatives au logement inscrites dans le plan de développement 2026-2030, le député a souligné que celui-ci prévoit de nombreuses dispositions en faveur du logement social et d’autres catégories d’habitat. Toutefois, il a insisté sur l’importance de concrétiser ces dispositions sur le terrain.
«L’efficacité des mesures en matière de logement dépend avant tout de la mise en œuvre effective des textes législatifs et réglementaires», a-t-il affirmé.
Le député a également attiré l’attention sur les effets de l’inflation et de la hausse considérable des prix des matériaux de construction, qui pèsent sur le coût du logement. Dans ce contexte, il a plaidé en faveur de nouvelles méthodes de construction permettant de réduire à la fois les coûts et les délais de réalisation, afin de favoriser un accès plus abordable au logement.
Selon lui, ces méthodes permettraient de construire davantage de logements sur une même période.
«Au lieu de réaliser 40 unités en un mois, il serait possible d’en construire le double, tout en réduisant les coûts. Des propositions en ce sens ont été transmises au ministre de l’Équipement et de l’Habitat», a-t-il expliqué.
Il a ainsi estimé que face à la flambée des prix de l’immobilier, l’accès au logement devient de plus en plus difficile pour une grande partie des citoyens.
Le député Tarek Mehdi a souligné que cette problématique est régulièrement abordée au sein de l’ARP, notamment lors des séances de la Commission de la planification stratégique, du développement durable, du transport, de l’infrastructure et de l’aménagement urbain, en présence de représentants du ministère de l’Équipement et de l’Habitat ainsi que d’autres structures concernées par le secteur immobilier.
«Les discussions portent notamment sur la mise en place de nouvelles approches visant à renforcer le parc immobilier», a-t-il ajouté.
Nouha MAINSI
