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Tribune Le temps news
tribunes jeudi, 26 février, 2026,19:127 Mins Read

Quand nos villes perdent la mémoire

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Par Zouhaïr BEN AMOR (Universitaire)

Il suffit parfois d’une question simple pour mesurer le vide. Où sont les photos d’hier, les registres, les plans, les lettres, les affiches, les récits écrits qui racontent la vie d’une cité ? Où sont les albums qui gardent les visages d’une génération, les boîtes d’archives qui contiennent les traces modestes mais précieuses d’un village ? En Tunisie, quand on s’adresse à une institution locale, une mairie, une Maison des Jeunes, une Maison de la Culture, une école, un club sportif, pour consulter des fragments de l’histoire d’un lieu, on tombe trop souvent sur un silence administratif. Rien. Pas d’albums, pas de dossiers, pas de classement, pas même une orientation claire. Comme si la mémoire collective n’avait jamais existé, ou comme si elle n’avait aucune valeur.

Pourtant, l’histoire d’une ville ne se résume pas aux grandes dates qu’on récite à l’école ni aux portraits officiels accrochés dans les couloirs. Elle est faite d’inaugurations de routes, de fêtes associatives, de photos de classes, de programmes de spectacles, de décisions municipales, de correspondances entre citoyens et autorités, de cahiers d’associations sportives, de listes de bénévoles, de projets d’urbanisme, de petites annonces, de coupures de journaux locaux. Ce sont des objets ordinaires, mais c’est justement leur caractère ordinaire qui les rend irremplaçables. Ils disent comment une communauté a vécu, s’est organisée, a rêvé, s’est disputée, s’est relevée. Ils permettent de comprendre, sans nostalgie, ce que nous avons été.

Il y a, dans cette disparition, une injustice plus discrète encore : beaucoup de ces images et documents n’ont pas été produits «par hasard», ni uniquement par des initiatives privées. Des photos d’événements officiels, de cérémonies, de compétitions, de colonies scolaires, de fêtes nationales, de remises de prix, de sorties pédagogiques ont souvent été financées, directement ou indirectement, par les fonds publics : budgets communaux, dotations d’établissements, subventions aux associations, moyens logistiques mobilisés par l’État. Si ces archives se perdent, ce n’est pas seulement la mémoire qui s’évapore, c’est aussi un bien collectif, payé par tous, qui disparaît sans que personne rende des comptes. Une photo financée par l’argent public devrait appartenir à la mémoire publique, pas à l’oubli, ni à un tiroir personnel ni à un disque dur abandonné.

Ce qui reste, alors, c’est le récit oral. Dans les cafés, sur les bancs, dans les salons, des femmes et des hommes racontent ce qu’ils ont vu. 

La mémoire publique est un service

La parole est un trésor, mais elle est fragile. Elle dépend de la mémoire, qui s’efface, qui arrange, qui sélectionne. Elle dépend aussi de la vie : un décès, une maladie, un départ et un pan de mémoire s’en va sans retour. Quand l’archive matérielle manque, la cité devient une sorte de corps sans dossier médical : elle avance, mais elle ignore ses fractures, elle oublie ses guérisons, elle répète ses erreurs. À force, nos villes et nos villages deviennent amnésiques. Et l’amnésie, en société, n’est jamais neutre : elle rend vulnérable, elle simplifie, elle ouvre la porte à toutes les manipulations.

Il ne faut pas croire que cette absence de traces est seulement un accident ou un détail. Elle révèle une manière de considérer l’histoire comme un luxe, une décoration, un passe-temps pour passionnés. Or, la mémoire publique est un service, au même titre que l’éclairage, la voirie ou la propreté. Un citoyen a le droit de savoir d’où il vient, comment son quartier s’est construit, quelles décisions ont façonné son environnement. Un chercheur a besoin de sources pour comprendre les dynamiques sociales, économiques et culturelles. Un élève a besoin d’exemples proches pour apprendre que l’histoire n’est pas un récit lointain, mais une matière vivante, à quelques rues de chez lui.

