L’environnement comporte des plantes très toxiques auxquelles les enfants peuvent être exposés. Leur intoxication est rare et la plupart du temps sans conséquences mais certaines peuvent être graves et nécessitent une hospitalisation. Elles font partie de notre environnement familier mais elles provoquent de graves intoxications, d’où la nécessité de faire attention à ces plantes que peuvent toucher nos enfants.
Les plantes ornementales de parcs et jardins (arums ornementaux, laurier rose, narcisse, cotoneaster) représentaient 40% des cas d’intoxication devant les plantes sauvages (arums sauvages, euphorbes, berces, sureaux, 31%), les plantes alimentaires (plants de poivrons et piments, courges, figuiers, 13%) et les plantes d’intérieur (alocasia, ficus, spathiphyllum, 12%). Beaucoup de parents sont tentés de soigner les petits maux du quotidien par les plantes, perçues comme plus naturelles. Qu’elles se présentent sous la forme de tisanes, d’huiles essentielles ou de gélules, toutes ne sont pas efficaces et certaines ne sont pas dénuées d’effets indésirables. De nombreux médicaments sont issus des plantes, et la phytothérapie a longtemps été délaissée mais depuis quelques années, elle revient sur le devant de la scène. Affections bronchiques, troubles du sommeil, calculs urinaires… La phytothérapie peut aider à venir à bout de nombreuses maladies mais certainement pas de toutes les pathologies.
Des précautions qui s’imposent
L’utilisation de plantes pour se soigner n’est pas sans conséquences. C’est pourquoi il faut faire particulièrement attention aux enfants. Les enfants sont souvent confrontés à de petits maux comme les égratignures, les rhumes, les maux de ventre ou des troubles du sommeil. En optant pour les plantes médicinales, certains parents choisissent une approche douce et naturelle, sans recourir systématiquement aux médicaments. Les remèdes à base de plantes sont en général bien tolérés par les jeunes, offrant ainsi une solution simple et adaptée.
L’utilisation de plantes pour se soigner n’est pas sans conséquences. C’est pourquoi il faut faire particulièrement attention aux enfants. Donner des plantes à un enfant de 10 ans pour lui redonner un peu de tonus et d’énergie à un enfant n’est pas conseillé. À 10 ans, c’est encore un peu jeune. On ne peut pas donner n’importe quoi. On peut lui donner un peu de tisane. Certaines plantes ne sont toujours pas sans risque. Les plantes ne sont ni des placebos ni de la poudre de perlimpinpin : elles peuvent aussi interagir avec d’autres traitements. Le millepertuis, par exemple, connu pour ses propriétés d’antidépresseur, diminue l’activité de nombreux médicaments… Et si les troubles légers peuvent être pris en charge en automédication, les limites existent.
Car se soigner par les plantes ne signifie pas pour autant que l’on soit capable de poser le bon diagnostic. La professeure universitaire en pédiatrie à l’hôpital pour enfants Bachir Hamza, Dr Olfa Bouyahia, a averti des dangers de l’automédication chez les enfants et de l’utilisation d’herbes non courantes, confirmant l’enregistrement de deux cas d’intoxication grave en moins d’un mois en raison de la consommation de décoction de deux plantes, le radis et le henné. Elle a expliqué qu’un des deux enfants a été admis au service de réanimation en raison de la gravité de son état de santé, tandis que le deuxième enfant est sous surveillance médicale et son état est stable. La docteure a appelé à la nécessité de consulter un médecin avant de donner des médicaments aux enfants, à l’exception du paracétamol en cas de fièvre, dans une déclaration à la Radio nationale.
Kamel BOUAOUINA
