Le handball tunisien est en berne, inconsolable après l’échec retentissant de la CAN Rwanda 2026, dont il faudrait, peut-être, longtemps pour se relever. Mais, que s’est-il passé là-bas au Rwanda pour que nous descendions si bas ? Qui condamner ? Étions-nous en mesure de mieux faire ?
L’heure étant au bilan et, espérons-le, pas à l’affolement et aux procès, voici, à titre de contribution, notre évaluation qui se veut transparente, objective et donc, par les temps qui courent, courageuse.
L’on sait que, dans toute compétition sportive (tous sports confondus), l’athlète incarne toujours le rôle principal, celui de comparse n’étant pas le sien. Et c’est donc de son rendement que dépend l’issue d’un match. Or, à Kigali, les défaillances individuelles dont avait pâti le Sept national, étaient étrangement énormes. En effet, à l’exception du gardien Mehdi Harbaoui, de Bilel Abdelli, d’Anouar Ben Abdallah, de Yassine Ben Salem, de Ridha Frad et d’Islem Jebali, on n’a pas vu les autres. Et, pourtant, avec une moyenne d’âge de 28 ans, soit l’âge de la pleine maturité d’un handballeur, on n’a plus le droit de décevoir. A quoi sont dues ces défaillances individuelles ? A une préparation insuffisante? Non. A de mauvais choix de l’entraîneur ? Non plus.
Le mal, et il est profond, réside plutôt dans la confirmation de la disparition, dans nos murs, de la race des grands joueurs.
Une fragilité mentale fatale
Oui, depuis les années 60-70, la Tunisie a toujours enfanté de gros calibres qui gagnaient, à eux seuls, les matchs, aussi calamiteuse que fut la gestion tactique de l’entraîneur. Aujourd’hui, c’est le néant, ou presque car, hormis les cinq noms cités ci-haut et Amine Darmoul qui est considéré, à l’unanimité, comme le meilleur de sa génération, il faut se rendre à l’évidence qu’on ne compte plus, hélas, d’éléments sur lesquels on peut réellement miser pour remporter les grandes batailles, celles-là mêmes qui imposent non seulement du talent et de la classe, mais aussi et surtout une forte personnalité. Tout cela nous a cruellement manqué devant l’Égypte, sur fond d’une extraordinaire fragilité mentale. Et dans ce répertoire, il serait frustrant et inhumain de lancer bille à la tête des Abdelli, Ben Salem, Frad, Ben Abdallah et Jebali qui n’ont pu éviter l’hécatombe dans cette finale catastrophique, tout simplement parce qu’ils étaient abusivement sollicités, jusqu’à l’usure, tout au long des rencontres précédentes. Dès lors, surgissent ces interrogations inquiétantes : nos joueurs ont-ils souffert, face aux Pharaons, de l’absence d’une préparation psychologique appropriée et donc au diapason de l’importance du match ? Issam Tej, l’ex-monstre sacré du handball tunisien, nous a déclaré en 2006 que «lorsqu’on porte le maillot national, il faut se battre comme un lion, attaquer comme un kamikaze, pour le défendre et l’honorer. Avoir peur, c’est rester à la maison. Jouer à l’économie, c’est la plus grave des trahisons».
A méditer.
Mohsen ZRIBI