Le paradoxe est cruel : nous produisons plus d’images et de documents que jamais et pourtant, nous les perdons plus vite. Les téléphones débordent de photos, les administrations génèrent des papiers, les écoles accumulent des archives de classes et de projets, les clubs sportifs conservent parfois des listes, des palmarès, des photos d’équipes, les associations publient des affiches, les événements laissent des traces numériques… mais tout cela se disperse, se casse, disparaît dans un ordinateur oublié, un disque dur défaillant, un compte personnel, une clé USB perdue. Ce qui n’est pas organisé n’existe pas durablement. Une ville qui ne classe pas, ne conserve pas, ne décrit pas ses documents, condamne sa propre histoire à l’évaporation.

La responsabilité est collective, mais elle commence là où se trouve le pouvoir de faire : dans les institutions. Il est temps que les autorités exigent, au moment des passations de responsabilité, que la mémoire du lieu fasse partie des biens à transmettre. Pas comme une formalité, mais comme un inventaire sérieux : fonds photographiques, dossiers administratifs, archives scolaires, archives des clubs sportifs et des associations subventionnées, documents audiovisuels, témoignages enregistrés, tout ce qui raconte la cité. 

Une communauté qui conserve ses traces se respecte

On vérifie les clés, les véhicules, les stocks, les budgets ; pourquoi ne vérifierait-on pas les archives ? Pourquoi tolérer qu’un changement de direction efface des années de travail, de traces, de documents accumulés ? Une ville ne devrait pas être condamnée à recommencer sa mémoire à chaque mandat.

Bien sûr, archiver ne signifie pas enfermer. Une archive qui dort dans un placard fermé à clé est une archive inutile. Il faut des lieux identifiés, des responsables formés, un minimum de méthode, et surtout un accès : horaires, conditions de consultation, possibilité de numériser, de copier, de citer. Les Maisons de la Culture et les Maisons des Jeunes pourraient devenir des carrefours de mémoire locale, pas seulement des salles d’activités. Les écoles pourraient consacrer un coin à leurs archives, avec des copies accessibles et des projets pédagogiques de mémoire. Les clubs sportifs pourraient déposer leurs photos, palmarès et registres dans un fonds communal, au lieu de laisser ces trésors circuler au gré des départs de dirigeants. Les mairies, elles, pourraient mettre en place un petit service d’archives communales, même modeste, même progressif, mais réel. Les citoyens, les associations, les photographes, les familles pourraient être invités à déposer des copies, à contribuer, à enrichir un fonds commun. L’archive est un pacte : chacun donne un fragment pour que l’ensemble survive.

Ce qui est en jeu dépasse la nostalgie. Il s’agit de dignité. Une communauté qui conserve ses traces se respecte. Elle se donne les moyens d’apprendre, de se raconter avec nuance, de transmettre sans mythifier. À l’inverse, une communauté sans archives dépend des rumeurs, des souvenirs isolés, des récits dominants imposés par ceux qui parlent le plus fort. Sans archives, les historiens travaillent à l’aveugle, les journalistes se heurtent au vide, et les citoyens finissent par croire que leur quotidien n’a jamais compté.

Nous avons besoin, en Tunisie, d’une politique simple et tenace : protéger la mémoire locale comme un bien public. Pas demain, pas «quand on aura les moyens», mais maintenant, avec ce qu’on a. Des étagères, des boîtes, des fichiers, des listes, un scanner, un peu de rigueur et beaucoup de volonté. Car l’histoire n’est pas seulement ce qui s’écrit dans les capitales : elle vit dans les villages, dans les quartiers, dans les petites salles de spectacle, dans les cours d’école, sur les terrains de sport, dans les albums d’associations, dans les archives d’une remise de diplômes ou d’un match décisif. Si nous la laissons s’effacer, nous ne perdons pas seulement des documents, nous perdons une partie de nous-mêmes. 

 

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