A bien y voir, nos clubs ont, dans leur majorité, réglé leurs montres à l’heure de
l’austérité. Le temps où on jetait de l’argent par la fenêtre, rien que pour
assouvir la double soif de recruter et de rivaliser avec «les autres» semble bel
et bien révolu. A jamais ? Nul ne sait, mais ce que d’aucuns savent, c’est que la
conjoncture actuelle, marquée de vicissitudes, de marasme financier et donc
d’incertitudes, ne tolère plus la frénésie des recrutements qui frisait, jusqu’ici,
la folie dépensière.
Lourdement endettés, de plus en plus boudés, dans leur presque totalité, par
les sponsors, les clubs s’essoufflent, souffrent et se morfondent face à
l’incapacité d’honorer leurs obligations financières vis-à-vis des joueurs, des
staffs technique et médical, des fournisseurs et de la fédération. Ne leur reste
plus qu’une seule issue de secours : libérer le plus grand nombre possible de
joueurs, via la résiliation volontaire des contrats par ces derniers.
Même l’Espérance y est
Certes, le club sera ainsi légalement privé d’un chèque portant le montant de la
prime de départ, mais parvient, en revanche, à réduire considérablement la
masse salariale mensuelle. Lancée récemment, à son corps défendant, par
l’Etoile Sportive du Sahel qui «s’est débarrassée», à la surprise générale, de pas
moins de quatre joueurs de base, cette procédure qu’on croyait passagère, a
fait tache d’huile auprès des autres clubs du championnat Elite qui lui ont, tous,
alors là tous, emboîté le pas. Même l’Espérance Sportive de Tunis, aux
ressources financières inépuisables et à l’énorme budget (près de quatre
millions de dinars consacrés à la seule section de handball) en a été
contaminée!
Quant à ceux qui optent pour la résiliation de leurs contrats, ils se rabattent sur
les clubs riches des pays du Golfe. Faute de quoi, ils sont obligés, dans la
résignation et la… mélancolie, de se contenter du produit local, en rejoignant
d’autres équipes où sévit encore le «syndrome des salaires impayés». Triste
réalité.
Mohsen ZRIBI
