L’universitaire et expert en économie Amine Ben Gamra a affirmé, mercredi 11 février 2026, dans une déclaration aux médias que «le citoyen tunisien fait face à des difficultés croissantes en raison de la hausse du coût de la vie ». Il a également souligné que «le pouvoir d’achat continue de s’éroder depuis le début de l’année», précisant que «plus des deux tiers des familles tunisiennes rencontrent aujourd’hui d’importantes contraintes financières et ce, malgré un taux d’inflation officiel jugé encore modéré».
Abstraction faite des déclarations officielles ou officieuses, le Tunisien est encore confronté à la dure réalité des prix sur le marché, surtout en ces jours-ci qui précèdent le mois de Ramadan où l’on assiste à une flambée des prix, aussi bien des légumes que des fruits et même d’autres produits alimentaires. A l’heure où les consommateurs s’attendaient à une baisse des prix, surtout avec les dernières pluies bénéfiques qui présagent des récoltes abondantes et, partant, une baisse des prix de certains produits agricoles.
Des prix qui vont croissant…
Une virée effectuée dans différents marchés municipaux et dans les grandes surfaces de la banlieue nous a révélé une tendance haussière des prix de certains produits alimentaires. Nous avons remarqué que pendant ces derniers jours précédant le mois de Ramadan, la majorité des prix de certains produits a flambé, alors que quelques semaines plus tôt, les mêmes produits se vendaient à des prix abordables (notamment les légumes et les fruits). Nous avons même rencontré des ménagères qui se plaignaient à juste raison des prix anormalement élevés. A ce rythme, on a le droit de se demander si ces produits se vendraient encore plus cher pendant le Ramadan, un mois connu pour la grande consommation.
Pour ne citer que quelques exemples des tarifs pratiqués actuellement sur le marché, nous avons pu relever les prix suivants : le kilo de pommes de terre entre 2,200 et 2,600 dinars, les oignons entre 1,300 et 1,500 dinar, les courgettes à 3,500 dinars, les courges à 4,500 dinars, les piments doux à 3,500 dinars et les piments forts à 3,200, la laitue à 2,070 jusqu’à 2,180 dinars la pièce, une botte de persil à 700 millimes la botte, le concombre à 4,600 dinars, les aubergines à 3,600 dinars et les carottes à 3,500 dinars. Quant aux fruits, leurs prix demeurent très élevés : les pommes se vendent à 5,600 dinars le kilo, les dattes se vendent entre 8,000 et 13,000 dinars le kilo selon la qualité. Ce sont les agrumes qui affichent des prix à la portée des ménages au budget modeste. «L’an dernier, à pareille époque, nous a lancé un vendeur, tous ces produits se vendaient beaucoup moins cher».
Pour une consommation rationnelle
La dégradation du pouvoir d’achat du citoyen est donc indéniable, avec la stagnation des salaires depuis des années, l’inflation et le retard dans le versement des augmentations décidées par la loi de Finances 2026 et d’autres facteurs qui peuvent accentuer la pression sur le ménage (factures de la STEG, de la SONEDE…). Ainsi, le citoyen aborde le mois de Ramadan avec des moyens modestes, face à des dépenses inhabituelles et parfois exagérées durant ce mois saint. D’où la nécessité de serrer la ceinture et de dépenser selon ses moyens et ses besoins les plus essentiels, surtout quand la bourse n’est pas bien garnie.
Outre l’effort que doit fournir le consommateur pour modérer ses dépenses, les autorités sont appelées à intervenir pour faire face à cette situation.
Elles doivent jouer un rôle régulateur du marché, en fournissant la quantité suffisante des produits alimentaires de base, quitte à se diriger vers l’importation de certaines denrées trop demandées pendant le mois du jeûne, comme la viande bovine et ovine qui a connu des hausses vertigineuses ces dernières années. Elles devront également multiplier les points de vente du producteur au consommateur afin de permettre aux plus démunis de s’approvisionner à des prix plus bas que ceux pratiqués sur les marchés et dans les grandes surfaces. De même, les autorités devront surtout multiplier les campagnes de contrôle pour déjouer toutes tentatives de fraude ou de spéculation de la part des commerçants dont certains profitent de ce mois pour grossir les prix de certains produits alimentaires, faisant fi des réglementations en vigueur et sans se soucier du faible pouvoir d’achat de la majorité des consommateurs.
Hechmi KHALLADI
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