Le mois de Ramadan est l’occasion propice pour arrêter de fumer, mais encore faut-il que le fumeur soit suffisamment déterminé et surtout armé pour pouvoir gérer les symptômes qui accompagnent l’arrêt du tabac. Ces symptômes peuvent être à la fois physiques et psychologiques, mais aussi et surtout comportementaux.
Il y a une triple dépendance à gérer dans le tabac : d’abord, la dépendance physique liée à la consommation de nicotine. Ensuite, la dépendance comportementale qui implique que le fumeur lie l’acte de fumer à un moment particulier comme le fait de démarrer la journée ou de prendre un café avec les amis. Enfin, la dépendance psychologique qui consiste pour le fumeur, par exemple, à prendre une cigarette pour se calmer quand il est énervé. Ces facteurs expliquent parfaitement la colère et les comportements de certains jeûneurs pendant le Ramadan. Le manque de nicotine s’exprime par des symptômes comme la nervosité, l’anxiété, les insomnies, les troubles de concentration, les céphalées et les maux de tête. Ces symptômes, qui varient d’ailleurs d’une personne à l’autre, peuvent s’accentuer si la personne décide définitivement d’arrêter le tabac.
Synonyme de purification, de spiritualité et de discipline, ce mois sacré est considéré comme étant une occasion propice pour se libérer de la dépendance au tabac. Le jeûne réunit les conditions idéales pour un sevrage tabagique progressif et il permet aux fumeurs de se libérer de la dépendance, de retrouver une bonne forme physique et de la vitalité. Il n’existe pas de protocole standard à respecter parce que la dépendance au tabac diffère d’une personne à une autre, mais cela n’empêche de profiter de ce mois sacré et de le considérer comme un programme qui favorise d’arrêter de fumer progressivement. C’est dans ce cadre que l’Alliance tunisienne contre le tabagisme affirme dans un communiqué de sensibilisation publié ce lundi 23 février 2026 sur sa page Facebook, que s’abstenir de fumer pendant le mois sacré du Ramadan crée un contexte propice à la décision d’arrêter définitivement de fumer.
Jeûner : se débarrasser des traces de la nicotine
Ce n’est un secret pour personne, la fumée de cigarette contient une multitude de substances nocives, émanant principalement de la combustion du tabac. Ces composants toxiques sont les principaux coupables des maladies dévastatrices associées au tabagisme. Il est crucial de comprendre que la nicotine, bien que créant une dépendance, n’est pas la principale responsable des maladies liées au tabagisme. Malheureusement, il n’y a qu’une petite minorité de fumeurs qui arrive à relever ce challenge car ils ne savent pas que le jeûne rend le corps humain pendant le mois de Ramadan capable de se débarrasser de toutes les toxines, en particulier les traces de nicotine, l’une des composantes les plus importantes des cigarettes qui causent la dépendance. Le jeûne renforce le système immunitaire, reconstruit le corps et répare les défaillances dues aux toxines, en général, et au tabagisme en particulier. L’Alliance tunisienne contre le tabagisme, fondée en 2022 et regroupant neuf associations, appelle à profiter de l’atmosphère de jeûne pour arrêter de fumer définitivement, soulignant que le Ramadan représente une véritable opportunité de rompre le cycle de la dépendance et d’emprunter une voie nouvelle et plus saine. Elle décrit les changements qui s’opèrent dans le corps dès les premières heures suivant l’arrêt du tabac : une baisse de la tension artérielle et une régularisation du rythme cardiaque quelques minutes après l’arrêt, suivies d’une diminution du taux de monoxyde de carbone dans le sang dans les premières heures, et une réduction du risque d’infarctus après 24 heures. Elle a confirmé qu’après 30 jours d’arrêt, la fonction pulmonaire s’améliore, le risque de bronchite diminue, le rythme cardiaque se régularise, le risque d’AVC est réduit, et le cerveau est libéré de la dépendance.
L’Alliance précise également que les premiers jours peuvent s’accompagner de symptômes de sevrage tels que des maux de tête ou de l’anxiété, considérant cela comme une phase normale du processus de rétablissement du corps. Durant la première semaine d’arrêt du tabac, la coalition a constaté une amélioration de l’odorat et du goût, ainsi qu’une amélioration progressive de la capacité des poumons à dégager les voies respiratoires. Au cours des deuxième et troisième semaines, le sommeil, la concentration et l’énergie physique s’améliorent, et le besoin psychologique de fumer diminue. Ramadan est le moment propice pour dire adieu à la cigarette et embrasser une vie plus saine.
Kamel BOUAOUINA
