Le Sept national a regagné Tunis, hier, après avoir clôturé sa participation au tournoi international d’Espagne. Dans ses valises, sont entreposées plus d’épines que de fleurs, davantage de déceptions que de satisfactions. C’est là, en tout cas, la nette impression qui se dégage de cette virée ibérique et sur laquelle tout le monde, hormis bien sûr ceux qui se plaisent à trahir la vérité pour une raison ou une autre, est d’accord. Notre évaluation qui se veut objective et transparente, tend à dire ce que d’autres taisent ou omettent de le faire, l’objectif étant de torpiller ce mur de lacunes qu’on n’arrive pas encore à démolir à une petite semaine de la 27e édition de la CAN du Rwanda.
Tableau sombre
Commençons d’abord par les chiffres, indice révélateur qui ne trompe pas. Le bilan est cruellement désastreux : deux lourdes défaites et une seule victoire (d’ailleurs tirée par les cheveux : 26-24 devant la plus faible formation du tournoi, soit l’Iran) en trois matchs, 84 buts pour et 96 buts contre (soit 32 buts encaissés par match). Sur nos 84 buts marqués, plus de la moitié l’ont été sur balles arrêtées (jets de sept mètres), ce qui traduit un étrange dysfonctionnement de la stratégie tactique en phase de construction offensive. Pas non plus de quoi pavoiser quand on aborde le volet défensif. Dans ce compartiment vital du handball où la Tunisie, faut-il le rappeler avec un petit froncement de sourcils, excellait au temps des gladiateurs-démolisseurs Issam Tej, Mahmoud Gharbi, Slim Hedoui, Wissem Hmem et autres Oussama Hosni et Marouène Chouiref, le tournoi international d’Espagne a démontré que cette flatteuse réputation a été, hélas, écornée, bousillée. La situation va désormais de Charybe en Sylla, puisque notre défense prend des buts avec une moyenne effrayante et sans cesse croissante.
Une solidité défensive perdue
D’où la lancinante question de savoir pourquoi le sélectionneur Mohamed Ali Sghir, pourtant aux commandes depuis près de deux ans, peine encore à réviser sa copie et à rétablir cette robustesse défensive qui faisait notre force et notre fierté sur les scènes africaine et mondiale. Jusqu’où le Sept national restera-t-il à la merci de la forme du jour de ses gardiens de but ? Quand on sait que les deux keepers, Yassine Belkaid et Mehdi Harbaoui, étincelants de brio tout au long de ce tournoi, ont sauvé l’équipe de dures raclées, on ne peut que s’en inquiéter, dans la mesure où il n’est pas donné à un gardien, si immense soit sa classe, de faire des prodiges à chaque sortie. D’ailleurs, les superbes prestations de ce duo s’apparentent à une éclaircie dans la grisaille, pour constituer l’une des très rares satisfactions de cette expédition espagnole au cours de laquelle on a constaté, non sans plaisir, le retour en force du bombardier Rami Fekih et du percutant gaucher Yassine Ben Salem et les débuts prometteurs du métronome Ala Mustafa. Est-ce suffisant ? Absolument pas.
Mohsen ZRIBI
