Le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu au Palais de Carthage le ministre de l’Intérieur pour examiner l’état d’avancement des travaux menés dans les régions, en particulier ceux liés à l’entretien des espaces publics et à la qualité des services essentiels.
Cette réunion, loin d’être protocolaire, s’inscrit dans une démarche assumée du Président : suivre de près les problématiques locales et rappeler que l’amélioration du cadre de vie des citoyens doit constituer un engagement permanent.
Depuis plusieurs mois, le Chef de l’Etat multiplie les interventions et les rencontres consacrées à la gestion régionale. La réunion de ce mardi prolonge cette dynamique en mettant l’accent sur l’importance d’une action continue et structurée. Kaïs Saïed considère que l’entretien des quartiers, des routes, des réseaux d’assainissement ou de l’éclairage public ne peut être perçu comme une opération ponctuelle, mais comme un travail de fond qui exige rigueur, organisation et constance.
Une critique de la gestion intermittente et des campagnes épisodiques
Au cours de l’entretien, le Président a insisté sur le caractère inadéquat des campagnes de nettoyage menées de manière sporadique dans certaines régions. Il a souligné que ces interventions, bien qu’utiles, ne produisent aucun effet durable si elles ne s’inscrivent pas dans un rythme quotidien. Pour lui, la propreté des villes, l’entretien des voies publiques ou la réparation de petites infrastructures sont des tâches qui doivent être intégrées dans une stratégie régulière et non se limiter à des actions spectaculaires destinées à fatiguer l’opinion publique. Cette vision s’explique par un constat simple : de nombreuses difficultés vécues par les citoyens pourraient être résolues sans attendre l’intervention des plus hautes autorités. Le Président a rappelé qu’il n’est pas normal que des dossiers élémentaires, comme le raccordement d’un foyer à l’assainissement ou la remise en état d’un chemin abîmé, remontent jusqu’à la présidence. Pour lui, cela révèle un manque de réactivité locale et une rupture dans la chaîne de responsabilité administrative.
Un appel à assumer pleinement les responsabilités régionales
Kaïs Saïed a également exprimé une critique ferme envers certains responsables locaux qui justifient les retards par des obstacles administratifs, des lenteurs structurelles ou un manque de moyens. Selon lui, ces explications ne tiennent pas, car l’expérience montre que les entraves disparaissent dès qu’une volonté claire d’agir se manifeste. À ses yeux, la véritable mission des responsables régionaux est précisément d’anticiper les difficultés, de débloquer les situations et de veiller à ce que les demandes des citoyens soient traitées rapidement et efficacement. En critiquant ces pratiques, le Président veut rappeler que la fonction publique, à tous les niveaux, repose sur le service direct à la population. Il invite ainsi les acteurs locaux à replacer l’intérêt général au cœur de leur action, à sortir des logiques bureaucratiques paralysantes et à privilégier l’efficacité opérationnelle. Cette vision s’inscrit dans une démarche plus large visant à moderniser la gestion administrative, renforcer la confiance entre citoyens et institutions et restaurer le rôle moteur des collectivités dans le développement régional.
Rationaliser les ressources et lutter contre la lourdeur administrative
L’un des points saillants soulevés par Kaïs Saïed concerne le gaspillage des ressources publiques dans des circuits administratifs interminables. Il a dénoncé la multiplication des documents, des correspondances et des procédures qui ralentissent l’action publique sans apporter de valeur ajoutée. Pour lui, les moyens de l’État doivent être dirigés vers l’amélioration concrète du quotidien des citoyens et non dissipés dans des formalités qui freinent la progression des projets essentiels. Cette critique vise à encourager une refonte des pratiques administratives, afin de simplifier les démarches, réduire les délais et favoriser une approche plus pragmatique. Le Président a rappelé que l’État doit fonctionner avec agilité, réactivité et transparence, des qualités indispensables pour répondre aux attentes croissantes de la population.
Au-delà de ses recommandations, Kaïs Saïed a adressé un message clair aux responsables régionaux : chacun d’eux doit garder en tête que son engagement est avant tout envers la Tunisie. Il a averti que ceux qui oublient leur mission ou s’en écartent s’exposent à la vigilance d’une jeunesse déterminée, prête à prendre la relève et à défendre l’intérêt du pays.
Cette prise de position souligne une volonté présidentielle de maintenir une pression constante sur les structures locales afin d’assurer un suivi quotidien des dossiers. Elle rappelle également que la réussite des politiques publiques dépend autant de la volonté politique que de la mobilisation des acteurs sur le terrain. En mettant en avant la nécessité d’un travail régulier et structuré, le Président cherche à instaurer une culture de responsabilité, où chaque échelon administratif contribue activement à la qualité de vie des Tunisiens.
Leila SELMI
