Après avoir ployé l’échine, un peu contre toute attente au regard des données objectives d’avant-match, face à une monumentale Jeunesse Sportive Kairouanaise, le Club Africain se trouve dos au mur pour le compte de cette seconde manche aller qu’il dispute de nouveau dans ses murs. Les Rouge et Blanc parviendront-ils à gérer l’insoutenable pression qui pourrait un tant soit peu écorner leur élan au risque d’hypothéquer quasi irrémédiablement leurs chances de se qualifier au tour suprême du Championnat, l’affriolante finale ? La Chabiba réussira-t-elle à rééditer sa pyramidale prestation de mercredi dernier et de faire la passe de deux qui lui offrirait deux chances, de surcroît intra-muros, pour décrocher la ragoûtante timbale de la finale ? A ces brûlantes questions et à d’autres tout autant alléchantes, le parquet du Gorjani éclairera tout à l’heure notre lanterne.
Donné plausiblement favori au coup d’envoi du premier acte et pour l’irréfutable valeur intrinsèque de l’équipe et pour sa réputation d’équipe inexpugnable dans son antre du Gorjani, le Club Africain est lourdement tombé de haut il y a trois jours. En effet, les observateurs, ainsi que leurs supporters abasourdis n’ont que par à-coups reconnu ce Cinq sémillant qui a mis sous le charme tous les fidèles, tous les mordus diligents de la balle orange, notamment les piliers de l’équipe, au premiers rang desquels les Abada, Marnaoui et Hammoudi à titre indicatif. Les dernières secondes de cette empoignade inaugurale ont été à ce propos on ne peut plus édifiantes quand justement Abada a raté un lancer-franc et que Marnaoui a vendangé un tir à 3 points qui auraient, l’un ou l’autre, offert «à l’article de la mort» l’aubaine des prolongations. Il est vrai qu’un ratage est toujours possible mais la différence se fait justement dans pareilles situations critiques, sensibles, explosives. L’enjeu, la tension détonante de mise ont pour une fois, vulnérabilisé des joueurs aussi experts et qui sont tout à fait pardonnables au vu de leur indéniable capacité de ratifier leur expiation et de se racheter aux yeux de leur somptueux public qui, en guise de fidélité et de confiance sans réserve dans la réhabilitation de leurs favoris, a continué à les applaudir et à faire la fête, même après la fin du match, malgré la défaite déjà consommée.
La Chabiba est-elle à même de remettre le couvert ?
D’aucuns avancent que les Clubistes n’étaient pas dans leur créneau ce jour-là mais franchement, ce serait faire preuve d’un manque flagrant de perspicacité, tellement la JSK a fourni un match plein, plein, plein, un match abouti, un match référence pour ainsi dire. Et ce, sur les plans aussi bien collectif qu’individuel que stratégique, leur coach Marouène Kechrid ayant à l’évidence scrupuleusement mûri son plan. Mais on sait qu’en sport, et au-delà de la concoction de tous les schémas tactiques et autres stratagèmes stratégiques, la différence vient le plus souvent de l’apport individuel de joueurs émergeant du lot. A ce sujet, outre des valeurs sûres telles que Dhif, Chihi, Mnafedh, Hammi… il y a ce diable de Jordan Jackson (un prénom déjà évocateur), venu en novembre dernier tout droit du championnat libanais, qui joue indistinctement aux postes 1, 2 ou 3 et qui se prévaut d’un impressionnant potentiel technique et athlétique, un joueur complet aussi bien à la manœuvre qu’à la finition, soit dans le registre des tirs ou même à l’intérieur de la bouteille à la lumière de ses dunks et de ses alley-oops. Ce qui est sûr, c’est que lorsque la Chabiba joue à 100% de ses moyens, elle devient quasiment irrésistible, inarrêtable, irrépressible. Qu’inspire aux Clubistes pareille assertion ?
Wahid SMAOUI
Programme
Salle Gorjani
14h00 : CA-JSK
