La série rose du Club Sportif Sfaxien sous forme de six victoires consécutives a été stoppée net suite à sa défaite (0-1) devant la Jeunesse Sportive d’El Omrane au stade Chedly Zouiten dont le terrain ressemble plutôt à une sorte de sentier broussailleux pouvant servir à tout sauf à jouer au football. La défaite sfaxienne, qui constitue en soi une surprise puisque, en dépit du déséquilibre des forces entre les protagonistes, la victoire a fini par sourire à la partie considérée, sur le papier, comme la plus faible. Rien à redire sur ce point. Sauf que le match a été malheureusement éclaboussé par une affaire de ballons dégonflés fournis par l’équipe qui accueille. Ces ballons, qui ont été utilisés au cours de la première mi-temps, ne répondaient pas aux normes requises par la FIFA. Avec des ballons délibérément dégonflés comme l’a affirmé, à l’issue du match, le responsable de la JSO, Abdessalem Bouhouch, il y a eu tout simplement une entrave aux règlements régissant le jeu et donc punissable par la loi. Entrave qui a été d’ailleurs mentionnée et indiquée noir sur blanc par l’arbitre du match, Mehrez Malki qui a dû, à la suite de ce triste constat, recourir aux ballons du CSS en seconde mi-temps.
En attendant les développements de cette affaire à propos de laquelle nous apprenons que les dirigeants sfaxiens ne comptent pas se taire et qu’ils ont intenté une réclamation auprès de la Ligue Nationale du Football Professionnel (LNFP), et en attendant aussi le verdict auquel elle va donner lieu, il s’agit là d’un autre pavé qu’on vient de jeter dans la mare de notre football. On est en effet devant un nouvel épisode malheureux qui reflète l’état des lieux attristant de notre football.
Mais, au-delà de cette affaire, le CSS ne doit, tout compte fait, en vouloir qu’à lui-même pour avoir perdu trois précieux points qui compteront lourd au moment du décompte final. Il a beau indiquer du doigt ce qu’il considère comme arbitrage maison de Mehrez Malki, auquel il est reproché notamment d’avoir toléré le jeu dur de l’adversaire en plus d’avoir privé le CSS d’un but considéré comme régulier par les Sfaxiens, le CSS est tout de même passé à côté de son sujet.
Prestation médiocre
Mais au-delà de ces considérations, on peut dire que l’ensemble sfaxien a en quelque sorte cherché cette défaite et ce, en laissant passer sa chance lors de la première mi-temps qu’il a dominée presque de bout en bout. Une première période à l’issue de laquelle il aurait pu rejoindre les vestiaires avec deux buts d’avance au moins s’il n’avait pas dilapidé plusieurs occasions de but pour cause de précipitation devant la cage adverse. Ceci sans compter le montant qui a repoussé un tir en force de Hamza Mathlouthi à la 7e minute.
Le scénario de la rencontre allait s’avérer complètement différent au cours de la seconde mi-temps qui a été très mal négociée par les Clubistes sfaxiens. Ces derniers perdirent tous les duels devant un adversaire ayant joué avec un engagement total. D’ailleurs, durant cette deuxième période, la JS Omrane aurait pu marquer deux autres buts, sans que personne trouve à redire, tellement sa domination a été manifeste.
Obligation de rachat face au CA
Cette défaite tombe vraiment mal pour l’ensemble sfaxien, d’autant plus que deux de ses principaux rivaux dans la course au titre, en l’occurrence le Club Africain et le Stade Tunisien, ont gagné moissonné des points, trois pour le premier, un pour le second. Sans compter que l’Espérance Sportive de Tunis sera devant une tâche plutôt facile lors de son match en retard contre l’Avenir Sportif de Soliman. C’est dire donc que l’ensemble sfaxien est tenu absolument au rachat. Il doit en effet l’emporter impérativement, dimanche prochain, face au Club Africain. Mais, d’ici là, on attend ce que va nous apporter cette affaire de ballons dégonflés qui a émaillé le match JSO-CSS et porté ainsi un nouveau coup dur à notre football déjà moribond.
Ameur KERKENNI
